Aller au contenu
La place du puits d'Olbia de Provence, sous un pin, avec des murs de pierre
  • Gaule romaine
  • Monument historique

Olbia de Provence, Hyères

Une petite forteresse grecque fondée par les Marseillais vers 325 avant notre ère, au bord de la mer, face à son ancien port.

Photo : Jorune, CC BY-SA 4.0

À l’Almanarre, sur la commune de Hyères, les vestiges d’Olbia rappellent que les Grecs de Massalia avaient fondé ici, vers 325 avant notre ère, une colonie fortifiée. Son plan en damier, son rempart à tours, ses sanctuaires et son puits central se lisent encore au sol. Les Romains l’ont ensuite occupée, jusqu’à ce que la ville soit abandonnée au VIIe siècle. Surnommée « Olbia de Provence », elle est l’un des sites antiques les plus parlants du littoral varois.

  • En famille
  • Passionnés d’histoire
  • En couple
  • Photographie

Pourquoi ce site est remarquable

Olbia est une colonie grecque fondée par Massalia, l’actuelle Marseille, sur le littoral ligure. Son nom signifie « la bienheureuse » ou « la prospère ». Les auteurs anciens, comme Strabon, la rangent parmi les colonies de Massalia, et elle jouait le rôle de colonie-forteresse : une escale, un abri et un point d’appui militaire pour les navires marchands en route vers l’Italie. Seule l’archéologie permet de dater sa fondation, vers 325 avant notre ère, à la fin du IVe siècle.

Son urbanisme est d’une rigueur remarquable. La ville s’inscrit dans un carré de 165 mètres de côté, entouré d’un rempart épais flanqué de tours. À l’intérieur, quarante îlots d’habitation étaient prévus, répartis de façon égalitaire entre les colons, et chaque îlot se divisait en trois lots identiques d’environ 120 m². Selon les calculs de Michel Bats, 720 personnes pouvaient y vivre à l’origine : soldats-colons, pêcheurs et agriculteurs, avec leurs familles.

Le site a aussi livré des sanctuaires, dont un grand sanctuaire de l’Ouest probablement consacré à Artémis et un sanctuaire d’Aphrodite collé à la muraille du nord. Après la conquête de Massalia par César, en 49 avant notre ère, la romanisation progresse : à l’époque romaine, la colonie cède la place à un bourg nommé Pomponiana, doté de thermes. Il faut ensuite attendre le VIIe siècle pour voir le site définitivement abandonné.

Ce qu’il y a à découvrir

Le rempart et ses tours

Un rempart épais, flanqué de tours aux angles et sur les côtés, protégeait la petite colonie. Son tracé dessine un carré régulier de 165 mètres de côté. Une seule porte, à l’est, donnait accès au port, dont une partie est aujourd’hui sous l’eau et une autre ensablée.

Les îlots d’habitation

Les îlots rectangulaires, de 11 mètres sur 34,50, sont séparés par des ruelles larges de 2,20 m. Chacun abritait trois familles de colons, dans des lots égaux. On lit encore ce plan au sol, ce qui permet d’imaginer la vie quotidienne de la colonie.

La place du puits

Au centre de la cité, la place du puits public servait peut-être de lieu de réunion, puisque l’on n’a pas retrouvé d’agora. C’est l’un des endroits les plus agréables du site pour comprendre l’organisation sociale de la colonie.

Les sanctuaires

Le grand sanctuaire de l’Ouest, visible depuis la porte de la cité, était sans doute dédié à Artémis. Un sanctuaire d’Aphrodite a été mis au jour contre le rempart nord. Des inscriptions mentionnent aussi un Héros et des Déesses-mères, symboles de fécondité.

Les thermes romains

Des fouilles menées de 2010 à 2013 le long du bord de mer ont remis au jour un complexe thermal romain. On y reconnaît l’hypocauste, c’est-à-dire le système de chauffage par le sol. Ces bains rappellent la longue occupation romaine du site.

Le saviez-vous ?

  1. Le nom grec d’Olbia signifie « la bienheureuse », « la prospère » ou « l’heureuse ».
  2. C’est l’archéologue Michel Bats qui a ajouté « de Provence » à son nom, pour ne pas la confondre avec d’autres cités antiques du même nom.
  3. Le site a été formellement identifié en 1909, grâce à un fragment de statue portant une inscription latine, qui mentionne les habitants d’Olbia et leur quartier fortifié.
  4. Un dépôt d’une centaine de monnaies du IIIe siècle avant notre ère, découvert dans le sanctuaire d’Aphrodite, a disparu pendant plusieurs années avant de réapparaître.
  5. En 2025, un parking en projet a conduit à fouiller une nécropole hors du rempart, avec vingt-quatre tombes à crémation sur 800 m².

Situation

Olbia se situe dans le Var, à Hyères, au lieu-dit l’Almanarre, sur la plaine côtière au sud-ouest du centre-ville. Le site s’étend en bord de mer, au pied de reliefs boisés. L’ancien port, à l’est de la cité, a été en partie englouti par la mer et en partie comblé par le sable. On y accède en voiture depuis Hyères, par la route départementale qui longe le littoral.

Quand venir

Le site est en plein air et sans ombre, en bord de mer méditerranéenne. Juillet et août sont éprouvants : environ 29 °C en moyenne l’après-midi, avec des pointes bien plus hautes. Avril à juin et septembre-octobre offrent de 18 à 26 °C, un beau soleil et peu de monde. Octobre et novembre sont toutefois les mois les plus pluvieux.

  • Janv14°
  • Févr14°
  • Mars16°
  • Avr18° : conseillé
  • Mai22° : conseillé
  • Juin26° : conseillé
  • Juil29°
  • Août29°
  • Sept25° : conseillé
  • Oct21° : conseillé
  • Nov17°
  • Déc14°

Mois conseillésValeur : température maximale moyenne

Le meilleur moment : Venez en fin de matinée ou en fin d’après-midi au printemps, et tôt le matin si vous passez l’été : la lumière rasante révèle bien les murs.

14°5°janv14°5°févr16°7°mars18°9°avr22°12°mai26°16°juin29°18°juil29°18°août25°16°sept21°13°oct17°9°nov14°6°déc
Températures moyennes (mini → maxi)Précipitations
29 °Cmaximales moyennes en août
5 °Cminimales moyennes en février
669 mmde pluie par an
56 joursde pluie (≥ 1 mm) par an
2858 hd’ensoleillement par an

Normales 1991-2020, Météo-France (Licence Ouverte), stations Hyeres (3 km), Toulon (18 km).

Météo des prochains jours

  • mar. 20Pluie
    19° / 17°
    99,2 mm
  • mer. 21Ensoleillé
    18° / 13°
    0,0 mm
  • jeu. 22Éclaircies
    18° / 12°
    0,0 mm
  • ven. 23Ensoleillé
    20° / 15°
    3,9 mm

Prévisions MET Norway (api.met.no, CC BY 4.0), mises à jour chaque jour.

Nos conseils pour la visite

  • Emportez un chapeau, de l’eau et de la crème solaire : l’ombre est rare sur le site.
  • Portez des chaussures fermées, car le sol est irrégulier entre les murs bas.
  • Associez la visite à une balade au bord de la mer, à proximité de l’Almanarre.
  • Renseignez-vous avant de venir sur les visites guidées, qui facilitent beaucoup la lecture des vestiges.

Où dormir à proximité

Autres hébergements : données © les contributeurs d’OpenStreetMap (ODbL), établissements disposant d’un site web, distances à vol d’oiseau.

En images

Des visiteurs devant les vestiges de la colonie grecque d'Olbia, à Hyères
Des visiteurs devant les vestiges de la colonie grecque d’Olbia, à Hyères — User:Hyerestourisme, CC BY-SA 3.0
L'hypocauste des thermes romains d'Olbia de Provence
L’hypocauste des thermes romains d’Olbia de Provence — Jorune, CC BY-SA 4.0
Vue du site archéologique d'Olbia à l'Almanarre, à Hyères
Vue du site archéologique d’Olbia à l’Almanarre, à Hyères — Hyerestourisme, CC BY-SA 3.0

Questions fréquentes

Qui a fondé Olbia de Provence ?

Olbia a été fondée vers 325 avant notre ère par des Grecs de Massalia, c’est-à-dire de Marseille. Elle faisait partie de plusieurs colonies établies le long du littoral ligure, pour offrir escale, abri et protection aux navires marchands en route vers l’Italie.

Pourquoi appelle-t-on ce site « Olbia de Provence » ?

C’est l’archéologue Michel Bats qui a employé cette formule, afin de la distinguer d’autres cités antiques également nommées Olbia, notamment sur la mer Noire. Le nom grec signifie « la bienheureuse », « la prospère » ou « la fortunée ».

Que voit-on aujourd’hui à Olbia ?

On y voit surtout les tracés d’un plan régulier : des restes de rempart, des îlots d’habitation, la place du puits central, des sanctuaires et un ensemble de thermes romains, avec son hypocauste. La cité est visible au ras du sol, en plein air.

Quand le site a-t-il été abandonné ?

Le lieu est resté habité bien après la chute de l’Empire romain, puis a été délaissé pour de bon au VIIe siècle, sous le règne de Gontran Ier. L’abandon est sans doute dû à la submersion du port et à l’insécurité croissante sur la côte, la population se réfugiant alors sur les hauteurs.

Les fouilles se poursuivent-elles ?

Oui : des fouilles ont eu lieu à diverses périodes, avec Jacques Coupry puis Michel Bats, et depuis 2019 de nouvelles campagnes étudient les sanctuaires de l’Ouest et d’Aphrodite. En 2025, une opération préventive a aussi fouillé une nécropole de 24 tombes à crémation.

Sources : Wikipédia : Olbia de Provence (CC BY-SA, faits vérifiés et reformulés) · Wikidata Q2018245 (CC0) · Météo-France, données climatologiques mensuelles (Licence Ouverte) · Insee via geo.api.gouv.fr (Licence Ouverte) pour les villes proches. Photos : Wikimedia Commons, auteurs et licences indiqués sur chaque image.

Dans les environs

Sites archéologiques à proximité

  • Panneau des chevaux de la grotte Cosquer, restitué dans la réplique de Marseille, avec une concrétion centralePréhistoire

    Grotte Cosquer et Cosquer Méditerranée

    Marseille (13)

    Une grotte préhistorique dont l’entrée est sous la mer : à Marseille, vous la visitez grâce à une réplique partielle près du Mucem.

    à 56 km
  • Le dolmen de la Pierre de la Fée à Draguignan, sous un grand chêne, avec sa dalle de couvertureMégalithes et Néolithique

    Pierre de la Fée, Draguignan

    Draguignan (83)

    Un dolmen provençal coiffé d’une dalle de 20 tonnes, rescapé d’un attentat à l’explosif en 1975.

    à 58 km
  • Le jardin des Vestiges à Marseille : pelouses, pins, murs antiques et immeubles du quartierGaule romaine

    Jardin des Vestiges, Marseille

    Marseille (13)

    Au cœur de Marseille, un jardin fait revivre le port antique, les remparts grecs et les quais romains de la ville.

    à 65 km
  • Le « portique des crânes » du sanctuaire d'Entremont, vu du nordGaulois et âges des métaux

    Oppidum d’Entremont

    Aix-en-Provence (13)

    La capitale éphémère des Salyens, perchée au-dessus d’Aix, que les Romains prirent d’assaut avant de fonder Aquae Sextiae.

    à 76 km
  • Arche du pont Flavien à Saint-Chamas, vue depuis la berge de la TouloubreGaule romaine

    Pont Flavien

    Saint-Chamas (13)

    À Saint-Chamas, un pont romain sur la Touloubre qui a gardé ses deux arcs d’honneur, gardés par des lions de pierre.

    à 101 km