Le site du mont Bégo est le plus vaste ensemble d’art rupestre de France. On y a compté environ 36 000 gravures piquetées, dont 20 000 figuratives, réparties sur 4 200 roches. En ajoutant les gravures incisées, moins étudiées, on pourrait approcher les 100 000 figures. Elles se trouvent dans plusieurs vallées : Merveilles, Fontanalbe, Valmasque, Valaurette, Sabion et Sainte-Marie.
Les thèmes sont répétitifs et déroutants : des corniformes, ces figures à cornes que l’on rattache aux bovins, des armes (poignards, hallebardes, haches), des réticulés évoquant des enclos ou des champs, des araires attelées et quelques silhouettes humaines. Les chercheurs y voient des signes religieux liés à l’agriculture et à l’élevage. Le mont Bégo serait une montagne divinisée, protectrice par ses eaux, redoutable par ses orages.
Les gravures sont repérées depuis la fin du XVIIe siècle, mais leur étude méthodique commence plus tard. Clarence Bicknell les étudie dès 1897 ; le sculpteur Carlo Conti poursuit entre 1927 et 1942 ; les équipes d’Henry de Lumley en font ensuite un relevé systématique depuis 1967. Le site, classé parmi les monuments historiques, fait partie du parc national du Mercantour : on le visite avec respect, en suivant les règles de protection.