La Dame de Brassempouy est une tête sculptée dans l’ivoire de mammouth, haute de 3,65 centimètres. Contrairement à la plupart des figurines féminines de la même époque, aux visages à peine esquissés, celle-ci montre un front net, des pommettes hautes, un nez fin et un petit menton, sous un quadrillage gravé que l’on interprète comme une coiffure, une capuche ou une résille. La bouche n’est pas figurée et le regard reste discret.
Les gisements du village comptent parmi les plus anciennement explorés de France. Deux sites, la grotte du Pape et la galerie des Hyènes, se trouvent à une centaine de mètres l’un de l’autre. Pierre-Eudoxe Dubalen y travaille dès 1881, puis Édouard Piette à partir de 1894. C’est dans une couche riche en fragments d’ivoire, que Piette nomme « éburnéenne », qu’il recueille la célèbre tête, ainsi que d’autres statuettes féminines.
Cette figurine est devenue une image emblématique de la Préhistoire, mais elle n’a pas fait école : les artistes gravettiens, puis leurs successeurs, n’ont pas repris ce type de visage comme modèle. Elle ne figure sans doute pas une femme précise, mais plutôt la femme en tant que symbole. L’étude de la cassure du cou suggère que la tête n’a jamais été fixée à un corps, ce qui en fait une œuvre à part parmi les figurines de son époque.