L’enceinte du Mans fut bâtie quand la paix romaine s’effritait et que les villes de Gaule retrouvaient le besoin de se protéger, tout en affichant leur puissance. Le chantier a été pensé avec soin : un spécialiste de l’architecture militaire dessine le plan, prévoit les portes, les poternes et l’évacuation des eaux. Sa date exacte reste débattue : on la plaçait vers 285, mais les dernières recherches penchent pour le IVe siècle.
Son apparence ne ressemble à aucune autre. Les bâtisseurs ont composé, avec des matériaux de couleurs différentes, de véritables décors géométriques, que l’archéologue Joseph Guilleux juge sans équivalent en France. Sur son tracé d’origine, long de 1 300 mètres, on comptait une quarantaine de tours, espacées de 20 à 40 mètres. Une partie de la ville ancienne a été rasée pour faire place au chantier.
Si l’enceinte est parvenue jusqu’à nous, c’est qu’elle a continué à servir : fonction militaire au Moyen Âge, rôle de soutènement face au sol qui s’est exhaussé à l’intérieur, maisons construites contre elle. Observée par les érudits dès le XVIe siècle, puis étudiée de près depuis les années 1980, elle est classée monument historique depuis 1862 et figure, depuis 2016, parmi les candidatures françaises au patrimoine mondial.