La tombe est repérée en janvier 1953 par Maurice Moisson, chef d’un chantier de fouilles local, qui remarque, dans un champ proche de l’oppidum, un faible renflement et une concentration inhabituelle de blocs. René Joffroy, président de la société archéologique, dirige ensuite l’exhumation. Le caveau, large d’environ trois mètres, était coiffé d’un tumulus de 38 mètres de diamètre, aujourd’hui arasé. La défunte, une femme d’une trentaine d’années, reposait dans la caisse d’un char à quatre roues, parée de bracelets, de fibules et de torques. Quelques spécialistes ont longtemps douté de son sexe, ce qui a nourri des débats sur l’archéologie du genre.
Le cratère de Vix est la pièce reine du mobilier : 1,64 m de haut pour 208 kg, c’est le plus grand vase de bronze de l’Antiquité que l’on connaisse. Il sort sans doute d’ateliers grecs d’Italie du Sud, vers 540-530 avant notre ère. Sa capacité atteint 1 100 litres, et son col porte une frise de chevaux et de guerriers, avec des anses ornées de gorgones. Autour de lui se trouvaient une phiale d’argent, des vases de bronze étrusques et de la céramique grecque. Un torque en or de 480 g a été trouvé à hauteur de la tête de la défunte.
Le mont Lassois est une butte-témoin, haute d’une centaine de mètres au-dessus de l’amont de la Seine. Occupée dès le Néolithique, elle surveillait au VIe et au Ve siècle avant notre ère un itinéraire qui menait l’étain de Grande-Bretagne vers la Méditerranée. Depuis 2002, les fouilles ont dégagé un très grand bâtiment, que l’on imagine être la demeure de la dame de Vix, dans une agglomération protégée en bas de pente par un solide rempart : un cas unique chez les Celtes de cette période. Un projet collectif du CNRS étudie le secteur, et l’Inrap a ouvert un nouveau chantier en 2019.