L’intérêt du Fâ tient d’abord à l’ampleur de la ville. Les photographies aériennes prises en 1975, lors d’une forte sécheresse, ont dévoilé sous les cultures une agglomération de 140 hectares, qui rivalise avec de grandes métropoles romaines de la région comme Saintes, Poitiers ou Bordeaux. Il semble presque certain qu’il s’agisse de Novioregum, citée dans l’Itinéraire d’Antonin, et peut-être du Portus Santonum, le port des Santons, décrit par Ptolémée.
La ville s’est développée à partir d’un sanctuaire gaulois bâti sur une hauteur face à l’estuaire. Après la conquête romaine de la Saintonge, en 58 avant notre ère, elle semble être devenue un comptoir commercial, dont les premières grandes constructions datent des Flaviens. Son âge d’or se situe vers le IIe siècle : théâtre, avenues, port, entrepôts et thermes agrandis. Le déclin commence à la fin du IIIe siècle, pour des raisons encore inconnues.
Le site est aussi un chantier vivant. Racheté par la commune en 1993, il fait l’objet de fouilles programmées depuis 1994, qui ont révélé deux temples successifs, des thermes parmi les plus grands de Gaule, des entrepôts et un théâtre de 81 mètres de diamètre. Ces recherches se poursuivent, ce qui renouvelle régulièrement les connaissances sur la cité et son rôle dans le commerce atlantique.