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Villa Nidaros, pavillon d’exposition officiel de Trondheim à l’exposition de Stockholm de 1897 sur Djurgården

Trondheim médiévale : quand l’hygiène publique a favorisé les vers intestinaux

Photo : Unknown author Unknown author, Public domain, Wikimedia Commons

MondePar la rédaction d’Archéo-Logis5 min de lecture

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À Trondheim, l’ancienne Nidaros, des chercheurs norvégiens de l’université NTNU montrent que certaines mesures d’hygiène prises au Moyen Âge ont eu l’effet inverse de celui recherché. En transportant les déchets des latrines hors de la ville pour les épandre comme engrais, les autorités ont contribué à la diffusion des vers intestinaux, dont la quasi-totalité de la population semble avoir été porteuse. Ces résultats, issus du projet MedHeal600 piloté par le musée universitaire de l’NTNU, éclairent la naissance d’un système de santé publique.

Deux cimetières, deux niveaux de vie

Les squelettes exhumés à Trondheim renseignent sur ce que mangeaient les habitants, les maladies qui les touchaient et les causes de leur mort. Ils révèlent aussi l’organisation de la société. Deux cimetières médiévaux, en partie visibles aujourd’hui sous la bibliothèque publique et sous un bâtiment bancaire voisin, offrent un contraste saisissant.

Le premier, situé au cœur de la ville ancienne, appartenait à une église de pierre et accueillait l’élite sociale, engagée dans le commerce et résidant dans de grandes maisons urbaines. Son régime alimentaire était plus diversifié, incluant notamment des produits de la mer.

Le second, à la périphérie du noyau urbain, était occupé majoritairement par des artisans. Selon l’analyse des os, la mortalité infantile y était nettement plus élevée et l’état de santé général plus médiocre, avec une alimentation moins variée. Les chercheurs soulignent que l’inégalité sociale pesait déjà sur la santé à cette époque, comme aujourd’hui.

Les premiers pas d’un système de santé publique

Au Moyen Âge, la responsabilité de la santé, de l’hygiène et de la gestion des déchets glisse progressivement de la sphère privée vers une responsabilité urbaine collective. Axel Christophersen, professeur émérite d’archéologie historique à l’université NTNU, qui a dirigé le projet, y voit « les débuts d’un système de santé publique ».

Les squelettes montrent qu’une part largement majoritaire des enfants et adolescents a subi un stress physiologique, lié à une alimentation insuffisante ou trop monotone. Beaucoup d’adultes succombaient à des maladies infectieuses comme la lèpre, la fièvre typhoïde ou la tuberculose, que les autorités tentaient de contenir.

Ce mouvement s’appuie sur des textes juridiques : le Landslov de 1274, promulgué sous le roi Magnus Lagabøte, puis le Bylov, la loi urbaine, deux ans plus tard. Selon l’historien Erik Opsahl, professeur de histoire médiévale et responsable du Centre d’études médiévales de l’NTNU, la communauté locale assurait l’essentiel de la responsabilité opérationnelle, tandis que les officiers du roi veillaient à l’exécution des tâches. Il précise que la distinction moderne entre sphère privée et sphère publique s’applique mal à la société médiévale.

Des pratiques attentives, mais des effets pervers

Les travaux d’Elisabeth Forrestad Swensen, issus de sa thèse de doctorat dans le même projet, portent sur la gestion de l’eau et des déchets à Nidaros, nom de Trondheim à l’époque. Les vestiges archéologiques montrent que les habitants s’attaquaient activement à ces problèmes. Les mesures étaient prises avec de bonnes intentions, mais toutes ne se révélèrent pas aussi efficaces en pratique.

Les excréments n’étaient pas mélangés aux autres déchets : ils étaient déposés dans des lieux distincts, ce qui montre une gestion selon un protocole propre. Cette séparation reposait sur la théorie des miasmes, très répandue au Moyen Âge, qui attribuait les maladies aux mauvaises odeurs. Éloigner les latrines du centre semblait donc une précaution sensée, mais elle a favorisé la contamination.

Le cercle vicieux des vers intestinaux

Pendant le bas Moyen Âge central, l’Europe, Norvège comprise, connaît une forte croissance démographique. Plus d’habitants, plus de maisons, plus de déchets et davantage de mauvaises odeurs. Les analyses du contenu des latrines révèlent que presque toute la population était infectée par des vers intestinaux, c’est-à-dire des nématodes parasites dont les œufs se transmettent par les excréments.

Une fois transportés hors de la ville, les déchets étaient incorporés au fumier, puis épandus sur les terres agricoles où l’on cultivait les aliments. Or les vers prospèrent particulièrement dans le fumier : le parasite pénétrait ainsi dans les cultures, puis de nouveau chez les habitants de la ville, entretenant un cycle permanent entre l’homme et le ver.

La sciure, un rempart contre les odeurs

La plupart des fosses urbaines contenaient aussi des copeaux et de la sciure, sous-produits de la construction, qui atténuaient l’odeur des déchets en décomposition. Or leur volume chute nettement vers la fin du XIIIe siècle. Des chercheurs relient ce recul à l’éruption volcanique majeure survenue en Indonésie en 1257, dont les cendres ont refroidi le climat pendant plusieurs années, ralentissant la croissance des arbres et l’activité de la société.

À cela s’ajoutent un possible ralentissement de l’immigration vers Trondheim, un arrêt quasi complet de la construction autour de 1300, et l’épuisement des forêts voisines après des siècles de bâtiment. Selon Axel Christophersen, cette pénurie de copeaux a contribué à aggraver la puanteur des fosses urbaines, poussant les habitants à revoir leurs pratiques d’élimination des déchets. Les fouilles montrent d’ailleurs que l’habitude de jeter les déchets organiques dans les fosses le long des rues d’habitation a fini par disparaître.

Questions fréquentes

Qu’est-ce que les vers intestinaux médiévaux ?

Il s’agit de nématodes parasites qui se transmettent par des œufs présents dans les excréments. Les analyses menées à Trondheim ont décelé ces parasites dans les latrines de la ville. Ils prospéraient dans le fumier épandu sur les cultures.

Pourquoi les autorités médiévales transportaient-elles les excréments hors de la ville ?

À l’époque, la théorie des miasmes attribuait les maladies aux mauvaises odeurs. Éloigner les latrines du centre semblait donc une mesure de bon sens sanitaire. Elle a pourtant contribué à diffuser le parasite dans les cultures.

Où voir des vestiges médiévaux à Trondheim ?

Des parties d’un cimetière médiéval sont visibles dans la bibliothèque publique de Trondheim. Un second cimetière se trouve juste en face, sous les locaux de la banque SpareBank 1.

Sources

Synthèse originale rédigée avec l’aide d’une intelligence artificielle à partir des sources citées, puis contrôlée automatiquement (longueur, reprises, sources). Les informations et citations appartiennent à leurs auteurs.

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