Séviac a connu une très longue histoire. Vers le milieu du Ier siècle, un modeste bâtiment s’y élève, bientôt remplacé par une villa, bâtie au IIe siècle puis agrandie. Vers la fin du IVe siècle, la demeure est entièrement repensée autour d’un jardin intérieur mesurant 30 mètres de côté, bordé de galeries à colonnes. Au début du Ve siècle, le secteur des thermes dépasse 500 m², signe du rang de ses occupants.
Le site doit sa réputation à ses mosaïques, que les spécialistes regroupent sous le nom d’École d’Aquitaine. Cet ensemble est présenté comme unique en France. Posées du dernier tiers du IVe siècle jusqu’au milieu du Ve, elles recouvrent les salles de réception et les espaces de circulation, avec des motifs géométriques puis végétaux. Restaurées de 2016 à 2018 sur environ 625 m², elles sont aujourd’hui abritées sous une structure de 2 070 m² à toiture translucide.
Après l’Antiquité, le lieu ne s’éteint pas. Un baptistère est construit au début du VIe siècle, alors que le christianisme s’implante dans la région, et un aristocrate y réside encore. Au VIIe siècle, quelques maisons s’installent dans les ruines, qui deviennent du VIIIe au XIe siècle un lieu d’inhumation, avec église et nécropole. Cette succession fait de Séviac un site où l’on suit près de mille ans d’histoire.