Aller au contenu
L'allée des Alyscamps, bordée de sarcophages de pierre sous les arbres, à Arles
  • Gaule romaine
  • Monument historique

Les Alyscamps, Arles

Une allée de sarcophages à l’entrée d’Arles, nécropole romaine puis cimetière chrétien réputé jusqu’à Dante.

Photo : Hawobo at German Wikipedia, CC BY-SA 2.0 de

À l’entrée sud-est d’Arles, les Alyscamps forment l’une des nécropoles les plus célèbres de l’Antiquité tardive et du Moyen Âge. Une longue allée y est bordée de sarcophages de pierre, et les ruines d’églises et de chapelles rappellent que des générations d’Arlésiens, puis des pèlerins venus de loin, ont voulu y reposer. Van Gogh et Gauguin y ont posé leur chevalet en 1888 : la promenade, calme et ombragée, se fait à pied, sans se presser.

  • Passionnés d’histoire
  • Photographie
  • En couple
  • En famille

Pourquoi ce site est remarquable

Les Alyscamps s’étendent hors des murs de la cité, le long de la via Aurelia, comme le voulait l’usage romain : on n’enterrait pas à l’intérieur de la ville. D’abord nécropole païenne, le lieu devient chrétien et gagne un prestige immense à partir du IVe siècle, notamment grâce au souvenir de Genès, saint arlésien décapité en 303. On rapporte que des défunts venus de loin descendaient le Rhône en barque, avec de quoi payer leur sépulture.

Entre le XIe et le XIIIe siècle, le cimetière s’enrichit de plusieurs églises, dont Saint-Honorat, et devient une étape du chemin de Compostelle pour les pèlerins de Provence. En 1152, les reliques de saint Trophime rejoignent la cathédrale du centre-ville, et le cimetière perd une partie de son aura. Il est ensuite largement pillé : à partir de la Renaissance, des prélats, des seigneurs et des rois emportent les plus beaux sarcophages sculptés.

Le site a aussi été entamé par l’histoire moderne. Le creusement du canal de Craponne au XVIe siècle, puis l’arrivée du chemin de fer et de ses ateliers en 1848, ont profondément changé le quartier. Ce qui reste aujourd’hui, c’est un fragment seulement de la grande nécropole : de quoi comprendre pourtant son ampleur d’autrefois, la ferveur qu’elle inspirait et la façon dont chaque époque a laissé sa marque sur ce lieu.

Ce qu’il y a à découvrir

L’allée des sarcophages

C’est le cœur de la visite : une longue allée de terre claire, bordée de cuves en pierre, certaines nues, d’autres encore coiffées de leur couvercle. L’ambiance est paisible, surtout en dehors des heures de grande affluence, et la lumière filtre à travers le feuillage.

L’église Saint-Honorat

Au bout de l’allée, l’église Saint-Honorat est classée monument historique depuis 1840. Autour d’elle, le cimetière et la chapelle des Porcelet, classés en 1862, rappellent le rôle religieux du site au Moyen Âge, quand les pèlerins y faisaient halte.

Des arcades et des chapelles ruinées

Entre les arbres, des arcs gothiques et des pans de murs évoquent les édifices qui se sont succédé ici. Des sarcophages isolés, parfois posés sous une voûte ou contre un mur, donnent des cadrages photographiques très graphiques.

Les sarcophages au musée

Les plus beaux sarcophages sculptés ne sont plus tous sur place : certains, comme celui de la scène de chasse venu de Saint-Honorat, sont conservés au musée de l’Arles antique, qui complète utilement la balade.

Le saviez-vous ?

  1. Le nom vient du latin des « Champs Élysées » : la parenté avec la célèbre avenue parisienne n’est pas un hasard.
  2. Dans les siècles de gloire du cimetière, on raconte que des corps étaient confiés au Rhône sur de petites embarcations, accompagnés d’une somme destinée aux Arlésiens qui se chargeaient de l’inhumation.
  3. Vers la fin du XVIe siècle, un bateau chargé de sarcophages pillés a coulé dans le Rhône à hauteur de Pont-Saint-Esprit.
  4. Van Gogh et Gauguin ont peint les Alyscamps à l’automne 1888, et Dante les évoque dans le chant IX de l’Enfer, dans la Divine Comédie.
  5. Le 30 mai 2018, la maison de couture Gucci y a présenté sa collection croisière 2019.

Situation

Les Alyscamps se trouvent à Arles, dans les Bouches-du-Rhône, au sud-est de la ville ancienne, sur le tracé de l’ancienne voie romaine Aurelia. Le site est aujourd’hui entouré d’un quartier urbain, à proximité de la voie ferrée. On l’atteint à pied depuis le centre historique, par les rues d’Arles. Arles est desservie par la route et par le train, ce qui permet de venir sans voiture.

Quand venir

À Arles, les après-midi de juillet et août dépassent en moyenne 30 °C : mieux vaut choisir le printemps ou le début de l’automne. D’avril à juin, les maximales vont de 19 à 28 °C, avec beaucoup de soleil ; en septembre et octobre, elles restent agréables, mais les pluies sont plus abondantes. L’hiver reste frais et le mistral peut souffler.

  • Janv11°
  • Févr12°
  • Mars16°
  • Avr19° : conseillé
  • Mai24° : conseillé
  • Juin28° : conseillé
  • Juil31°
  • Août31°
  • Sept26° : conseillé
  • Oct21° : conseillé
  • Nov15°
  • Déc11°

Mois conseillésValeur : température maximale moyenne

Le meilleur moment : Tôt le matin ou en fin d’après-midi, quand la lumière rase les pierres et que le site est le plus calme. Vérifiez les horaires de fermeture avant de partir.

11°3°janv12°4°févr16°6°mars19°9°avr24°12°mai28°16°juin31°18°juil31°18°août26°15°sept21°12°oct15°7°nov11°4°déc
Températures moyennes (mini → maxi)Précipitations
31 °Cmaximales moyennes en juillet
3 °Cminimales moyennes en janvier
645 mmde pluie par an
60 joursde pluie (≥ 1 mm) par an
2872 hd’ensoleillement par an

Normales 1991-2020, Météo-France (Licence Ouverte), stations Tarascon (18 km), Arles (18 km).

Météo des prochains jours

  • mar. 20Pluie
    18° / 14°
    67,2 mm
  • mer. 21Beau temps
    18° / 10°
    0,0 mm
  • jeu. 22Éclaircies
    16° / 9°
    0,1 mm
  • ven. 23Beau temps
    18° / 14°
    0,1 mm

Prévisions MET Norway (api.met.no, CC BY 4.0), mises à jour chaque jour.

Nos conseils pour la visite

  • Prévoyez de bonnes chaussures : l’allée est en terre et en gravier, avec quelques irrégularités.
  • En été, apportez une gourde et un chapeau, même si les arbres offrent un peu d’ombre.
  • Associez la visite au musée de l’Arles antique, pour voir de près les sarcophages sculptés les plus remarquables.
  • Respectez les pierres : les sarcophages sont fragiles et ne sont pas faits pour qu’on s’y asseye ou qu’on y grimpe.

Où dormir à proximité

Autres hébergements : données © les contributeurs d’OpenStreetMap (ODbL), établissements disposant d’un site web, distances à vol d’oiseau.

En images

Sarcophages devant les arcades ruinées d'une église des Alyscamps, avec un laurier-rose
Sarcophages devant les arcades ruinées d’une église des Alyscamps, avec un laurier-rose — Rilba, CC BY-SA 3.0
Un sarcophage de pierre posé sous un mur, devant une fenêtre ovale grillagée
Un sarcophage de pierre posé sous un mur, devant une fenêtre ovale grillagée — Rilba, CC BY-SA 3.0
Sarcophage romain à scène de chasse du IVe siècle, provenant de l'église Saint-Honorat
Sarcophage romain à scène de chasse du IVe siècle, provenant de l’église Saint-Honorat — Jean-Pol GRANDMONT, CC BY 4.0

Questions fréquentes

Pourquoi les Alyscamps sont-ils si célèbres ?

Parce qu’ils ont été, pendant plus d’un millénaire, un cimetière prestigieux, d’abord romain puis chrétien, où de nombreuses personnes souhaitaient être enterrées. Les évêques d’Arles y reposent, et le lieu est cité par Dante. Il a aussi inspiré Van Gogh et Gauguin, ce qui a renforcé sa réputation dans les arts.

Peut-on encore voir des sarcophages sur place ?

Oui, de nombreux sarcophages bordent l’allée et la zone de l’église Saint-Honorat. Les plus beaux exemplaires sculptés ont été déplacés au fil des siècles ou conservés au musée de l’Arles antique. Sur place, on voit surtout des cuves nues et des couvercles, qui racontent l’ampleur de la nécropole.

La visite est-elle libre et payante ?

Les Alyscamps se parcourent en autonomie, dans une allée en plein air. Les conditions d’accès, les horaires d’ouverture et les tarifs peuvent changer d’une saison à l’autre : il est préférable de les vérifier auprès de la ville d’Arles ou de l’office de tourisme avant de venir.

Combien de temps faut-il prévoir ?

Comptez environ une heure pour parcourir l’allée, observer les sarcophages, les arcades ruinées et l’église Saint-Honorat, en prenant le temps de photographier. Les passionnés d’histoire ou d’art, qui lisent les panneaux et s’attardent devant les détails, peuvent y rester plus longtemps, jusqu’à une heure et demie.

Sources : Wikipédia : Alyscamps (CC BY-SA, faits vérifiés et reformulés) · Wikidata Q450348 (CC0) · Météo-France, données climatologiques mensuelles (Licence Ouverte) · Insee via geo.api.gouv.fr (Licence Ouverte) pour les villes proches. Photos : Wikimedia Commons, auteurs et licences indiqués sur chaque image.

Dans les environs

Sites archéologiques à proximité

  • Vue panoramique du théâtre antique d'Arles : gradins en demi-cercle, orchestre dallé et deux colonnesGaule romaine

    Théâtre antique d’Arles

    Arles (13)

    Un théâtre d’Auguste au cœur d’Arles, avec ses gradins en demi-cercle et deux colonnes seules debout, « les deux veuves ».

    à 0,8 km
  • Façade des arènes d'Arles et sa tour médiévale, à la tombée de la nuitGaule romaine

    Arènes d’Arles

    Arles (13)

    Un amphithéâtre romain de 136 mètres, devenu forteresse puis quartier, et qui vibre toujours au rythme des spectacles.

    à 0,9 km
  • Arches ruinées en petit appareil de pierre à Barbegal, sous les pins et un ciel bleuGaule romaine

    Aqueduc et moulins de Barbegal

    Fontvieille (13)

    Seize moulins à eau en cascade près de Fontvieille : une minoterie romaine du IIe siècle conçue pour fournir Arles en farine.

    à 8 km
  • L'arc de triomphe romain de Glanum, un des Antiques de Saint-Rémy-de-ProvenceGaule romaine

    Glanum, Saint-Rémy-de-Provence

    Saint-Rémy-de-Provence (13)

    Une ville-sanctuaire au pied des Alpilles, entre influences gauloise, grecque et romaine, avec les célèbres Antiques en vis-à-vis.

    à 19 km
  • Façade des arènes de Nîmes, avec ses deux niveaux d'arcades en pierre claire et son attiqueGaule romaine

    Arènes de Nîmes

    Nîmes (30)

    Un amphithéâtre romain resté debout, avec ses deux étages de 60 arcades, et toujours en pleine vie.

    à 29 km
  • La Maison Carrée de Nîmes éclairée à la tombée de la nuit, avec son escalier et ses colonnesGaule romaine

    Maison carrée de Nîmes

    Nîmes (30)

    Un temple romain à colonnes corinthiennes, bâti sous Auguste et resté intact au cœur de Nîmes.

    à 29 km