Lattara permet d’imaginer ce que fut une ville gauloise du Midi. Fondée dans le dernier tiers du VIe siècle avant notre ère, elle se dote presque aussitôt d’une enceinte et de maisons en pierre et en brique. Des graffitis en étrusque, les seuls connus en France, laissent penser que des marchands venus d’Étrurie ont aidé à créer et à développer la ville. Son port passe ensuite sous l’influence des Grecs de Marseille, puis la ville s’étend de nouveau à partir du IIe siècle avant notre ère.
Le site doit beaucoup à une découverte d’écoliers. À l’automne 1963, deux enfants ramassent dans un champ labouré des tessons de céramique noire vernissée. Leur instituteur, Henri Prades, lance les premières fouilles en mai 1964. Depuis 1983, un chantier programmé, sous la direction de Michel Py et de Dominique Garcia, sert aussi de chantier-école international. La totalité du site est classée au titre des monuments historiques depuis 2003.
Lattara est aussi un témoin des échanges en Méditerranée occidentale. Ses habitants vivaient dans des îlots d’habitation séparés par des rues charretières, avec quelques grandes maisons plus riches, à cour intérieure, d’inspiration méditerranéenne. Un port lagunaire, des pontons sur pilotis et des corporations d’artisans de la construction navale ou des outres montrent une ville tournée vers l’eau, au contact direct des étangs qui s’étendaient alors bien plus loin qu’aujourd’hui.