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Allée couverte néolithique d'Essé, la Roche-aux-Fées, en Ille-et-Vilaine
  • Mégalithes et Néolithique
  • Monument historique

La Roche-aux-Fées

Une allée couverte néolithique de près de vingt mètres, bâtie avec des dalles de quarante tonnes et peuplée de légendes de fées.

Photo : GO69, CC BY 4.0

Dans la vallée de la Seiche, à Essé, la Roche-aux-Fées dresse une quarantaine de blocs de schiste pourpre pour former un couloir de pierre long de près de vingt mètres. Ce monument néolithique, construit il y a plus de quatre mille ans, est l’un des plus impressionnants de Bretagne. La tradition raconte que des fées l’ont bâti. Chaque année, au solstice d’hiver, la lumière de l’aube s’y glisse en une tache lumineuse.

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Pourquoi ce site est remarquable

La Roche-aux-Fées est un monument de dimensions peu communes. Son couloir mesure environ 19,5 mètres de long sur 4,70 de large, et jusqu’à 4,10 mètres de haut. Il se compose d’une antichambre suivie d’une chambre principale divisée en quatre parties. Les spécialistes comptent de quarante à quarante-deux pierres : des dalles de couverture et des piliers verticaux, les plus lourds pesant jusqu’à quarante tonnes. Les six plus grosses tables de couverture dépassent chacune quarante tonnes.

Ces blocs sont en schiste pourpré du Cambrien, dont l’affleurement le plus proche se trouve dans la forêt du Theil, à environ cinq kilomètres. Les transporter et les dresser constitue un exploit logistique pour une société néolithique. Le monument devait vraisemblablement être couvert d’un tumulus de pierres, et son rôle était probablement funéraire, même si aucune fouille approfondie n’a permis de le prouver. Il est surtout très isolé : ce modèle de dolmen est surtout répandu en Anjou.

Le lieu a toujours frappé les imaginations. Certains y voyaient la demeure des fées, d’autres le tombeau d’un général romain. Une croyance veut même que de jeunes mariés comptent les pierres en faisant le tour du monument à la nouvelle lune, chacun dans un sens : si leurs totaux concordent, leur union durera. Classé dès 1840, le dolmen reçoit environ 35 000 visiteurs par an, ce qui a conduit à protéger ses abords.

Ce qu’il y a à découvrir

Le portique d’entrée

La dalle d’entrée, longue de 5,5 mètres, forme un linteau reposant sur deux piliers hauts d’un mètre. Ce passage monumental donne le ton : tout est ici conçu à grande échelle, avec des pierres énormes.

La chambre et ses dalles

L’intérieur, scindé en quatre compartiments par trois dalles placées en travers, est couvert de grandes tables posées sur des orthostates. On y mesure la précision d’un assemblage réalisé sans mortier ni machine, il y a plus de quatre millénaires.

La lumière du solstice d’hiver

Quand le temps le permet, une tache de lumière apparaît à l’aube du solstice sur la dalle du fond, descend vers le sol puis rejoint la sortie. Le phénomène ne dure que quelques minutes, le jour du solstice, la veille et le lendemain.

Les légendes des fées

Les fées auraient construit la Roche en se partageant la tâche, puis, tardivement avertie, certaines auraient laissé tomber leurs blocs devenus inutiles, créant ainsi des menhirs. De quoi occuper l’imagination des enfants.

Les mégalithes des environs

Aux alentours, d’autres pierres rappellent la richesse mégalithique de la région : la pierre de Rumfort, les menhirs de Janzé et de Retiers, ou la Table-aux-Fées de Saulnières. Une bonne idée pour prolonger la journée.

Le saviez-vous ?

  1. Les six plus grosses dalles de couverture pèsent chacune entre 40 et 45 tonnes, alors que la roche dont elles sont faites provient d’une forêt située à environ cinq kilomètres.
  2. Selon une croyance locale, le nombre de pierres de la Roche-aux-Fées change sans cesse : on les compte toujours différemment.
  3. En 1789, des soldats du régiment d’Orléans dragons auraient fait la fête et allumé un feu dans le dolmen, abîmant le dessous des dalles de couverture.
  4. Vers 1855, des visiteurs étrangers ont détérioré la pierre supérieure du portique d’entrée : le site était déjà touristique.
  5. Une croyance locale prétend que quiconque détruirait ce dolmen mourrait dans l’année.

Situation

La Roche-aux-Fées se situe à Essé, en Ille-et-Vilaine, à environ trente kilomètres de Rennes, vers le sud-est, et à environ trois kilomètres du bourg d’Essé. Le monument s’élève à 70 mètres d’altitude dans la vallée de la Seiche, près de la route départementale 341 qui relie Essé à Retiers. On y vient en voiture ; le cadre est rural et calme.

Quand venir

La visite se fait en plein air, et la Bretagne intérieure est la plus clémente de mai à septembre : environ 20 à 25 °C l’après-midi et moins de pluie, surtout en juillet et août. Le solstice d’hiver, vers le 21 décembre, a sa magie lorsque le ciel est dégagé, mais décembre est l’un des mois les plus pluvieux.

  • Janv9°
  • Févr10°
  • Mars13°
  • Avr16°
  • Mai20° : conseillé
  • Juin23° : conseillé
  • Juil25° : conseillé
  • Août25° : conseillé
  • Sept22° : conseillé
  • Oct18°
  • Nov13°
  • Déc10° : conseillé

Mois conseillésValeur : température maximale moyenne

Le meilleur moment : Venez tôt le matin ou en fin de journée, quand la lumière rasante révèle les teintes pourpres de la pierre et que les visiteurs sont moins nombreux. Au solstice d’hiver, l’aube est le moment à retenir.

9°3°janv10°3°févr13°4°mars16°5°avr20°9°mai23°12°juin25°13°juil25°13°août22°10°sept18°9°oct13°5°nov10°3°déc
Températures moyennes (mini → maxi)Précipitations
25 °Cmaximales moyennes en juillet
3 °Cminimales moyennes en février
727 mmde pluie par an
120 joursde pluie (≥ 1 mm) par an
1761 hd’ensoleillement par an

Normales 1991-2020, Météo-France (Licence Ouverte), stations Soudan (24 km), Esse (1,0 km), Rennes-St Jacques (29 km).

Météo des prochains jours

  • mar. 20Éclaircies
    14° / 9°
    5,7 mm
  • mer. 21Averses
    14° / 9°
    2,4 mm
  • jeu. 22Averses
    15° / 9°
    15,7 mm
  • ven. 23Beau temps
    14° / 10°
    3,1 mm

Prévisions MET Norway (api.met.no, CC BY 4.0), mises à jour chaque jour.

Nos conseils pour la visite

  • Respectez la clôture basse et la signalétique : le monument est fragile, et le piétinement a déjà déchaussé certaines pierres.
  • Prévoyez des chaussures étanches : le sol peut être humide, même en été.
  • Combinez la visite avec les autres mégalithes des environs, comme la Table-aux-Fées de Saulnières.
  • Pour assister au phénomène du solstice d’hiver, renseignez-vous auprès de l’office du tourisme local.

Où dormir à proximité

Autres hébergements : données © les contributeurs d’OpenStreetMap (ODbL), établissements disposant d’un site web, distances à vol d’oiseau.

En images

Dalles de schiste de la Roche-aux-Fées vues de côté
Dalles de schiste de la Roche-aux-Fées vues de côté — GO69, CC BY 4.0
Vue d'ensemble de la Roche-aux-Fées, grand dolmen d'Essé
Vue d’ensemble de la Roche-aux-Fées, grand dolmen d’Essé — Sémhur, CC BY-SA 4.0
Vue du dolmen d'Essé, la Roche-aux-Fées, dans la campagne bretonne
Vue du dolmen d’Essé, la Roche-aux-Fées, dans la campagne bretonne — Fanchonline, CC BY-SA 3.0

Questions fréquentes

Pourquoi l’appelle-t-on la Roche-aux-Fées ?

Parce qu’une légende affirme que les pierres ont été apportées et dressées par des fées. Ce type d’explication est fréquent en Bretagne pour les grands monuments mégalithiques, que l’on a longtemps jugés trop imposants pour avoir été construits par de simples humains.

À quoi servait cette allée couverte ?

Aucune fouille approfondie ne l’a démontré, mais des monuments comparables ont livré des ossements, ce qui laisse penser à un rôle funéraire, celui d’une sépulture collective. L’ensemble était sans doute recouvert d’un tumulus de pierres, aujourd’hui disparu, qui le protégeait.

Quel est le poids des pierres ?

Les plus lourdes atteignent quarante tonnes, et les six plus grosses tables de couverture pèsent chacune de 40 à 45 tonnes. Elles viennent d’un schiste pourpré cambrien dont l’affleurement le plus proche se trouve en forêt du Theil, à environ cinq kilomètres.

Que se passe-t-il au solstice d’hiver ?

Si le ciel est dégagé, une tache de lumière de la taille d’une paume apparaît à l’aube sur la dalle du fond, glisse jusqu’au sol puis rejoint la sortie. Elle n’est visible que quelques minutes, le jour du solstice, la veille et le lendemain.

Peut-on entrer dans le monument ?

Une clôture basse de 99 mètres entoure aujourd’hui l’allée couverte, et une signalétique rappelle la fragilité du lieu, mis à rude épreuve par la fréquentation. Renseignez-vous sur place ou auprès de l’office du tourisme pour connaître les règles d’accès actuelles à l’intérieur.

Sources : Wikipédia : La Roche-aux-Fées (CC BY-SA, faits vérifiés et reformulés) · Wikidata Q1799090 (CC0) · Météo-France, données climatologiques mensuelles (Licence Ouverte) · Insee via geo.api.gouv.fr (Licence Ouverte) pour les villes proches. Photos : Wikimedia Commons, auteurs et licences indiqués sur chaque image.

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