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Chantier de fouilles de sauvetage de Terra Amata à Nice en 1966
  • Préhistoire

Terra Amata, Nice

En plein Nice, le campement de chasseurs de la plage où l’on a retrouvé l’un des plus anciens foyers d’Europe.

Photo : Oscar Rapaz, CC BY-SA 4.0

Sur le flanc du mont Boron, à Nice, des chasseurs nomades dressaient autrefois des huttes ovales sur une plage et allumaient des feux dans de petites cuvettes de sable. Retrouvées lors d’un chantier de sauvetage en 1966, ces traces ont fait de Terra Amata un site de référence pour l’histoire du feu et de l’habitat. Un musée, installé au rez-de-chaussée d’un immeuble, présente aujourd’hui ces découvertes et la vie des tout premiers Niçois.

  • En famille
  • Avec des enfants
  • Passionnés d’histoire
  • Par temps de pluie

Pourquoi ce site est remarquable

Terra Amata est un campement de plein air, au bord d’une crique orientée au sud et abritée des vents d’est, près d’une petite source. Les fouilleurs y ont reconnu vingt-et-une habitations ovales, longues de neuf à seize mètres, bâties avec des piquets et des branchages, calées par des blocs de pierre. Dans chacune, un foyer central, un coin de taille des outils et des couches de peaux : c’est un véritable plan de village préhistorique.

Le site compte parmi les plus anciennes preuves incontestables de maîtrise du feu en Europe. Les foyers sont de simples trous dans le sable, de trente centimètres de diamètre, abrités par un muret, et entretenus avec des branches, des herbes marines et des feuilles de posidonie. Les occupants chauffaient aussi de la goethite jaune pour fabriquer des crayons rouges, qui leur servaient probablement à se peindre la peau.

L’interprétation du site reste toutefois débattue. Henry de Lumley y voit des huttes superposées sur une plage fossile, datant d’environ 380 000 ans. Paola Villa, de son côté, juge ces structures discutables et propose un âge plus récent, d’environ 230 000 ans. Cette controverse scientifique fait d’ailleurs partie de l’intérêt de la visite : elle montre comment les archéologues confrontent les preuves.

Ce qu’il y a à découvrir

Le musée de Préhistoire

Ouvert en 1976 au rez-de-chaussée d’un immeuble, il fut l’un des premiers musées de site consacrés à la Préhistoire. Sa muséographie, renouvelée en 2016, propose un parcours interactif sur la vie des premiers Niçois et sur la domestication du feu.

Les huttes de la plage

Piquets taillés en biseau, blocs de pierre, sol empierré ou couvert de peaux : le musée explique comment étaient bâties ces habitations ovales et comment elles étaient reconstruites, séjour après séjour, au même endroit.

Galets taillés et pics

Les outils de Terra Amata sont surtout taillés dans des galets de la plage : galets aménagés, quelques bifaces, pics triédriques. Cet outillage particulier a donné naissance à l’expression « pics de Terra Amata ».

Le feu des premiers Niçois

Au cœur de chaque hutte, un foyer entouré d’un muret de pierres chauffait ses occupants et cuisait leur nourriture. Les températures atteignaient souvent environ 350 degrés, selon les études menées sur le site.

Éléphants et cerfs de la côte

Ces chasseurs prélevaient surtout des éléphants antiques et des cerfs, et plus rarement des sangliers, des aurochs ou des tahrs. Ils passaient quelques jours sur place avant de repartir suivre le gibier.

Le saviez-vous ?

  1. Terra Amata signifie « Terre aimée » ; c’est aussi le nom de l’impasse où le chantier a été repéré en 1965.
  2. En 1965, un chantier d’immeuble a été interrompu en août ; cette pause a permis à un jeune Henry de Lumley de relever la stratigraphie et de repérer le site.
  3. Les fouilles de sauvetage devaient durer un mois, puis elles ont été prolongées à plusieurs reprises, du 28 janvier au 5 juillet 1966.
  4. Les occupants brûlaient des herbes marines et des feuilles de posidonie, une plante de Méditerranée, en plus du bois de pin et de sapin descendu par le Paillon.
  5. La Ville de Nice a racheté le rez-de-chaussée de l’immeuble pour y installer le musée, inauguré le 17 septembre 1976.

Situation

Terra Amata se trouve au pied du mont Boron, dans l’est de Nice, à 26 mètres d’altitude : c’était alors le bord de mer, aujourd’hui un peu en retrait. Le musée occupe le rez-de-chaussée d’un immeuble du boulevard Carnot, l’ancienne route de Villefranche, qui longe la mer. Le quartier est urbain : privilégiez la marche ou les transports en commun depuis le centre.

Quand venir

Le musée se visite toute l’année, à l’abri de la chaleur comme de la pluie. Le printemps et le début de l’automne permettent de combiner la visite avec la promenade sur le mont Boron ou le front de mer, sans la foule de l’été. D’octobre à novembre, les pluies sont fortes : c’est alors une bonne visite de repli.

  • Janv13°
  • Févr14°
  • Mars15°
  • Avr17° : conseillé
  • Mai21° : conseillé
  • Juin25° : conseillé
  • Juil28°
  • Août28°
  • Sept25° : conseillé
  • Oct21° : conseillé
  • Nov17°
  • Déc14°

Mois conseillésValeur : température maximale moyenne

Le meilleur moment : Le matin, pour une visite calme avant la fréquentation de l’après-midi, ou lors d’une journée de pluie pour une pause hors des rues de Nice.

13°6°janv14°6°févr15°8°mars17°11°avr21°14°mai25°18°juin28°21°juil28°21°août25°18°sept21°14°oct17°10°nov14°7°déc
Températures moyennes (mini → maxi)Précipitations
28 °Cmaximales moyennes en août
6 °Cminimales moyennes en janvier
838 mmde pluie par an
67 joursde pluie (≥ 1 mm) par an
2760 hd’ensoleillement par an

Normales 1991-2020, Météo-France (Licence Ouverte), stations Nice (8 km), Nice-Col (1,7 km).

Météo des prochains jours

  • mar. 20Pluie
    18° / 15°
    62,9 mm
  • mer. 21Ensoleillé
    22° / 15°
    3,3 mm
  • jeu. 22Ensoleillé
    18° / 10°
    0,0 mm
  • ven. 23Ensoleillé
    20° / 13°
    0,2 mm

Prévisions MET Norway (api.met.no, CC BY 4.0), mises à jour chaque jour.

Nos conseils pour la visite

  • Visitez le musée avant de vous promener sur le mont Boron : vous saurez ce que vous regardez en contemplant la côte.
  • Prévoyez environ une heure : la visite est courte et se combine facilement avec Nice.
  • Profitez d’un jour de pluie ou de grosse chaleur : la visite se fait à l’abri.
  • Horaires et tarifs à vérifier sur le site officiel avant de partir.

Où dormir à proximité

Autres hébergements : données © les contributeurs d’OpenStreetMap (ODbL), établissements disposant d’un site web, distances à vol d’oiseau.

Questions fréquentes

Que voit-on à Terra Amata ?

Le terrain fouillé en 1966 est aujourd’hui occupé par un immeuble. Son rez-de-chaussée abrite le musée de Préhistoire de Terra Amata présente les découvertes, les outils, les reconstitutions des huttes et l’histoire de la domestication du feu, avec un parcours interactif rénové en 2016.

Quel âge a Terra Amata ?

Les scientifiques ne sont pas tous d’accord. La datation par résonance de spin électronique donne environ 380 000 ans, date que plusieurs spécialistes jugent plus vraisemblable au vu des outils et de la faune. D’autres méthodes, comme la thermoluminescence, ont donné 230 000 ans. Le débat reste ouvert.

Y avait-il vraiment des huttes ?

Henry de Lumley a reconnu vingt-et-une habitations légères sur la plage, appuyées sur des piquets et des pierres. Paola Villa, elle, juge que la préservation du site a été surestimée et que cette interprétation est discutable. Le musée présente l’hypothèse des huttes en rappelant ce débat entre chercheurs.

Pourquoi le feu est-il important ici ?

Les foyers de Terra Amata comptent parmi les plus anciens foyers indiscutables d’Europe, ce qui en fait un témoin de la domestication du feu. Ils prouvent que ces chasseurs allumaient, entretenaient et utilisaient le feu pour la cuisson, la chaleur et probablement la préparation de pigments.

Sources : Wikipédia : Terra Amata (CC BY-SA, faits vérifiés et reformulés) · Wikidata Q1857046 (CC0) · Météo-France, données climatologiques mensuelles (Licence Ouverte) · Insee via geo.api.gouv.fr (Licence Ouverte) pour les villes proches. Photos : Wikimedia Commons, auteurs et licences indiqués sur chaque image.

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