Aller au contenu
Porte monumentale et arcades du palais Gallien à Bordeaux, en pierre et brique, sous un ciel bleu
  • Gaule romaine
  • Monument historique

Palais Gallien, Bordeaux

Les arcades d’un amphithéâtre romain de 22 000 places, cachées entre les immeubles du quartier Fondaudège.

Photo : Frédéric Rodrigo, CC BY-SA 3.0

Au cœur d’un quartier résidentiel de Bordeaux, le palais Gallien surgit entre les façades : une porte monumentale et quelques arcades de brique et de pierre, derniers restes d’un amphithéâtre construit vers le IIe siècle dans la ville romaine de Burdigala. Ses 132 mètres de long en faisaient un grand édifice de spectacles. Aujourd’hui, c’est le seul vestige antique visible de la ville, et le tracé de son arène se lit encore dans le plan des rues.

  • Passionnés d’histoire
  • Photographie
  • En famille

Pourquoi ce site est remarquable

Longtemps, on a daté le palais Gallien du IIIe siècle, au point d’y associer le nom de l’empereur Gallien. Les fouilles menées de 2010 à 2012 ont corrigé cette idée : les céramiques retrouvées sur place le placent plutôt à la fin du Ier siècle ou durant la première moitié du IIe. Le monument, qui pouvait accueillir 22 000 spectateurs, s’élevait à la lisière nord de la ville de Burdigala.

Sa construction est originale : au lieu de voûtes de soutien, ses gradins reposaient sur une charpente de bois, encastrée dans sept murs elliptiques concentriques, répartis en 64 travées. Les trous carrés visibles dans la maçonnerie en témoignent. La façade alternait des lits de moellons et de brique, une technique appelée opus mixtum, que l’on admire encore sur la porte.

Après l’Antiquité, le monument a servi de carrière de pierre, d’abri pour des marginaux, puis de dépotoir de la ville à la Révolution. Le terrain a été vendu par lots en 1793, et des immeubles se sont installés dans l’ellipse. En 1800, une décision du préfet a mis fin aux destructions. Classés monument historique en 1840, les vestiges ont été consolidés dans les années suivantes.

Ce qu’il y a à découvrir

La porte nord-ouest

C’est le principal vestige : une porte à arcades, bâtie en alternance de pierres et de briques, qui conserve deux des trois niveaux d’origine. On y repère aussi la courbure d’un mur annulaire attenant.

Les travées et les arcades

Quelques arcades se découvrent depuis les rues voisines, dont celles du Docteur Albert-Barraud et du Colisée, ce qui permet d’apprécier l’échelle de l’édifice. Les trous dans les parois racontent la charpente de bois des gradins.

L’ellipse dans la ville

Sur un plan ou une vue aérienne, le tracé de l’arène se lit dans le parcellaire du quartier : les immeubles ont épousé ses courbes. En marchant autour, on suit presque l’enceinte du monument.

Les légendes du nom

Le nom « palais Gallien » n’apparaît qu’en 1367. Selon les traditions, il renvoie à un palais de l’empereur Gallien, ou à Galienne, personnage de légende, épouse de Charlemagne ou d’un roi de Bordeaux.

Le saviez-vous ?

  1. Au Xe siècle, le monument est encore appelé « les Arènes » : le nom de palais Gallien n’apparaît pas avant 1367.
  2. Selon une tradition populaire, l’incendie aurait duré deux jours lors des raids des Francs en 275-276, mais les fouilles n’ont rien prouvé.
  3. Entre 1789 et 1793, le monument a servi de dépotoir pour les boues de Bordeaux.
  4. En 1800, Lucien Bonaparte, alors ministre de l’Intérieur, a réclamé l’arrêt des dégradations de l’édifice.
  5. On estime sa hauteur d’origine à 25 mètres, pour une arène de 70 mètres sur 47.

Situation

Le palais Gallien se situe dans le nord de Bordeaux, en Gironde, à la limite de l’ancienne ville romaine, près de la rue Fondaudège, ancien grand chemin du Médoc. Il est installé rue du Docteur Albert-Barraud. Le tramway de la ligne D passe à proximité, avec les arrêts Croix de Seguey et Fondaudège Muséum, ce qui facilite beaucoup l’accès depuis le centre-ville.

Quand venir

Les vestiges se voient en extérieur, depuis la rue. Mai, juin et septembre offrent 22 à 26 °C l’après-midi, avec de belles journées lumineuses, et sont peu pluvieux. En juillet, il fait environ 28 °C, ce qui reste supportable pour une courte halte. De novembre à janvier, la pluie est fréquente, avec 13 jours de pluie environ par mois.

  • Janv11°
  • Févr12°
  • Mars16°
  • Avr19°
  • Mai22° : conseillé
  • Juin26° : conseillé
  • Juil28° : conseillé
  • Août28°
  • Sept25° : conseillé
  • Oct20°
  • Nov15°
  • Déc11°

Mois conseillésValeur : température maximale moyenne

Le meilleur moment : En fin d’après-midi, quand la lumière rasante colore la brique, ou en début de matinée, avant la circulation du quartier.

11°4°janv12°4°févr16°6°mars19°8°avr22°12°mai26°15°juin28°17°juil28°17°août25°14°sept20°11°oct15°7°nov11°5°déc
Températures moyennes (mini → maxi)Précipitations
28 °Cmaximales moyennes en août
4 °Cminimales moyennes en janvier
867 mmde pluie par an
120 joursde pluie (≥ 1 mm) par an
2070 hd’ensoleillement par an

Normales 1991-2020, Météo-France (Licence Ouverte), stations Bordeaux-Paulin (0,5 km), Bordeaux-Merignac (9 km).

Météo des prochains jours

  • mar. 20Éclaircies
    16° / 8°
    0,0 mm
  • mer. 21Averses
    16° / 10°
    12,3 mm
  • jeu. 22Nuageux
    16° / 10°
    1,9 mm
  • ven. 23Averses
    16° / 12°
    4,1 mm

Prévisions MET Norway (api.met.no, CC BY 4.0), mises à jour chaque jour.

Nos conseils pour la visite

  • Venez en tramway (ligne D) plutôt qu’en voiture : le quartier est dense et le stationnement peu pratique.
  • Faites le tour du site à pied pour repérer les arcades visibles depuis les rues voisines.
  • Vérifiez auprès de la Ville de Bordeaux si une ouverture est prévue, afin de profiter de l’intérieur de l’enclos.
  • Associez la halte à une balade dans le centre historique : le palais Gallien est le seul monument antique visible de la ville.

Où dormir à proximité

Autres hébergements : données © les contributeurs d’OpenStreetMap (ODbL), établissements disposant d’un site web, distances à vol d’oiseau.

En images

Alignement d'arcades de l'amphithéâtre romain de Bordeaux derrière une barrière
Alignement d’arcades de l’amphithéâtre romain de Bordeaux derrière une barrière — Moleskine, CC BY-SA 4.0
Arcades de brique et de pierre du palais Gallien, avec la rue et des immeubles au fond
Arcades de brique et de pierre du palais Gallien, avec la rue et des immeubles au fond — Moleskine, CC BY-SA 4.0
Intérieur de l'enclos du palais Gallien, avec des pans de mur romains et une corde de sécurité
Intérieur de l’enclos du palais Gallien, avec des pans de mur romains et une corde de sécurité — A1AA1A, CC BY-SA 4.0
Ancienne photographie en sépia des ruines du palais Gallien, avec leur porte à arcades, rue étroite au premier plan
Ancienne photographie en sépia des ruines du palais Gallien, avec leur porte à arcades, rue étroite au premier plan — Morier, E. (18..-19..? ; photographe). Photographe, Public domain

Questions fréquentes

Qu’est-ce que le palais Gallien ?

C’est un amphithéâtre romain de la ville antique de Burdigala, construit vers le IIe siècle. Il pouvait accueillir environ 22 000 spectateurs. Il n’en reste aujourd’hui qu’une porte et quelques arcades, au milieu d’immeubles, mais l’ellipse de l’arène se lit encore dans le plan du quartier.

Pourquoi cet amphithéâtre porte-t-il le nom de Gallien ?

Le nom, attesté dès 1367, évoque un palais attribué à l’empereur Gallien ou à une princesse légendaire nommée Galienne. En réalité, le monument est plus ancien que le règne de Gallien : les fouilles récentes le datent de la fin du Ier siècle ou de la première moitié du IIe siècle.

Comment y aller depuis le centre de Bordeaux ?

Le plus simple est de prendre le tramway, ligne D, jusqu’aux stations Croix de Seguey ou Fondaudège Muséum. Le site se trouve à proximité de la rue Fondaudège, rue du Docteur Albert-Barraud. Comptez ensuite quelques minutes de marche dans un quartier résidentiel.

Que voir d’autre de l’époque romaine à Bordeaux ?

Le palais Gallien est le seul vestige antique visible de la ville. Pour prolonger la découverte, le musée d’Aquitaine, à Bordeaux, conserve des collections archéologiques de Burdigala et de la région : une visite complémentaire utile pour comprendre la cité romaine, ses habitants et ses usages au quotidien.

Sources : Wikipédia : Palais Gallien (CC BY-SA, faits vérifiés et reformulés) · Wikidata Q1826410 (CC0) · Météo-France, données climatologiques mensuelles (Licence Ouverte) · Insee via geo.api.gouv.fr (Licence Ouverte) pour les villes proches. Photos : Wikimedia Commons, auteurs et licences indiqués sur chaque image.

Dans les environs

Sites archéologiques à proximité

  • Entrée de la grotte de Pair-non-Pair à Prignac-et-Marcamps, en GirondePréhistoire

    Grotte de Pair-non-Pair

    Prignac-et-Marcamps (33)

    La seule grotte ornée de Gironde, où des gravures de chevaux, de mammouths et d’un cerf géant ont convaincu les savants.

    à 22 km
  • Ruines des thermes gallo-romains du Fâ à Barzan, avec salle chaude et murs de pierreGaule romaine

    Site gallo-romain du Fâ, Barzan

    Barzan (17)

    Sur l’estuaire de la Gironde, une ville portuaire gallo-romaine de 140 hectares, repérée grâce à la sécheresse de 1975.

    à 80 km
  • Vue d'ensemble de l'arène et des gradins de l'amphithéâtre romain de SaintesGaule romaine

    Amphithéâtre de Saintes

    Saintes (17)

    Un amphithéâtre romain niché dans un vallon, face à la Charente, qui pouvait accueillir jusqu’à 15 000 spectateurs.

    à 100 km
  • La tour de Vésone, vestige du temple de la déesse Vesunna, entourée de feuillages à PérigueuxGaule romaine

    Vesunna, Périgueux

    Périgueux (24)

    La capitale gallo-romaine des Pétrocores, avec sa grande tour de temple et son site-musée, au sud de Périgueux.

    à 108 km
  • Mosaïque polychrome de la villa de Séviac, abritée sous une toiture, avec des cyprès et des colonnes en fondGaule romaine

    Villa gallo-romaine de Séviac

    Montréal (32)

    Dans le Gers, une villa gallo-romaine occupée pendant près de mille ans, célèbre pour ses mosaïques tardives de l’École d’Aquitaine.

    à 118 km