Aller au contenu
Entrée de la grotte de Pair-non-Pair à Prignac-et-Marcamps, en Gironde
  • Préhistoire
  • Monument historique

Grotte de Pair-non-Pair

La seule grotte ornée de Gironde, où des gravures de chevaux, de mammouths et d’un cerf géant ont convaincu les savants.

Photo : Xabi Rome-Hérault, CC BY 3.0

À Prignac-et-Marcamps, au nord de Bordeaux, Pair-non-Pair est une cavité en forme de couloir, creusée dans le calcaire au cœur d’un bois. On y découvre des gravures de chevaux, de mammouths, de bisons et de bouquetins, tracées par des Aurignaciens il y a plus de 32 000 ans. Découverte en 1881, elle a pesé dans la reconnaissance de l’art préhistorique. La visite, guidée et en petit nombre, se fait dans la grotte authentique.

  • Passionnés d’histoire
  • Par temps de pluie
  • Quand il fait chaud
  • En couple

Pourquoi ce site est remarquable

Lorsqu’un érudit autodidacte, François Daleau, découvre la cavité le 6 mars 1881, les savants se demandent encore si les hommes préhistoriques ont réellement créé de l’art. Les gravures de Pair-non-Pair, longtemps enfouies sous des dépôts archéologiques dont l’âge est établi, apportent la réponse sans appel : elles sont antérieures au Solutréen, donc très anciennes. La grotte, l’une des toutes premières cavités ornées mises au jour après Altamira et la grotte Chabot, contribue ainsi à faire admettre l’art préhistorique.

Les parois portent des bouquetins, des mammouths, des bisons, des chevaux et des cerfs. Parmi les pièces les plus remarquables figurent un mégalocéros, ce cerf géant dont on connaît une quarantaine de représentations dans l’art paléolithique européen, un immense cheval de 2,50 m et deux chevaux qui retournent la tête, dont l’« Agnus dei », saisis en plein mouvement. Ces figures, tracées dans la pierre, composent un bestiaire varié, d’une grande finesse.

La grotte a aussi servi d’habitat : les occupants s’y succèdent depuis le Moustérien, voilà plus de 80 millénaires, jusqu’à l’abandon de la cavité à la fin du Gravettien, lorsque les dépôts ne laissent plus de place. Daleau y a recensé plus de 15 000 outils de silex, d’os et d’ivoire, ainsi qu’une pendeloque en forme de cyprée et une flûte façonnée dans un os de gypaète barbu.

Ce qu’il y a à découvrir

La salle des gravures

Le couloir principal mesure une quinzaine de mètres. C’est à l’endroit où il s’élargit, sous une cheminée, que se concentre l’essentiel du décor : chevaux, mammouth, bouquetins, bisons et cervidés, gravés dans la roche.

Les parois fossilifères

La roche est rugueuse, creusée de petites cavités et pleine de fossiles. Sans concrétion pour masquer la roche, les gravures s’inscrivent sur un calcaire à astéries d’aspect brut, très ancien.

Le lieu d’interprétation

Le bâtiment d’accueil, ouvert en 2008, présente derrière des cloisons-vitrines des outils de pierre et d’os, ainsi que des restes de faune issus du site et de ses abords. Il prépare bien à la visite de la grotte.

Une visite en petits groupes

Pour protéger les œuvres, la fréquentation est plafonnée de façon stricte. La visite se fait avec un guide, sur réservation, ce qui permet d’observer chaque gravure et de poser ses questions.

Le saviez-vous ?

  1. Un acte de 1667 évoque la vente d’un terrain dit « Penot père » ; au fil des siècles, cette appellation a dérivé jusqu’à devenir « Pair-non-Pair ».
  2. Selon la légende, un animal, brebis ou vache selon les versions, aurait coincé sa patte dans une ouverture et révélé la grotte.
  3. Pair-non-Pair a ouvert la voie : premier achat d’une grotte par l’État français, premier classement d’une grotte parmi les monuments historiques, le 20 décembre 1900.
  4. La flûte de la grotte provient d’un os de gypaète barbu, un oiseau absent de la région à l’époque : un indice du mode de vie nomade de ses occupants.
  5. Chaque année, de petits échantillons de la paroi sont prélevés pour mesurer les effets de la fréquentation sur la grotte.

Situation

Dans la vallée du Moron, en Gironde, la grotte s’ouvre côté nord-ouest de la commune de Prignac-et-Marcamps, à environ 200 mètres de la route départementale 669. Elle s’ouvre dans un modeste massif calcaire couvert de bois, à peu de distance de la Dordogne. Bordeaux est à environ 23 km à vol d’oiseau, vers le sud : on s’y rend surtout en voiture.

Quand venir

La grotte est ouverte toute l’année, en général sauf un jour par semaine, et la visite se fait sur réservation. De mai à septembre, les après-midi sont agréables, de 22 à 27 °C, et la fraîcheur du site devient un atout en plein été. D’octobre à février, la pluie est fréquente, ce qui reste sans conséquence pour une visite en grande partie abritée.

  • Janv10°
  • Févr12°
  • Mars15°
  • Avr18°
  • Mai22° : conseillé
  • Juin25° : conseillé
  • Juil27° : conseillé
  • Août28° : conseillé
  • Sept24° : conseillé
  • Oct20°
  • Nov14°
  • Déc11°

Mois conseillésValeur : température maximale moyenne

Le meilleur moment : Réservez à l’avance, surtout en été et en vacances scolaires : les places sont comptées. Choisissez un créneau tôt dans la journée pour profiter ensuite de la région.

10°4°janv12°3°févr15°5°mars18°8°avr22°11°mai25°14°juin27°16°juil28°15°août24°12°sept20°10°oct14°6°nov11°4°déc
Températures moyennes (mini → maxi)Précipitations
28 °Cmaximales moyennes en août
3 °Cminimales moyennes en février
819 mmde pluie par an
122 joursde pluie (≥ 1 mm) par an
2070 hd’ensoleillement par an

Normales 1991-2020, Météo-France (Licence Ouverte), stations St Gervais (3 km), Bordeaux-Merignac (28 km).

Météo des prochains jours

  • mar. 20Éclaircies
    16° / 9°
    0,0 mm
  • mer. 21Averses
    16° / 10°
    13,2 mm
  • jeu. 22Pluie
    16° / 10°
    2,9 mm
  • ven. 23Beau temps
    16° / 12°
    3,4 mm

Prévisions MET Norway (api.met.no, CC BY 4.0), mises à jour chaque jour.

Nos conseils pour la visite

  • Réservez votre créneau avant de vous déplacer : l’accès sans réservation n’est pas prévu.
  • Vérifiez le jour de fermeture hebdomadaire de la grotte, qui varie selon la période.
  • Habillez-vous en fonction de la fraîcheur de la cavité, même en été.
  • Ne touchez pas les parois : les gravures sont fragiles et surveillées de près.

Où dormir à proximité

Autres hébergements : données © les contributeurs d’OpenStreetMap (ODbL), établissements disposant d’un site web, distances à vol d’oiseau.

En images

Gravure de mammouth sur la paroi de la grotte de Pair-non-Pair
Gravure de mammouth sur la paroi de la grotte de Pair-non-Pair — Xabi Rome-Hérault, CC BY 3.0

Questions fréquentes

Faut-il réserver pour visiter Pair-non-Pair ?

Oui. Pour protéger les gravures, la fréquentation est plafonnée et il faut réserver. Le site accueille le public toute l’année, avec en général un jour de fermeture par semaine. Pour les horaires, les tarifs et les créneaux disponibles, consultez le site officiel.

Visite-t-on la vraie grotte ou une copie ?

On visite la grotte authentique, propriété de l’État, et non une réplique. C’est ce qui la distingue d’autres sites ornés célèbres. L’accueil, aménagé dans un bâtiment contemporain, sert de lieu d’interprétation, avec des vitrines présentant des vestiges issus du site.

Quel âge ont les gravures de Pair-non-Pair ?

Les gravures, d’abord rehaussées de couleur, sont attribuées à l’Aurignacien, soit il y a environ 32 000 à 37 000 ans. Des dépôts archéologiques les recouvraient, ce qui atteste leur grande ancienneté. La grotte était déjà fréquentée bien plus tôt, au Moustérien, voilà plus de 80 millénaires.

D’où vient le nom de Pair-non-Pair ?

Un acte notarié de 1667 mentionne un terrain appelé « Penot père », d’après une famille dont on ne sait plus rien. Sur les cartes dressées vers la fin du XVIIIe siècle, le lieu s’écrit « Penotpair », puis le nom a peu à peu dérivé vers « Pair-non-Pair ».

Sources : Wikipédia : Grotte de Pair-non-Pair (CC BY-SA, faits vérifiés et reformulés) · Wikidata Q1643799 (CC0) · Météo-France, données climatologiques mensuelles (Licence Ouverte) · Insee via geo.api.gouv.fr (Licence Ouverte) pour les villes proches. Photos : Wikimedia Commons, auteurs et licences indiqués sur chaque image.

Dans les environs

Sites archéologiques à proximité

  • Porte monumentale et arcades du palais Gallien à Bordeaux, en pierre et brique, sous un ciel bleuGaule romaine

    Palais Gallien, Bordeaux

    Bordeaux (33)

    Les arcades d’un amphithéâtre romain de 22 000 places, cachées entre les immeubles du quartier Fondaudège.

    à 22 km
  • Ruines des thermes gallo-romains du Fâ à Barzan, avec salle chaude et murs de pierreGaule romaine

    Site gallo-romain du Fâ, Barzan

    Barzan (17)

    Sur l’estuaire de la Gironde, une ville portuaire gallo-romaine de 140 hectares, repérée grâce à la sécheresse de 1975.

    à 62 km
  • Vue d'ensemble de l'arène et des gradins de l'amphithéâtre romain de SaintesGaule romaine

    Amphithéâtre de Saintes

    Saintes (17)

    Un amphithéâtre romain niché dans un vallon, face à la Charente, qui pouvait accueillir jusqu’à 15 000 spectateurs.

    à 79 km
  • La tour de Vésone, vestige du temple de la déesse Vesunna, entourée de feuillages à PérigueuxGaule romaine

    Vesunna, Périgueux

    Périgueux (24)

    La capitale gallo-romaine des Pétrocores, avec sa grande tour de temple et son site-musée, au sud de Périgueux.

    à 97 km
  • Le dolmen d'Ors avec, en arrière-plan, le fort Louvois et le pont de l'île d'OléronMégalithes et Néolithique

    Dolmen d’Ors, île d’Oléron

    Le Château-d'Oléron (17)

    Une grande dalle ronde brisée en deux, dernier vestige d’un tombeau collectif néolithique au bord de la mer.

    à 107 km
  • Le petit cheval de Villars, emblème de la grotte, peint à l'oxyde de manganèse sur la paroiPréhistoire

    Grotte de Villars

    Villars (24)

    Dans le Périgord vert, une grotte ornée à l’écart de la Vézère, où un petit cheval peint au manganèse fait office d’emblème.

    à 110 km