Niaux est l’un des sanctuaires les mieux conservés des Pyrénées. Le bestiaire du Salon noir, dominé par les bisons (une cinquantaine de figures), puis les chevaux et les bouquetins, a été peint pour l’essentiel en noir, avec du charbon de bois ou du dioxyde de manganèse. Quelques touches rouges, à base d’hématite, complètent l’ensemble, ainsi que de nombreux signes : points et traits isolés ou associés aux animaux.
Ce qui frappe, c’est la distance. Les artistes ont marché plus de 700 mètres sous terre avant de peindre, alors que la grotte n’a livré aucun reste d’habitat. Aucune peinture n’orne l’entrée. Le lieu semble donc avoir été choisi pour lui-même, et non pour y vivre. Des empreintes de pas, parfois de pieds d’enfants, s’y sont même conservées sur le sol argileux.
Les chercheurs débattent toujours de la signification de ces images : magie de chasse, rencontres avec le monde des esprits, récit des origines du vivant. Le visiteur n’a pas à trancher. Face aux parois, il mesure surtout la maîtrise du trait, la manière dont les animaux épousent les reliefs de la roche et semblent flotter dans la pénombre, sans aucun décor de paysage autour d’eux.