Le Grand Menhir brisé est un record. Son bloc d’orthogneiss, fusiforme, atteint 21 mètres de long et pèse de 300 à 330 tonnes. Ses bâtisseurs en ont régularisé les faces en le frappant de partout avec des percuteurs de quartz. La roche vient d’affleurements situés à 8 ou 10 kilomètres, vers Vannes ou la presqu’île de Rhuys, ce qui suppose une traversée de zones maritimes à fort courant, sans doute sur un radeau.
Dressé dans une fosse profonde d’au plus 1,50 mètre, il tenait surtout grâce à son poids. On ignore pourquoi il est tombé : foudre, renversement volontaire à une époque inconnue ou séisme, aucune hypothèse n’est certaine. Il porte en relief une crosse et un second motif, longtemps vu comme une hache-charrue, que l’archéologue Serge Cassen interprète plutôt comme un cétacé.
Il n’était pas seul. En 1988, les fouilles ont mis au jour dix-huit autres fosses, vers le nord-est, où se dressaient des pierres plus petites, rangées par hauteur décroissante. Le site, classé monument historique depuis 1889, est fouillé depuis 1987 par Charles-Tanguy Le Roux, pour le menhir et Er Grah, et par Jean L’Helgouac’h pour la Table des Marchands, des travaux qui ont renouvelé la connaissance du lieu.