La colline du Devès est fréquentée dès le Néolithique final, mais l’oppidum prend forme à la charnière des IVe et IIIe siècles av. J.-C. Une première agglomération s’entoure d’un rempart à tours quadrangulaires, doublé avant la fin du IIIe siècle av. J.-C. par une enceinte à tours arrondies, restaurée au siècle suivant. Après la conquête romaine, la ville haute adopte un urbanisme à la romaine : rue pavée, forum, maisons organisées autour d’une cour, dans l’esprit de la domus. Elle est peu à peu délaissée à partir du IIe siècle de notre ère.
En contrebas, le quartier bas se développe au bord de la voie Domitienne, qui relie Nîmes au port de Lattes. Les fouilles y ont dégagé des bâtiments organisés autour de cours, où l’on s’arrêtait, se restaurait, faisait réparer un attelage ou se baignait : auberges, forge, bains publics, et un grand édifice de 1 000 m² rattaché à la poste impériale, le cursus publicus. On y consommait des produits venus de très loin, huile et saumures de Bétique, vin venu du sud de l’Italie et d’Afrique.
Le pont Ambroix, qui franchissait le Vidourle, a transmis son nom au site. Dessiné au XVIIe siècle avec quatre arches, relevé au siècle suivant avec trois, il a attiré les antiquaires avant d’inspirer des peintres, dont Courbet. Après des fouilles anciennes, puis un long oubli, les recherches reprennent en 1967 et se poursuivent encore, notamment avec des campagnes menées à partir de 2016. Ambrussum compte ainsi parmi les agglomérations antiques les mieux documentées du Languedoc.