La grotte Chauvet compte parmi les plus anciennes grottes ornées connues. Les datations directes au carbone 14, complétées par d’autres méthodes, situent les peintures et gravures à l’Aurignacien, entre 37 000 et 33 500 ans avant le présent. Pourtant, leur maîtrise surprend : parois raclées avant le dessin, contours cernés, estompes obtenues au doigt, gravures, techniques combinées. Ces œuvres ont bousculé l’idée d’un art préhistorique qui aurait progressé lentement, par étapes, du simple vers le complexe.
Le bestiaire est inhabituel. Sur 447 représentations animales, dont 355 identifiées avec certitude, dominent les félins, les mammouths et les rhinocéros laineux, bien plus nombreux que chevaux et bisons, favoris des grottes plus récentes. Les animaux redoutables forment plus des deux tiers du répertoire déterminé. S’y ajoutent des mains, des points, des signes et une composition célèbre, le « Sorcier » et la « Vénus », où une figure à tête de bison côtoie une silhouette féminine.
La grotte doit sa conservation à un accident de l’histoire : son entrée s’est effondrée à plusieurs reprises avant de se fermer pour de bon voilà au moins 21 500 ans. Elle est ainsi restée close, intacte, jusqu’à sa découverte en 1994. Aujourd’hui, un service dédié la protège, et l’accès se limite à une centaine de personnes par an, chercheurs et invités, qui circulent sur des passerelles amovibles par petits groupes.