Ce qui frappe, c’est l’organisation. Les files de pierres, qui convergent plus qu’elles ne courent parallèlement, partent d’une enceinte située à l’ouest et suivent une direction générale sud-ouest/nord-est. Les bâtisseurs ont tenu compte du relief : les plus grandes pierres, au-delà de trois mètres, occupent les points hauts, tandis que les plus petites, parfois sous un mètre, se logent dans les creux. Résultat : une impression de profondeur qui joue avec le regard.
L’ensemble compte environ 3 000 menhirs, un chiffre sans doute inférieur à celui du Néolithique. Au Ménec, 1 050 pierres forment onze files sur 950 mètres, avec des blocs de quatre mètres. Kermario aligne 982 menhirs sur 1 100 mètres. Kerlescan, plus court, a mieux conservé ses treize files. Tous les blocs sont en granite local, souvent extraits en exploitant les failles de la roche, à proximité immédiate des lieux où on les a dressés.
Les alignements ont aussi une histoire de visiteurs et de protecteurs. On y a vu un camp romain, un temple de druides ou un calendrier géant avant que l’archéologie ne remette de l’ordre dans ces théories. Carrière pour les constructions locales jusqu’au XIXe siècle, le site est protégé au titre des monuments historiques depuis 1889. Depuis le début des années 1990, la fréquentation est régulée pour préserver le sol et la végétation.