Glanum est née sur le versant du mont Gaussier, près d’une source vénérée, sans doute, dès les origines. Le dieu Glan et une triple déesse, les Glanicae, y étaient honorés. La cité se tient au croisement de deux routes antiques entre l’Italie et l’Hispanie, dont la via Domitia, et les falaises des Alpilles lui offrent une protection naturelle. Sa fondation remonte au VIe siècle avant notre ère, et elle se développe fortement à partir du IIe siècle.
Ce qui fait la singularité du site, c’est la superposition des influences. À la veille de la conquête romaine, les habitants construisent à la grecque, sous l’influence de Marseille : demeures à péristyle, temple, puits sacré à dromos, bouleutérion et prytanée. Après les destructions de 125 et de 90 avant notre ère, la ville est reconstruite à la romaine, avec adduction d’eau en plomb, égouts, forum, basilique, curie, thermes et temples. Elle connaît son apogée sous Auguste.
La prospérité s’achève dans la seconde moitié du IIIe siècle, quand la ville est saccagée vers 270 par des envahisseurs germaniques. Ses pierres servent alors à bâtir la future Saint-Rémy, tandis que les alluvions des Alpilles ensevelissent les ruines. Les fouilles débutent en 1921 et se poursuivent pendant des décennies ; la restitution du forum s’est achevée en 2008. Les objets trouvés sont présentés à l’hôtel de Sade, en centre-ville.