Rouffignac mérite son surnom de grotte aux cent mammouths. Les parois portent plus de deux cent cinquante gravures et dessins au trait, dont 158 mammouths, accompagnés de rhinocéros laineux, de bisons, de chevaux et de bouquetins. Les traits sont creusés en profondeur ou tracés en noir, auxquels s’ajoutent quelques silhouettes humaines et des signes en forme de toit, les tectiformes. Cette grande densité de mammouths, animal emblématique des steppes froides, est l’une des particularités de la grotte.
Les chercheurs y ont découvert des détails étonnants. Le manganèse employé pour les traits noirs vient de Romanèche, en Saône-et-Loire, à environ 450 kilomètres. Des griffades et des bauges laissées par des ours des cavernes précèdent l’intervention humaine. Plus récemment, l’étude de tracés faits au doigt, dans la molle croûte d’argile des parois, a mis en évidence la présence d’enfants dans les galeries, qui ont laissé leurs propres signes, dont des tectiformes.
La grotte est connue depuis des siècles : François de Belleforest la décrit en 1575 et, au XVIIIe siècle, des visiteurs y laissent leurs graffitis. Mais l’ancienneté de ses œuvres n’est reconnue qu’après une vive controverse en 1956, tranchée en septembre de cette année par les expertises d’Henri Breuil, Paolo Graziosi et Martin Almagro. Ouverte au public depuis 1959, elle a accueilli environ 65 000 personnes en 2022.