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Vestiges de l'oppidum de Saint-Blaise parmi les pins : murs de pierre et rempart, avec des visiteurs
  • Gaulois et âges des métaux
  • Monument historique

Oppidum de Saint-Blaise

Un éperon rocheux au-dessus des étangs de Provence, où les Étrusques ont fait commerce du sel il y a près de 2 700 ans.

Photo : Lazz06, CC BY-SA 3.0

Sur un éperon dominant les étangs de Lavalduc et de Citis, à Saint-Mitre-les-Remparts, l’oppidum de Saint-Blaise a abrité une ville pendant des siècles. Les Étrusques y ont installé un comptoir pour le sel dès le VIIe siècle avant notre ère, puis des remparts de type grec ont encadré une cité prospère. On y marche aujourd’hui parmi les pins, entre les murs de grand appareil, les ruelles et une chapelle du XIIIe siècle.

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Pourquoi ce site est remarquable

Saint-Blaise doit sans doute sa naissance au sel. L’éperon surplombe de 30 à 50 mètres les deux étangs voisins, Citis et Lavalduc, dans une région où le sel se récoltait en abondance. Les Étrusques y fondent un comptoir au VIIe siècle avant notre ère et font commerce de ce produit recherché. Les céramiques d’importation étrusques et grecques retrouvées dans les niveaux anciens rappellent l’intensité des échanges. La cité a même été, un temps, la rivale de Marseille.

La ville connaît sa plus grande transformation entre 200 et 120 avant notre ère. Les habitants construisent un rempart de grand appareil de type grec et organisent un plan régulier, inspiré de l’urbanisme hellénistique. Les fortifications de cette époque n’ont pas d’équivalent connu en Provence. Vers 120, un siège met fin à cette phase : la destruction est générale, et le site reste ensuite largement inoccupé pendant plusieurs siècles.

Saint-Blaise a ensuite vécu une longue seconde vie. Aux IVe et Ve siècles de notre ère, la ville d’Ugium reçoit une enceinte et des églises, puis elle est détruite en 874. En 1231, un nouveau rempart et la chapelle actuelle sont élevés autour du bourg de Castelveyre. Les derniers habitants quittent le lieu en 1390 pour Saint-Mitre. Les fouilles d’Henri Rolland, menées de 1935 à 1970, ont révélé cette succession exceptionnelle de couches.

Ce qu’il y a à découvrir

Le rempart hellénistique

Construit entre 200 et 120 avant notre ère en grand appareil, de type grec, il entoure la ville. Les parties conservées permettent de lire le plan des portes et des tours. Rien de comparable n’est connu ailleurs en Provence pour cette période.

La Ville-Basse et la Ville-Haute

Le site comprend deux plateaux séparés d’une quinzaine de mètres. La Ville-Basse se trouve à 50 mètres d’altitude, la Ville-Haute, avec sa Citadelle, à environ 65 mètres. L’ensemble couvre 5,5 hectares, au-dessus des étangs.

La chapelle Saint-Blaise

Élevée au XIIIe siècle avec le rempart de Castelveyre, elle a donné son nom au site. Son abside en pierre appareillée, coiffée d’une voûte de dalles étagées, est protégée au titre des monuments historiques. Elle est le témoin de la dernière période d’occupation.

Les sources et les étangs

Le sous-sol regorge d’eau douce. Une source, la Tourtoulane, était accessible par un chemin creusé dans la roche, retrouvé en 2010 grâce à des bénévoles. Le site domine ces étangs de 30 à 50 mètres, et leur sel fut sans doute la raison de sa fondation.

Le saviez-vous ?

  1. L’oppidum est « sans nom » : aucune inscription n’a été retrouvée sur le site, hormis des graffites sur des vases. On discute encore pour savoir s’il s’agit de la Mastramellè des auteurs anciens.
  2. Des piliers à entailles en forme de têtes, réemployés dans des constructions, ont fait penser à Henri Rolland à un culte des têtes coupées pratiqué par les anciens habitants.
  3. La ville est restée en ruine après sa destruction au IXe siècle : aucune reconstruction n’a suivi, ce qui est rare pour un site habité aussi longtemps.
  4. Quinze mille pièces, surtout de la vaisselle en céramique, sont répertoriées dans les registres du site.
  5. Les plus anciennes traces humaines remontent au Ve millénaire avant notre ère, avec de la céramique cardiale, du corail non travaillé et des pointes de flèche.

Situation

L’oppidum se trouve à Saint-Mitre-les-Remparts, dans les Bouches-du-Rhône, près de Fos-sur-Mer. Il occupe l’extrémité nord du plateau de Castillon, sur un éperon rocheux entre les étangs de Lavalduc et de Citis, à environ 50 à 65 mètres d’altitude. À vol d’oiseau, Martigues se trouve à 8 km, Istres à 6 km et Marseille à 36 km. On y accède par la route.

Quand venir

Le site est exposé, avec peu d’ombre : de mars à mai et en septembre-octobre, les après-midi sont agréables, de 16 à 26 °C. En juillet et août, la moyenne atteint 30 °C et chaque jour est chaud : mieux vaut éviter le milieu de journée. Les pluies reviennent à l’automne, surtout en novembre, avec plus de 100 mm.

  • Janv12°
  • Févr13°
  • Mars16° : conseillé
  • Avr19° : conseillé
  • Mai23° : conseillé
  • Juin28°
  • Juil31°
  • Août30°
  • Sept26° : conseillé
  • Oct21° : conseillé
  • Nov15°
  • Déc12°

Mois conseillésValeur : température maximale moyenne

Le meilleur moment : En fin de journée au printemps ou à l’automne, pour une lumière chaude sur les pierres ; en été, uniquement tôt le matin.

12°3°janv13°4°févr16°6°mars19°9°avr23°13°mai28°17°juin31°19°juil30°19°août26°15°sept21°12°oct15°7°nov12°4°déc
Températures moyennes (mini → maxi)Précipitations
31 °Cmaximales moyennes en juillet
3 °Cminimales moyennes en janvier
593 mmde pluie par an
55 joursde pluie (≥ 1 mm) par an
2899 hd’ensoleillement par an

Normales 1991-2020, Météo-France (Licence Ouverte), stations Istres (8 km), Martigues (7 km), Marignane (19 km).

Météo des prochains jours

  • mar. 20Pluie
    18° / 14°
    48,5 mm
  • mer. 21Beau temps
    18° / 12°
    0,0 mm
  • jeu. 22Éclaircies
    16° / 10°
    0,3 mm
  • ven. 23Beau temps
    18° / 14°
    0,0 mm

Prévisions MET Norway (api.met.no, CC BY 4.0), mises à jour chaque jour.

Nos conseils pour la visite

  • Apportez de l’eau, un chapeau et des chaussures fermées : le site est rocailleux et peu abrité.
  • Prévoyez un vêtement coupe-vent, car l’éperon est exposé au vent.
  • Renseignez-vous avant de venir sur les horaires et les éventuelles visites guidées.
  • Les collections issues des fouilles sont conservées à Martigues : renseignez-vous sur leur présentation.

Où dormir à proximité

Autres hébergements : données © les contributeurs d’OpenStreetMap (ODbL), établissements disposant d’un site web, distances à vol d’oiseau.

En images

Passage entre de grands blocs de pierre, à l'entrée d'une porte de l'oppidum de Saint-Blaise
Passage entre de grands blocs de pierre, à l’entrée d’une porte de l’oppidum de Saint-Blaise — Lazz06, CC BY-SA 3.0
Façade de la chapelle Saint-Blaise, en pierre, au milieu des pins sous un ciel bleu
Façade de la chapelle Saint-Blaise, en pierre, au milieu des pins sous un ciel bleu — Krest13, CC BY-SA 4.0
Abside en pierre de la chapelle Saint-Blaise, coiffée d'une voûte de dalles étagées
Abside en pierre de la chapelle Saint-Blaise, coiffée d’une voûte de dalles étagées — Beris, CC BY-SA 3.0
Cavités rectangulaires taillées dans le rocher, parmi les pins du site de Saint-Blaise
Cavités rectangulaires taillées dans le rocher, parmi les pins du site de Saint-Blaise — Lazz06, CC BY-SA 3.0

Questions fréquentes

Qu’est-ce qu’un oppidum ?

C’est un site fortifié établi sur une hauteur, utilisé par des peuples celtiques et ligures avant et pendant la conquête romaine. Celui de Saint-Blaise, à l’origine d’un important commerce du sel, a abrité une véritable ville, avec des remparts et des quartiers d’habitation, jusqu’au Moyen Âge.

Pourquoi Saint-Blaise était-il important ?

Grâce au sel tiré des étangs, le site a attiré très tôt des marchands étrusques, puis grecs. La ville a connu une grande prospérité à ces époques et a rivalisé un moment avec Marseille. Un réseau de routes anciennes, venues de la Crau, aboutissait à l’oppidum.

Que reste-t-il à voir ?

On voit des remparts, des portes, des tours et des fondations de maisons, ainsi que la chapelle Saint-Blaise du XIIIe siècle. La plus grande partie du mobilier se trouve à Martigues. Le plan de la ville, avec ses rues régulières, se lit encore sur le terrain.

Qui a fouillé l’oppidum ?

Henri Rolland a dirigé les fouilles à partir de 1935, jusqu’à sa disparition en 1970, dégageant les remparts en 1946, puis explorant l’intérieur de la ville. D’autres chercheurs ont poursuivi jusqu’en 1985. Aujourd’hui, le site est étudié par l’agglomération de Martigues et son archéologue.

Le site est-il protégé ?

Oui, il bénéficie d’un classement comme monument historique, daté du 16 septembre 1943. Il s’étend sur 5,5 hectares. La chapelle Saint-Blaise, elle, était classée dès 1939. Il est situé dans un environnement naturel, au milieu des pins et des étangs.

Sources : Wikipédia : Oppidum de Saint-Blaise (CC BY-SA, faits vérifiés et reformulés) · Wikidata Q3354380 (CC0) · Météo-France, données climatologiques mensuelles (Licence Ouverte) · Insee via geo.api.gouv.fr (Licence Ouverte) pour les villes proches. Photos : Wikimedia Commons, auteurs et licences indiqués sur chaque image.

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