La salle des gravures
Le couloir principal mesure une quinzaine de mètres. C’est à l’endroit où il s’élargit, sous une cheminée, que se concentre l’essentiel du décor : chevaux, mammouth, bouquetins, bisons et cervidés, gravés dans la roche.

La seule grotte ornée de Gironde, où des gravures de chevaux, de mammouths et d’un cerf géant ont convaincu les savants.
À Prignac-et-Marcamps, au nord de Bordeaux, Pair-non-Pair est une cavité en forme de couloir, creusée dans le calcaire au cœur d’un bois. On y découvre des gravures de chevaux, de mammouths, de bisons et de bouquetins, tracées par des Aurignaciens il y a plus de 32 000 ans. Découverte en 1881, elle a pesé dans la reconnaissance de l’art préhistorique. La visite, guidée et en petit nombre, se fait dans la grotte authentique.
Lorsqu’un érudit autodidacte, François Daleau, découvre la cavité le 6 mars 1881, les savants se demandent encore si les hommes préhistoriques ont réellement créé de l’art. Les gravures de Pair-non-Pair, longtemps enfouies sous des dépôts archéologiques dont l’âge est établi, apportent la réponse sans appel : elles sont antérieures au Solutréen, donc très anciennes. La grotte, l’une des toutes premières cavités ornées mises au jour après Altamira et la grotte Chabot, contribue ainsi à faire admettre l’art préhistorique.
Les parois portent des bouquetins, des mammouths, des bisons, des chevaux et des cerfs. Parmi les pièces les plus remarquables figurent un mégalocéros, ce cerf géant dont on connaît une quarantaine de représentations dans l’art paléolithique européen, un immense cheval de 2,50 m et deux chevaux qui retournent la tête, dont l’« Agnus dei », saisis en plein mouvement. Ces figures, tracées dans la pierre, composent un bestiaire varié, d’une grande finesse.
La grotte a aussi servi d’habitat : les occupants s’y succèdent depuis le Moustérien, voilà plus de 80 millénaires, jusqu’à l’abandon de la cavité à la fin du Gravettien, lorsque les dépôts ne laissent plus de place. Daleau y a recensé plus de 15 000 outils de silex, d’os et d’ivoire, ainsi qu’une pendeloque en forme de cyprée et une flûte façonnée dans un os de gypaète barbu.
Le couloir principal mesure une quinzaine de mètres. C’est à l’endroit où il s’élargit, sous une cheminée, que se concentre l’essentiel du décor : chevaux, mammouth, bouquetins, bisons et cervidés, gravés dans la roche.
La roche est rugueuse, creusée de petites cavités et pleine de fossiles. Sans concrétion pour masquer la roche, les gravures s’inscrivent sur un calcaire à astéries d’aspect brut, très ancien.
Le bâtiment d’accueil, ouvert en 2008, présente derrière des cloisons-vitrines des outils de pierre et d’os, ainsi que des restes de faune issus du site et de ses abords. Il prépare bien à la visite de la grotte.
Pour protéger les œuvres, la fréquentation est plafonnée de façon stricte. La visite se fait avec un guide, sur réservation, ce qui permet d’observer chaque gravure et de poser ses questions.
Dans la vallée du Moron, en Gironde, la grotte s’ouvre côté nord-ouest de la commune de Prignac-et-Marcamps, à environ 200 mètres de la route départementale 669. Elle s’ouvre dans un modeste massif calcaire couvert de bois, à peu de distance de la Dordogne. Bordeaux est à environ 23 km à vol d’oiseau, vers le sud : on s’y rend surtout en voiture.
La grotte est ouverte toute l’année, en général sauf un jour par semaine, et la visite se fait sur réservation. De mai à septembre, les après-midi sont agréables, de 22 à 27 °C, et la fraîcheur du site devient un atout en plein été. D’octobre à février, la pluie est fréquente, ce qui reste sans conséquence pour une visite en grande partie abritée.
Mois conseillésValeur : température maximale moyenne
Le meilleur moment : Réservez à l’avance, surtout en été et en vacances scolaires : les places sont comptées. Choisissez un créneau tôt dans la journée pour profiter ensuite de la région.
Normales 1991-2020, Météo-France (Licence Ouverte), stations St Gervais (3 km), Bordeaux-Merignac (28 km).
Prévisions MET Norway (api.met.no, CC BY 4.0), mises à jour chaque jour.
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Autres hébergements : données © les contributeurs d’OpenStreetMap (ODbL), établissements disposant d’un site web, distances à vol d’oiseau.

Oui. Pour protéger les gravures, la fréquentation est plafonnée et il faut réserver. Le site accueille le public toute l’année, avec en général un jour de fermeture par semaine. Pour les horaires, les tarifs et les créneaux disponibles, consultez le site officiel.
On visite la grotte authentique, propriété de l’État, et non une réplique. C’est ce qui la distingue d’autres sites ornés célèbres. L’accueil, aménagé dans un bâtiment contemporain, sert de lieu d’interprétation, avec des vitrines présentant des vestiges issus du site.
Les gravures, d’abord rehaussées de couleur, sont attribuées à l’Aurignacien, soit il y a environ 32 000 à 37 000 ans. Des dépôts archéologiques les recouvraient, ce qui atteste leur grande ancienneté. La grotte était déjà fréquentée bien plus tôt, au Moustérien, voilà plus de 80 millénaires.
Un acte notarié de 1667 mentionne un terrain appelé « Penot père », d’après une famille dont on ne sait plus rien. Sur les cartes dressées vers la fin du XVIIIe siècle, le lieu s’écrit « Penotpair », puis le nom a peu à peu dérivé vers « Pair-non-Pair ».
Sources : Wikipédia : Grotte de Pair-non-Pair (CC BY-SA, faits vérifiés et reformulés) · Wikidata Q1643799 (CC0) · Météo-France, données climatologiques mensuelles (Licence Ouverte) · Insee via geo.api.gouv.fr (Licence Ouverte) pour les villes proches. Photos : Wikimedia Commons, auteurs et licences indiqués sur chaque image.

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