Gargas est avant tout la grotte des mains. On y compte 231 empreintes réalisées au pochoir : le préhistorique appliquait sa paume contre la roche et projetait autour un mélange de pigments broyés, oxyde de fer ou de manganèse, et de graisse animale. Les mains, rouges ou noires, appartiennent à des hommes, des femmes et même des nourrissons, ce qui rend l’ensemble très humain.
Le plus étonnant est l’état de ces mains. Pour près de la moitié d’entre elles, les doigts se limitent à une phalange, alors que le pouce reste toujours entier. Les gelures ont été écartées pour cette raison. Restent les hypothèses d’amputations rituelles, de maladies, ou d’un langage gestuel de chasseurs, obtenu en repliant les doigts. Le débat n’est pas clos et fait justement le sel de la visite.
Gargas ne se résume pas aux mains. La grotte a conservé des gravures de chevaux, de bisons, d’aurochs, de bouquetins et de mammouths, des tracés digités et les traces de l’activité des ours qui l’ont fréquentée. Sur les parois, des graffitis du XVe siècle rappellent que la grotte, longtemps inaccessible, a de nouveau été parcourue il y a plusieurs siècles, et qu’elle attire depuis les curieux de passage dans les Pyrénées.