Le Villard fait figure de rescapé : tous ses voisins alpins ont été démolis au XIXe siècle. Sa découverte revient à David Martin, enseignant à Gap, et Gabriel de Mortillet l’a signalé en 1894. Orienté nord-sud, il évoque les dolmens dits « alpins », mais sa porte côté ouest et son plan d’ensemble le font plutôt ranger parmi les dolmens provençaux. Il est classé monument historique depuis 1900.
L’architecture reste lisible. La chambre, de plan rectangulaire, est bordée de six grandes dalles dressées d’environ 1,50 m de haut et coiffée d’une unique dalle triangulaire de deux mètres de long. L’accès, très bas, était fermé par une dalle trapézoïdale, derrière laquelle s’étire un couloir de 1,50 m. Du tumulus de gros blocs, seul le côté ouest a survécu ; le reste a été démonté pour libérer des champs.
Les fouilles menées par Gérard Sauzade de 1980 à 1983 ont montré que le monument servait de tombe collective : la chambre a abrité les défunts d’une vingtaine de personnes, parmi lesquelles plusieurs enfants. Elles ont aussi livré des céramiques, un poignard de cuivre, un brassard d’archer et des perles. Le monument a servi de nouveau à l’âge du bronze, et il avait été élevé sur une zone brûlée de 9 à 10 mètres de diamètre.