Saint-Blaise doit sans doute sa naissance au sel. L’éperon surplombe de 30 à 50 mètres les deux étangs voisins, Citis et Lavalduc, dans une région où le sel se récoltait en abondance. Les Étrusques y fondent un comptoir au VIIe siècle avant notre ère et font commerce de ce produit recherché. Les céramiques d’importation étrusques et grecques retrouvées dans les niveaux anciens rappellent l’intensité des échanges. La cité a même été, un temps, la rivale de Marseille.
La ville connaît sa plus grande transformation entre 200 et 120 avant notre ère. Les habitants construisent un rempart de grand appareil de type grec et organisent un plan régulier, inspiré de l’urbanisme hellénistique. Les fortifications de cette époque n’ont pas d’équivalent connu en Provence. Vers 120, un siège met fin à cette phase : la destruction est générale, et le site reste ensuite largement inoccupé pendant plusieurs siècles.
Saint-Blaise a ensuite vécu une longue seconde vie. Aux IVe et Ve siècles de notre ère, la ville d’Ugium reçoit une enceinte et des églises, puis elle est détruite en 874. En 1231, un nouveau rempart et la chapelle actuelle sont élevés autour du bourg de Castelveyre. Les derniers habitants quittent le lieu en 1390 pour Saint-Mitre. Les fouilles d’Henri Rolland, menées de 1935 à 1970, ont révélé cette succession exceptionnelle de couches.