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Une étude d’ADN ancien menée sur le site néolithique de Gurgy « les Noisats », en Bourgogne, a permis de reconstituer deux grandes généalogies et de dresser le portrait d’une communauté du Néolithique moyen. Les données génomiques concernent la majorité des individus inhumés sur le site, dont l’une des généalogies couvre sept générations et rassemble 63 personnes. Les résultats sont présentés par la paléogénéticienne Maïté Rivollat, du laboratoire PACEA de Bordeaux, lors d’une conférence au PréhistoSite de Brassempouy.
Une étude génomique à grande échelle
Ces dernières années, les méthodes d’analyse de l’ADN ancien ont beaucoup progressé. Elles permettent désormais d’extraire des données génomiques pour plusieurs dizaines d’individus issus d’un même groupe humain, là où il était encore récemment exceptionnel d’en obtenir quelques-uns. L’ADN conservé dans les ossements anciens est pourtant fragmenté et souvent altéré, ce qui impose des protocoles rigoureux et des contrôles de contamination.
À Gurgy, l’étude a porté sur une large part des personnes inhumées dans le cimetière. Ce corpus rare offre une vision précise de la structure interne d’une communauté installée à la fin du Néolithique moyen, période où les sociétés agro-pastorales se stabilisent en Europe de l’Ouest et où les échanges entre groupes prennent de l’ampleur.
Deux généalogies et une filiation par les hommes
Les chercheurs ont reconstruit deux grandes généalogies à partir de ces données. La plus vaste s’étend sur sept générations et réunit 63 individus, ce qui en fait un des arbres de parenté les plus étendus jamais établis pour cette période. Les deux familles reposent sur une lignée paternelle unique, signe d’un système patrilinéaire dans lequel la filiation se transmet par les hommes.
Ce fonctionnement va de pair avec une résidence patrilocale : une fois unies, les femmes s’installent dans le groupe de leur époux. Les analyses mettent aussi en évidence une exogamie féminine, les épouses venant d’autres communautés. Fait notable, elles ne sont pas apparentées entre elles, ce qui laisse penser que les alliances matrimoniales s’inscrivaient dans un vaste réseau régional.
Des origines non locales dès les fondateurs
Les analyses isotopiques du strontium viennent appuyer ce constat. Présent dans les sols puis transmis à l’organisme par l’alimentation, cet élément se fixe dans l’émail des dents et conserve une empreinte géographique qui renseigne sur le lieu où l’on a grandi. Il apparaît ainsi que les femmes adultes n’ont pas vécu leur enfance sur place.
Plus surprenant, la même méthode révèle une signature non locale chez les premières générations fondatrices du site. Le groupe ne semble donc pas issu d’une population purement autochtone, mais d’un assemblage d’origines diverses dès son installation, ce qui invite à repenser la manière dont les communautés néolithiques se sont constituées.
Un cimetière organisé selon les liens de parenté
La parenté biologique éclaire également l’organisation spatiale de la nécropole. Les défunts apparaissent regroupés selon la chronologie et selon les familles nucléaires, ce qui suggère que la disposition des tombes traduisait des liens sociaux précis, et non un simple choix d’emplacement.
Ces mêmes relations de parenté ont permis d’aborder de façon inédite la question de la durée d’occupation du site. En reconstituant la succession des générations, les chercheurs disposent d’un repère autre que la seule stratigraphie ou le mobilier, ce qui affine la chronologie de l’établissement.
Un outil pour comprendre les sociétés préhistoriques
Le cas de Gurgy s’inscrit dans un ensemble de travaux qui font de la paléogénétique un outil central pour saisir les structures sociales de la préhistoire. Il rappelle que des fouilles anciennes peuvent encore livrer des informations nouvelles lorsqu’elles sont réexaminées avec des méthodes récentes.
Pour prolonger la découverte sur le terrain, le PréhistoSite de Brassempouy (Landes) propose le 15 novembre 2026 une journée consacrée à la paléogénétique, avec une dernière visite du site, un atelier d’extraction d’ADN pour les 12 ans et plus, et une conférence de Maïté Rivollat à 16 h. Le musée et l’ArchéoParc permettent aussi de replacer ces questions dans le contexte des premières sociétés de la région.
Questions fréquentes
Qu’est-ce que la paléogénétique ?
La paléogénétique étudie l’ADN extrait de restes humains ou animaux anciens. Elle permet de reconstituer des liens de parenté, des migrations et des structures de populations. Elle s’appuie sur des techniques de séquençage capables de travailler sur un ADN très dégradé.
Que signifie l’exogamie féminine au Néolithique ?
L’exogamie désigne le fait de se marier en dehors de son groupe. À Gurgy, les femmes adultes sont originaires d’ailleurs, ce qui témoigne de mariages entre communautés et d’un réseau d’échanges régional.
Comment la génétique a-t-elle été utilisée à Gurgy ?
Les chercheurs ont obtenu des données génomiques pour la majorité des individus inhumés. Ils ont reconstruit les généalogies et les ont croisées avec des analyses isotopiques du strontium pour identifier les origines géographiques.
Où voir des sites préhistoriques dans le Sud-Ouest ?
Le PréhistoSite de Brassempouy, dans les Landes, associe musée, site archéologique et atelier pédagogique. Il présente notamment la Dame de Brassempouy, une tête sculptée dans l’ivoire de mammouth, datée entre 33 000 et 25 000 ans.
Sources
Synthèse originale rédigée avec l’aide d’une intelligence artificielle à partir des sources citées, puis contrôlée automatiquement (longueur, reprises, sources). Les informations et citations appartiennent à leurs auteurs.





