Kerzérho n’est pas une simple rangée de pierres, mais une longue chaîne de tronçons qui se succèdent : Kerzérho, Kerjean, Kerbernès, Mané-Bras, Coët er Blei et Bovelane. À l’extrémité ouest, dix files plus ou moins parallèles regroupent 165 menhirs, soit la plus forte concentration. Plus à l’est, Mané-Bras compte à lui seul 364 blocs recensés, dont 116 sont encore debout, répartis sur près de 700 mètres.
L’ensemble raconte aussi une longue histoire de dégâts et de sauvetages. Au fil des siècles, des paysans ont retiré des pierres pour mettre les parcelles en culture, et des carriers sont venus se servir. La route reliant Erdeven à Plouharnel a coupé l’extrémité occidentale au XIXe siècle, malgré les protestations de Prosper Mérimée. L’État a classé cette partie en 1862 et l’a fait restaurer en 1884.
Un petit alignement secondaire, orienté nord-sud, abrite les trois « géants de Kerzérho », au-delà de six mètres de haut. L’un des blocs porte une gravure en forme d’écusson, finement exécutée : c’est le seul exemple d’art sur pierre indiscutable connu dans les alignements de la région. Un détail qui change le regard sur ces pierres, souvent perçues comme brutes.