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Fragments de céramique jōmon issus du site Aidani Kumahara, préfecture de Shiga, exposés au musée des sciences de Nagoya

Éruption du Kikai-Akahoya : comment les sociétés jōmon du Japon ont survécu au désastre volcanique

Photo : 雪野滾滾, CC0, Wikimedia Commons

MondePar la rédaction d’Archéo-Logis3 min de lecture

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Il y a environ 7 300 ans, l’éruption du Kikai-Akahoya a secoué l’archipel japonais, alors peuplé de communautés de chasseurs-cueilleurs jōmon. Une étude internationale dirigée par l’université de Lund, publiée dans la revue Science Advances, révèle que ses effets démographiques ont été loin d’être uniformes : certaines populations ont décliné, tandis que d’autres ont continué à croître après la catastrophe.

Une catastrophe aux effets longtemps débattus

Selon l’université de Lund, l’éruption a surgi du fond marin avec peu de signes avant-coureurs. Séismes puissants, tsunamis considérables et couches de cendres de plusieurs mètres ont frappé les îles japonaises, dans une période où les communautés jōmon vivaient de la chasse, de la pêche et de la cueillette.

Depuis des décennies, les archéologues débattent de l’ampleur du choc. Certains évoquent une « apocalypse » qui aurait mis fin à toute vie humaine près de l’épicentre, tandis que d’autres défendent la survie de populations locales, parfois proches de la zone touchée. Le débat portait donc moins sur l’existence de dégâts que sur leur étendue et leur durée.

Une méthode fondée sur les données démographiques

Les chercheurs ont examiné l’évolution des niveaux de population avant et après l’éruption, afin de dépasser le clivage entre effondrement total et continuité. Cette approche permet de distinguer les tendances régionales plutôt que de raisonner à l’échelle de l’archipel entier, ce qui explique la complexité des résultats.

Selon l’étude, dirigée par Enrico Crema, professeur à l’université de Cambridge, ni l’effondrement total ni la simple continuité ne rendent compte des données. Les populations ont bien décliné dans certaines zones, mais elles ont parfois augmenté ailleurs, traduisant des réponses démographiques divergentes.

Déclin au sud, croissance au nord de Kyushu

Dans le sud de Kyushu, les populations jōmon déclinaient déjà bien avant l’éruption. La région était peu peuplée et seulement fréquentée par des groupes très mobiles, si bien que la catastrophe a frappé un territoire déjà fragile.

Dans le nord de Kyushu, en revanche, la population a continué à croître pendant et après le désastre, malgré des dommages durables aux écosystèmes. Les auteurs avancent que des survivants, assimilables à des « réfugiés », ont quitté les zones les plus touchées pour se regrouper sur les littoraux du Nord, où les écosystèmes marins se sont rapidement reconstitués.

Adaptation aux ressources de la mer

Cette croissance aurait été accélérée par de nouvelles stratégies d’adaptation, centrées sur l’exploitation des abondantes ressources marines. Les survivants ont ainsi inventé de nouvelles formes d’économie et de liens sociaux, toujours selon l’étude publiée dans Science Advances.

Peter Jordan, professeur d’archéologie à l’université de Lund et auteur principal, souligne que les sociétés disposent toujours de marges de choix, même dans des situations extrêmes. Elles doivent s’adapter, coopérer et créer de nouveaux réseaux pour se rétablir, un enseignement qui dépasse largement le cas japonais.

Des effets lointains encore énigmatiques

Dans les régions plus éloignées du Japon, la population, en hausse avant l’éruption, a stagné, voire diminué après la catastrophe. Ces effets à distance n’avaient jamais été identifiés auparavant, selon les chercheurs.

Plusieurs hypothèses sont avancées : un changement climatique à court terme provoqué par l’éruption, une usure dentaire sévère chez les cerfs et sangliers dont dépendaient les Jōmon, probablement liée au broutage de paysages couverts de cendres, ou d’autres impacts volcaniques sur la santé humaine. Ces pistes restent à vérifier par de nouvelles recherches.

Questions fréquentes

Quand a eu lieu l’éruption du Kikai-Akahoya ?

Selon l’étude publiée dans Science Advances, l’éruption s’est produite il y a environ 7 300 ans, au milieu de l’Holocène. Elle a touché des communautés jōmon, qui vivaient alors de chasse, de pêche et de cueillette.

Qui étaient les Jōmon ?

Les Jōmon étaient des populations de chasseurs-cueilleurs installées au Japon pendant une très longue période préhistorique. Ils ont laissé une céramique reconnaissable à son décor, qui a donné son nom à cette culture.

L’éruption a-t-elle fait disparaître toute la population ?

Non, selon l’université de Lund, la réponse n’est pas une disparition totale. Les populations ont décliné dans certaines zones, mais ont augmenté dans le nord de Kyushu, où des survivants se sont regroupés sur les côtes.

Où voir des vestiges de la période jōmon ?

Les musées régionaux et les sites archéologiques japonais conservent de nombreux objets de la période jōmon, notamment de la céramique. Pour organiser une visite, il est conseillé de consulter les services culturels locaux.

Sources

Synthèse originale rédigée avec l’aide d’une intelligence artificielle à partir des sources citées, puis contrôlée automatiquement (longueur, reprises, sources). Les informations et citations appartiennent à leurs auteurs.

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