La nécropole de Bougon occupe un plateau calcaire, lové dans un méandre de la petite rivière locale. Elle compte cinq tumulus renfermant huit chambres funéraires, plus une structure énigmatique, le tumulus D, qui sépare l’ensemble en deux moitiés. Cette division pourrait correspondre à deux communautés distinctes. Les premiers monuments datent du début du Ve millénaire avant notre ère, ce qui les place parmi les plus anciens monuments mégalithiques d’Europe, et le site a été utilisé pendant plus de deux mille ans.
Le tumulus A mesure 40 mètres de diamètre. Sa chambre, de 7,80 mètres sur 5, est couverte par une seule dalle épaisse d’environ un mètre et pesant près de 90 tonnes. Le tumulus F, long de 72 mètres, joue avec la pente du terrain : vu de l’est, l’ouvrage semble culminer à 5 ou 6 mètres alors qu’il atteint à peine 3 mètres. À l’intérieur, les archéologues ont trouvé squelettes, poteries, haches polies, perles et parures, qui témoignent d’un usage prolongé.
Le site est connu depuis le XIXe siècle. Dès 1840, deux sociétés savantes rivalisent pour le fouiller ; un propriétaire, cherchant un trésor, provoque même l’affaissement de la dalle du dolmen F2. Le département achète le terrain à partir de 1874, et le site est classé en 1960. De nouvelles fouilles menées de 1968 à 1986 ont renouvelé les connaissances. Aujourd’hui, un musée de la Préhistoire se trouve dans le parc archéologique.