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Dans les collines du nord-ouest du Maroc, les fouilles du site d’Oued Beht mettent au jour une construction défensive vieille d’environ 4 000 à 3 500 ans. Selon une étude publiée dans la revue Libyan Studies et relayée par ScienceDaily, ce mur est la plus ancienne grande construction de ce type connue au Maghreb hors de la vallée du Nil, et il oblige à revoir l’image des sociétés nord-africaines de la fin de la préhistoire.
Un vaste site préhistorique au Maroc
Le site d’Oued Beht, qui doit son nom à la rivière qui coule au pied de la crête, s’étend sur au moins dix hectares. Pendant longtemps, la préhistoire récente du Maghreb, qui regroupe le Maroc, l’Algérie et la Tunisie, a été mal connue, les données archéologiques étant fragmentaires comparées à celles de la péninsule Ibérique ou de la Grèce.
Les travaux récents ont changé la donne. Les premières grandes phases d’occupation remontent au milieu du IVe millénaire et au début du IIIe millénaire avant notre ère, à la fin du Néolithique. Les restes végétaux et animaux indiquent une communauté agricole cultivant orge et blé, complétée par la cueillette et l’élevage.
Un artisanat de la pierre et de la céramique
Le site fut aussi un centre de production artisanale important. Les archéologues y ont recueilli des milliers de haches et d’outils en pierre polie, ainsi que des poteries finement façonnées, parfois ornées de motifs peints.
Il reste incertain si Oued Beht était un village permanent, un centre saisonnier ou un autre type d’établissement. Il constituait en tout cas un foyer majeur du paysage du nord-ouest marocain.
Un mur et un fossé découverts en 2023
La présence de terrassements et de murs anciens avait été signalée dès les années 1930 par l’archéologue français Armand Ruhlmann, qui décrivit un éperon barré protégé par trois murs, le quatrième côté étant défendu par le rebord naturel de la crête. Leur nature et leur date restaient toutefois incertaines.
Les fouilles menées en 2023 ont précisé l’existence d’un ensemble fossé, rempart et mur, construit en plusieurs phases à travers une section étroite de la crête, entre la rivière et un ravin. Ce dispositif isolait et protégeait la pointe sud de la crête. Des datations au radiocarbone de dépôts associés ont permis de situer sa construction initiale à une époque comparable à l’âge du bronze de l’ouest du bassin méditerranéen.
À quoi servait cette fortification ?
Les chercheurs ne savent pas exactement quelles menaces ce dispositif devait contrer. Selon les auteurs de l’étude, il faut sans doute y voir la concurrence croissante pour la terre, les ressources et le contrôle des déplacements dans le paysage, plutôt que la crainte d’envahisseurs.
La construction d’un talus et d’un fossé suppose une planification et une mobilisation de main-d’œuvre, signe d’une communauté capable de conduire des chantiers complexes. Au fil du temps, l’habitat s’est déplacé vers la crête méridionale, plus étroite et plus facile à défendre.
Des liens avec la Méditerranée occidentale
Le IIe millénaire avant notre ère est une période dynamique en Méditerranée. Dans le sud de l’Espagne, la culture argarique (vers 2200-1550 avant notre ère) développait des habitats fortifiés, une métallurgie du bronze et des hiérarchies sociales visibles dans les sépultures.
Les découvertes d’Oued Beht suggèrent que les communautés du nord-ouest africain étaient reliées à ces réseaux plus larges, et que le Maghreb n’était pas isolé. La ridge fut même réoccupée au Moyen Âge, entre les XIe et XIIIe siècles de notre ère, avec la reconstruction du dispositif défensif, l’installation d’un hameau ou d’une ferme sur une colline voisine et un cimetière installé entre les deux.
Réécrire l’histoire du Maghreb
Ces découvertes montrent à quel point la profondeur historique de l’Afrique du Nord reste à explorer. Le mur révèle des communautés capables de coordonner de grands travaux et de transformations sociales encore tout juste perceptibles.
Pour les chercheurs, Oued Beht n’est pas un habitat à une seule époque, mais un paysage choisi à plusieurs reprises par différentes communautés sur plusieurs millénaires. La poursuite des recherches pourrait en faire un site clé pour comprendre l’évolution des sociétés du Maghreb, des premières communautés agricoles au monde rural médiéval.
Questions fréquentes
Où se trouve le site d’Oued Beht ?
Le site d’Oued Beht se trouve dans les collines du nord-ouest du Maroc, sur une crête dominant la rivière qui lui donne son nom. Il couvre au moins dix hectares et a livré des traces d’occupation de la fin du Néolithique jusqu’au Moyen Âge.
Quel est l’âge du mur défensif d’Oued Beht ?
Selon l’étude publiée dans Libyan Studies, le mur date d’environ 4 000 à 3 500 ans. Il est considéré comme la plus ancienne construction défensive confirmée d’Afrique du Nord en dehors de l’Égypte.
Pourquoi ce mur est-il important pour l’histoire du Maghreb ?
Il montre que les sociétés de la région étaient plus complexes et mieux organisées qu’on ne le pensait, capables de mener de grands chantiers collectifs. Il prouve aussi que le Maghreb participait aux échanges de la Méditerranée occidentale.
Qui a mené les fouilles d’Oued Beht ?
Les recherches sont conduites par le projet archéologique d’Oued Beht, dont les travaux de 2023 ont été décrits dans une étude scientifique. Les données présentées ici proviennent de cette publication, relayée par ScienceDaily.
Sources
Synthèse originale rédigée avec l’aide d’une intelligence artificielle à partir des sources citées, puis contrôlée automatiquement (longueur, reprises, sources). Les informations et citations appartiennent à leurs auteurs.


