Terra Amata est un campement de plein air, au bord d’une crique orientée au sud et abritée des vents d’est, près d’une petite source. Les fouilleurs y ont reconnu vingt-et-une habitations ovales, longues de neuf à seize mètres, bâties avec des piquets et des branchages, calées par des blocs de pierre. Dans chacune, un foyer central, un coin de taille des outils et des couches de peaux : c’est un véritable plan de village préhistorique.
Le site compte parmi les plus anciennes preuves incontestables de maîtrise du feu en Europe. Les foyers sont de simples trous dans le sable, de trente centimètres de diamètre, abrités par un muret, et entretenus avec des branches, des herbes marines et des feuilles de posidonie. Les occupants chauffaient aussi de la goethite jaune pour fabriquer des crayons rouges, qui leur servaient probablement à se peindre la peau.
L’interprétation du site reste toutefois débattue. Henry de Lumley y voit des huttes superposées sur une plage fossile, datant d’environ 380 000 ans. Paola Villa, de son côté, juge ces structures discutables et propose un âge plus récent, d’environ 230 000 ans. Cette controverse scientifique fait d’ailleurs partie de l’intérêt de la visite : elle montre comment les archéologues confrontent les preuves.