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Arches ruinées en petit appareil de pierre à Barbegal, sous les pins et un ciel bleu
  • Gaule romaine

Aqueduc et moulins de Barbegal

Seize moulins à eau en cascade près de Fontvieille : une minoterie romaine du IIe siècle conçue pour fournir Arles en farine.

Photo : maarjaara, CC BY 2.0

Près de Fontvieille, à quelques kilomètres d’Arles, une colline conserve les vestiges d’une grande minoterie hydraulique romaine. Deux séries de huit moulins s’y étageaient de part et d’autre d’un escalier, alimentées par une dérivation de l’aqueduc d’Arles. Bâti au début du IIe siècle, l’ensemble a fonctionné environ un siècle. On y découvre aujourd’hui des arches, des canaux et des murs ruinés, au milieu des pins : un site sobre, mais très instructif.

  • Passionnés d’histoire
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Pourquoi ce site est remarquable

Barbegal est d’abord une prouesse d’ingénieur. Le canal, détourné de l’aqueduc d’Arles, se divisait en deux bras à l’arrivée sur la colline, et chacun alimentait huit chutes d’eau. Chaque chute faisait tourner une roue à augets, reliée à une meule. Les huit moulins d’une série se succédaient en pente, séparés de l’autre par un escalier central. L’ensemble mesure 61 mètres de long sur 20 de large, et passe pour la meunerie romaine la mieux préservée.

Les ordres de grandeur donnent la mesure de l’ensemble. On évalue le débit de l’aqueduc à une fourchette de 240 à 1 000 litres par seconde, pour un dénivelé exploité d’environ 18 mètres. La puissance brute atteindrait de l’ordre de 50 kilowatts, soit près de 3 kilowatts par moulin. Le rendement pouvait atteindre 4,5 tonnes de farine quotidiennes, de quoi nourrir les quelque 12 500 habitants d’Arles à cette époque.

La destination de cette farine a fait débat. Fernand Benoit y voyait une affaire d’État, tournée vers les besoins des armées et l’exportation, mais les fouilles des années 1990 ont infirmé cette idée. Une étude de 2018, fondée sur les dépôts calcaires laissés sur les roues, suggère plutôt que la farine servait à fabriquer du pain pour les navires. Le propriétaire était sans doute celui de la villa proche de la Mérindole.

Ce qu’il y a à découvrir

Les ponts-aqueducs du vallon des Arcs

Deux ponts-aqueducs côte à côte, en partie sur arches, traversaient le vallon des Arcs : l’un pour l’aqueduc d’Arles, l’autre pour la dérivation vers Barbegal. Des arches ruinées, bâties en petit appareil de pierre, restent visibles et donnent une idée de l’ouvrage.

Les deux séries de huit moulins

Sur la pente, deux rangées de huit chambres de mouture se faisaient face de part et d’autre d’un escalier central. L’eau descendait de chute en chute et actionnait à chaque fois une roue à augets. Les murs conservés permettent de lire cette organisation.

Le réseau d’aqueducs d’Arles

Vers le milieu du Ier siècle, deux aqueducs, dits de Caparon et de Saint-Rémy, amenaient l’eau des sources des Alpilles vers Arles. Au IIe siècle, l’aqueduc sud a été dévié vers Barbegal. Un siphon de plomb franchissait le Rhône.

La roue restituée du château de Montauban

Entre 2017 et 2020, une équipe réunie sous l’autorité de Philippe Leveau a reconstitué l’une des roues de la meunerie. Visible au château de Montauban, elle complète la visite et aide à comprendre le fonctionnement des moulins. Renseignez-vous sur ses conditions d’accès.

Le saviez-vous ?

  1. On a décrit Barbegal comme la plus forte concentration connue de puissance mécanique de l’Antiquité.
  2. Fernand Benoit, l’archéologue qui a étudié ces ruines, croyait les moulins tardifs : les fouilles ont ensuite montré qu’ils datent du début du IIe siècle.
  3. Une plaque posée sur la roche honore la mémoire de Fernand Benoit (1892-1969), l’archéologue qui a mis ces moulins en lumière.
  4. Vallabrègues, sur le Rhône, possède un barrage qui offre une puissance quelque 4 000 fois plus élevée que celle de toute la meunerie.
  5. Un siphon fait de tuyaux de plomb, au nord d’Arles, permettait à l’aqueduc de franchir le Rhône et de desservir les quartiers de la rive droite.

Situation

Le site se trouve sur la commune de Fontvieille, dans les Bouches-du-Rhône, à quelques kilomètres d’Arles, au pied des Alpilles. On y accède en voiture ; renseignez-vous sur l’accès et le stationnement avant de partir. Les vestiges se répartissent entre le vallon des Arcs, pour les ponts-aqueducs, et la colline de la meunerie, où les rangées de moulins se lisent encore.

Quand venir

Le site est en plein air : de mars à mai et en septembre-octobre, les après-midi sont agréables, de 16 à 26 °C, sous un ciel très ensoleillé. En juillet et août, l’après-midi dépasse 30 °C et presque chaque jour est chaud : mieux vaut venir tôt le matin. Les pluies reviennent à l’automne, avec près de 90 mm par mois de septembre à novembre.

  • Janv11°
  • Févr12°
  • Mars16° : conseillé
  • Avr19° : conseillé
  • Mai24° : conseillé
  • Juin28°
  • Juil31°
  • Août31°
  • Sept26° : conseillé
  • Oct21° : conseillé
  • Nov15°
  • Déc11°

Mois conseillésValeur : température maximale moyenne

Le meilleur moment : Le matin ou en fin de journée, quand la lumière rasante met en valeur les pierres ; en été, évitez le milieu de journée.

11°3°janv12°4°févr16°6°mars19°9°avr24°12°mai28°16°juin31°18°juil31°18°août26°15°sept21°12°oct15°7°nov11°4°déc
Températures moyennes (mini → maxi)Précipitations
31 °Cmaximales moyennes en juillet
3 °Cminimales moyennes en janvier
645 mmde pluie par an
60 joursde pluie (≥ 1 mm) par an
2872 hd’ensoleillement par an

Normales 1991-2020, Météo-France (Licence Ouverte), stations Tarascon (16 km), Arles (22 km).

Météo des prochains jours

  • mar. 20Pluie
    18° / 13°
    60,8 mm
  • mer. 21Beau temps
    18° / 10°
    0,0 mm
  • jeu. 22Beau temps
    16° / 9°
    0,3 mm
  • ven. 23Beau temps
    18° / 14°
    0,0 mm

Prévisions MET Norway (api.met.no, CC BY 4.0), mises à jour chaque jour.

Nos conseils pour la visite

  • Apportez de l’eau, un chapeau et des chaussures fermées : le site est exposé et le sol est caillouteux.
  • Quelques notions sur le fonctionnement d’une roue à augets aident à lire les ruines avant de les parcourir.
  • Renseignez-vous avant de venir sur l’accès, le stationnement et les horaires.
  • Complétez la visite par la roue restituée du château de Montauban, après avoir vérifié ses conditions d’accès.

Où dormir à proximité

Autres hébergements : données © les contributeurs d’OpenStreetMap (ODbL), établissements disposant d’un site web, distances à vol d’oiseau.

En images

Plaque en hommage à l'archéologue Fernand Benoit, scellée dans la roche près des moulins de Barbegal
Plaque en hommage à l’archéologue Fernand Benoit, scellée dans la roche près des moulins de Barbegal — Thérèse Gaigé, CC BY-SA 4.0

Questions fréquentes

Qu’est-ce que Barbegal ?

C’est une vaste minoterie hydraulique romaine, à Fontvieille, près d’Arles. Deux séries de huit moulins, alimentées par une dérivation de l’aqueduc, y broyaient le grain. Bâti au début du IIe siècle, il a fonctionné pendant un siècle environ. Il passe pour la meunerie romaine la mieux préservée.

Combien de farine produisait-elle ?

On l’estime à 4,5 tonnes chaque jour, de quoi nourrir les quelque 12 500 habitants qu’Arles comptait alors. Chacun des seize moulins avait sa roue à augets et sa meule. Ces chiffres restent des estimations, fondées sur un débit supposé de 240 à 1 000 litres par seconde et sur un dénivelé d’environ 18 mètres.

À quoi servait la farine ?

Les moulins ont été construits pour fournir Arles en farine. On a aussi avancé qu’ils servaient l’État et l’armée, mais les fouilles des années 1990 ont infirmé cette hypothèse. Une étude de 2018, fondée sur les dépôts calcaires des roues, suggère plutôt une production de pain destinée aux bateaux.

Quand les moulins ont-ils fonctionné ?

Les fouilles menées sur l’émissaire oriental et en amont, dans le vallon des Arcs, ont montré que le complexe date du début du IIe siècle et qu’il a cessé de tourner au début du IIIe siècle. Fernand Benoit, qui avait d’abord pensé à la fin de l’Antiquité, a donc été corrigé. L’activité a duré environ un siècle.

Le site est-il protégé ?

Oui, en partie. Une partie de l’aqueduc est classée monument historique depuis le 12 juillet 1886, et certains tronçons sont inscrits depuis 1937. Le site de la meunerie est lui aussi partiellement protégé depuis 1937. Merci de ne pas escalader les murs et de ne pas déplacer les pierres.

Sources : Wikipédia : Aqueduc et moulins de Barbegal (CC BY-SA, faits vérifiés et reformulés) · Wikidata Q89272148 (CC0) · Météo-France, données climatologiques mensuelles (Licence Ouverte) · Insee via geo.api.gouv.fr (Licence Ouverte) pour les villes proches. Photos : Wikimedia Commons, auteurs et licences indiqués sur chaque image.

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