Font-de-Gaume est l’un des quinze sites de la vallée de la Vézère classés à l’UNESCO en 1979 pour leurs vestiges préhistoriques et leurs grottes ornées. Sa singularité tient à la polychromie : du noir et du rouge, parfois combinés à des gravures, posés au tampon ou soufflés sur la roche pour créer volumes et nuances. Le bestiaire est varié : bisons, chevaux, aurochs, mammouths, plusieurs rennes, et plus rarement un lion et un loup. S’y ajoutent des signes géométriques, quadrilatères, signes en X et tectiformes.
Sur la paroi gauche, la scène des deux rennes affrontés retient toujours l’attention. L’un, debout, porte de grands bois bruns et paraît lécher le front de l’autre, agenouillé, aux petits bois rouges. Les interprétations divergent, certains y voyant une parade amoureuse. Les datations évoluent aussi : on rattachait l’ensemble au Magdalénien, vers 18 000 à 16 000 ans, mais une étude de 2026, fondée sur du charbon, place un bison vers 13 500 à 13 100 ans et les lèvres d’un masque vers 16 000 à 14 000 ans.
La fragilité des lieux explique l’organisation de la visite. La grotte était connue des habitants bien avant 1901 : les enfants du pays y jouaient, d’où quelques graffitis sur des peintures. Elle a reçu jusqu’à mille ou deux mille personnes par jour avant que la fréquentation soit ramenée à 78 personnes quotidiennes depuis 2013. La température monte durant les visites, et la cavité doit pouvoir récupérer la nuit : ce plafond a été choisi pour maintenir cet équilibre, et les œuvres sont aujourd’hui dans un état stable.