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Le très grand four de potiers de La Graufesenque, aux murs de pierre sèche, à Millau
  • Gaule romaine
  • Monument historique

La Graufesenque, Millau

Au confluent du Tarn et de la Dourbie, le plus grand atelier de céramique sigillée de l’Empire romain.

Photo : Claude Valette, CC BY-SA 3.0

Sur la rive gauche du Tarn, à Millau, La Graufesenque abrite les restes de l’antique Condatomagus, un village de potiers dont la vaisselle rouge brillante s’est vendue dans tout l’Occident romain. Au milieu du Ier siècle, ses ateliers surpassent ceux d’Italie et deviennent le premier centre de production de l’Empire. On y voit un immense four, des habitations d’artisans et un temple de tradition gauloise, que le musée de Millau complète avec les poteries elles-mêmes.

  • Passionnés d’histoire
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  • En couple

Pourquoi ce site est remarquable

Les potiers de La Graufesenque fabriquaient de la céramique sigillée, une vaisselle fine à vernis rouge brique, souvent décorée en relief et marquée d’une estampille. Au milieu du Ier siècle, ils supplantent les ateliers d’Italie qui l’avaient inventée. Leur production traverse l’Empire : l’un des plus gros débouchés est la région du Rhin, notamment le site de Vechten, et des bols de Millau étaient déjà arrivés en Campanie avant l’éruption qui détruisit Pompéi en 79. Voir le lieu où tout cela était fabriqué en grande série est un vrai changement d’échelle.

Le site révèle une véritable petite ville de l’artisanat. On y distingue une zone de production avec des fours et des entrepôts, une aire sacrée comprenant des temples, puis des habitats séparés par des ruelles. Le lieu s’appelait Condatomagus, du gaulois condate, le confluent, et magus, le marché, et il figure sur la table de Peutinger. Des vues aériennes ont aussi repéré d’autres bâtiments, dont un nymphée, ce qui laisse penser que l’agglomération reste encore largement à explorer.

L’histoire des fouilles est presque aussi riche que celle du site. Un premier four apparaît en 1830 après une inondation ; l’abbé Cérès, dans les années 1880, parle déjà de « la Sèvres des temps anciens ». Les grandes fouilles du chanoine Hermet, de 1901 à 1906, puis les travaux de Joseph Déchelette ont imposé l’importance de La Graufesenque. À partir des années 1960, l’appui de la famille propriétaire de la ferme permet d’acheter les terrains et de conserver les bâtiments mis au jour.

Ce qu’il y a à découvrir

Le très grand four

Ce four pouvait cuire jusqu’à 40 000 vases en une seule fournée, à environ 1 050 °C pendant trois à quatre jours. C’est l’un des éléments les plus spectaculaires du site, et celui qui fait le mieux sentir la production à l’échelle industrielle.

Ateliers et maisons de potiers

Les habitations de potiers, reconverties en ateliers, bordent des ruelles. On y trouve aussi un hypocauste, chauffage par le sol, semblable à ceux des thermes. Un espace servait au stockage de l’argile pour les ateliers.

Le fanum gallo-romain

Dans l’aire sacrée, ce temple est entouré d’un mur d’enceinte dont l’entrée s’ouvre vers l’est, au soleil levant. Une galerie couverte, avec une charpente de bois, courait autour d’une cella aujourd’hui disparue.

Le musée de Millau

Le musée municipal expose de très beaux vases sigillés : coupes, calices, gobelets, plats, bols, lagènes. Des salles dédiées au site et à ses ateliers y ont ouvert en 1980 et complètent utilement la visite des vestiges.

Les bordereaux d’enfournement

Les artisans gravaient sur des morceaux de terre cuite, dans une écriture cursive, des listes de pièces enfournées. Ces textes, conservés dans les musées, montrent comment les potiers organisaient et comptaient leur production.

Le saviez-vous ?

  1. Condatomagus, l’ancien nom du lieu, associe le gaulois « confluent » et « marché », et figure sur la table de Peutinger, une carte routière romaine.
  2. Avant l’an 79, des bols de La Graufesenque étaient déjà parvenus en Campanie : une marque de potier de Millau a même été identifiée sur un objet de Pompéi.
  3. Dès 1830, un four à poteries est signalé après une inondation, bien avant les grandes fouilles du début du XXe siècle.
  4. La cuisson se faisait à une température très régulière, autour de 1 050 °C, et l’argile des engobes venait de gisements situés à une quinzaine de kilomètres.
  5. Les ateliers fonctionnent du Ier au IIIe siècle, mais c’est vers 40-60 que Vernhet situe leur période de splendeur, quand la qualité était maximale.

Situation

Le site occupe la rive gauche du Tarn, à Millau, dans l’Aveyron, à 370 mètres d’altitude environ, sur une petite plaine alluviale née de la jonction du Tarn et de la Dourbie. Le centre de Millau, sur l’autre rive, n’est qu’à 1 km à l’ouest. Derrière le site, la pente remonte vers un oppidum, à 797 mètres d’altitude. On y accède depuis Millau, surtout en voiture ; renseignez-vous pour le stationnement.

Quand venir

Les vestiges sont en plein air, sur une plaine ouverte : visez les mois doux. En mai et juin, les maximales vont de 18 à 23 °C avec plus de 220 heures de soleil ; en septembre, il fait encore 21 °C. L’été (près de 26 °C de maximale moyenne en juillet-août) est plus chaud, tandis que l’hiver compte de nombreux jours de gel. Vérifiez les périodes d’ouverture.

  • Janv6°
  • Févr8°
  • Mars12°
  • Avr14° : conseillé
  • Mai18° : conseillé
  • Juin23° : conseillé
  • Juil26°
  • Août26°
  • Sept21° : conseillé
  • Oct16°
  • Nov10°
  • Déc7°

Mois conseillésValeur : température maximale moyenne

Le meilleur moment : En matinée ou en fin d’après-midi hors des pleines chaleurs d’été ; un jour de semaine est plus tranquille. Renseignez-vous sur les jours et horaires d’ouverture avant de venir.

6°0°janv8°0°févr12°3°mars14°5°avr18°9°mai23°12°juin26°14°juil26°14°août21°11°sept16°8°oct10°4°nov7°2°déc
Températures moyennes (mini → maxi)Précipitations
26 °Cmaximales moyennes en août
0 °Cminimales moyennes en février
717 mmde pluie par an
94 joursde pluie (≥ 1 mm) par an
2197 hd’ensoleillement par an

Normales 1991-2020, Météo-France (Licence Ouverte), station Millau (6 km).

Météo des prochains jours

  • mar. 20Nuageux
    15° / 9°
    18,0 mm
  • mer. 21Averses
    12° / 6°
    1,1 mm
  • jeu. 22Nuageux
    15° / 7°
    0,4 mm
  • ven. 23Beau temps
    13° / 10°
    3,3 mm

Prévisions MET Norway (api.met.no, CC BY 4.0), mises à jour chaque jour.

Nos conseils pour la visite

  • Prévoyez chapeau, eau et crème solaire en été : les vestiges sont en plein air.
  • Associez la visite du site à celle du musée de Millau, pour voir les poteries que fabriquaient les artisans.
  • Repérez le très grand four et l’aire sacrée dès l’arrivée, puis laissez-vous guider par les ruelles et les ateliers.
  • Pour les passionnés, regardez les inscriptions gravées sur les plats : elles montrent l’écriture des potiers, à travers des listes de pièces.

Où dormir à proximité

Autres hébergements : données © les contributeurs d’OpenStreetMap (ODbL), établissements disposant d’un site web, distances à vol d’oiseau.

En images

Bol en céramique sigillée de La Graufesenque, conservé au musée Fenaille de Rodez
Bol en céramique sigillée de La Graufesenque, conservé au musée Fenaille de Rodez — Rossignol Benoît, CC BY-SA 3.0
Plat de sigillée rouge portant une liste gravée en écriture cursive après cuisson
Plat de sigillée rouge portant une liste gravée en écriture cursive après cuisson — Pierre Tribhou, CC BY-SA 4.0
Fragment de plat sigillé orné d'une inscription gauloise gravée, provenant de La Graufesenque
Fragment de plat sigillé orné d’une inscription gauloise gravée, provenant de La Graufesenque — Auteur inconnu, CC BY-SA 4.0

Questions fréquentes

Qu’est-ce que la céramique sigillée ?

C’est une vaisselle fine à vernis rouge brique, fabriquée dans tout l’Empire romain, souvent marquée d’une estampille (sigillum en latin). À La Graufesenque, les potiers y ont ajouté des décors moulés et en ont fait une production à grande échelle, exportée très loin, jusque dans la région du Rhin et en Campanie.

Pourquoi La Graufesenque est-elle si célèbre ?

Parce qu’elle fut, au milieu du Ier siècle, le plus important centre de production de céramique de l’Empire romain. Ses ateliers ont supplanté ceux d’Italie et diffusé leurs produits dans tout l’Occident. Le site conserve un très grand four, des maisons d’artisans et un temple, et des inscriptions gravées font entrer dans la vie des potiers.

Où voir les poteries trouvées à La Graufesenque ?

Au musée municipal de Millau, qui présente de très beaux vases sigillés, mais aussi au musée Fenaille de Rodez, qui conserve notamment des plats gravés d’inscriptions cursives. Sur le site lui-même, on découvre surtout les structures : fours, ateliers, maisons et temple.

À quelle époque les ateliers étaient-ils actifs ?

Les ateliers ont fonctionné du Ier au IIIe siècle de notre ère. L’âge d’or se situe vers le milieu du Ier siècle, quand la qualité est maximale. Puis l’épuisement des gisements et la concurrence d’autres ateliers, comme ceux de Lezoux, ont mis fin à la suprématie de La Graufesenque.

Sources : Wikipédia : La Graufesenque (CC BY-SA, faits vérifiés et reformulés) · Wikidata Q677814 (CC0) · Météo-France, données climatologiques mensuelles (Licence Ouverte) · Insee via geo.api.gouv.fr (Licence Ouverte) pour les villes proches. Photos : Wikimedia Commons, auteurs et licences indiqués sur chaque image.

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