Le cairn de Gavrinis impressionne d’abord par son échelle. Ce tertre de pierres, de 6 à 8 m de haut, représente environ 5 000 m³ de matériaux, des moellons de granite clair souvent ramassés en surface. Les archéologues estiment son édification à quelque 100 000 journées de travail, soit environ trois années de travail pour cent personnes. À l’époque, l’île n’était pas encore détachée du continent. Le soin apporté aux parements extérieurs contraste avec l’amas de pierres à l’intérieur, maintenu par plusieurs murs concentriques.
À l’intérieur, un couloir de plus de 13 m de long, large de 80 cm et haut d’environ 1,50 m, conduit à une petite chambre trapézoïdale. Vingt-trois des vingt-neuf dalles dressées sont gravées presque sur toute leur surface, soit près de 50 m² de décor : écussons faits d’arcs emboîtés, crosses, haches, zigzags, méandres, cupules et spirales. Les motifs les plus soignés se trouvent dans le couloir plutôt que dans la chambre. Certaines dalles portent aussi des gravures plus anciennes sur leur face cachée, preuve de réemplois.
Une fois abandonné, entre 3300 et 3100 av. J.-C., le monument est condamné : des structures de bois devant la façade brûlent, l’entrée est comblée de pierres et le tout recouvert de sable. Redécouvert au XIXe siècle, étudié par Prosper Mérimée, classé monument historique en 1901 et propriété du département du Morbihan depuis 1961, il a fait l’objet d’une numérisation en 3D entre 2011 et 2013. Il est inscrit au patrimoine mondial depuis juillet 2025, avec les mégalithes de Carnac.