Peu de gisements européens égalent Solutré pour l’abondance des ossements et des outils de pierre. C’est en 1866 que débutent les fouilles, au Cros du Charnier, sur un amas d’ossements de chevaux que personne ne sait alors interpréter. On y trouve vite des foyers, des tombes en dalles et un abondant outillage de silex, dont des pointes de lance, des feuilles de laurier et des grattoirs. Le site donnera son nom à une culture entière, le Solutréen.
Contrairement à la légende, les chasseurs n’ont jamais poussé les chevaux du haut de la roche. L’histoire de la « chasse à l’abîme » vient d’un roman préhistorique du XIXe siècle, dont l’imaginaire populaire s’est emparé. La distance entre les ossements et le sommet rend l’idée peu crédible. Au pied de la roche, le musée de la Préhistoire expose les découvertes, avec des maquettes qui reconstituent la chasse.
Solutré est aussi un lieu de nature et de paysages. Sur le sommet s’étendent des pelouses calcaires abritant des orchidées sauvages, des plantes de montagne et de Méditerranée, et des oiseaux rares. Les vignes qui tapissent la base de la falaise produisent le pouilly-fuissé. Le site, classé dès 1909, est devenu Grand Site de France en 2013 : une reconnaissance de ses richesses réunies.