Aller au contenu
Tumulus funéraire d’Arzhan en république de Tyva, datant du VIIIe au VIIe siècle av. J.-C.

Le cannabis consommé comme intoxicant il y a 2 800 ans, selon une étude

Photo : Derzsi Elekes Andor, CC BY-SA 3.0, Wikimedia Commons

MondePar la rédaction d’Archéo-Logis4 min de lecture

Auf Deutsch lesen · Leer en español

Il y a environ 2 800 ans, le cannabis était déjà utilisé pour ses effets psychoactifs, selon une étude publiée dans la revue Science. Des chercheurs de l’université de Berne et de l’Institut Max Planck de géoanthropologie ont analysé une tombe princière de la république de Tyva, dans le sud de la Sibérie, où reposaient des membres de l’élite scythe. Les graines retrouvées et les traces chimiques conservées dans les cheveux humains constituent les plus anciennes preuves datées directement d’un usage intoxicant de cette plante.

Une tombe princière de la culture scythe

La sépulture étudiée appartient à des membres de haut rang de la société scythe, une culture de cavaliers des steppes eurasiatiques. Les Scythes ont laissé des tombes richement dotées, souvent sous de grands tumulus, qui offrent aux archéologues un contexte exceptionnellement bien conservé.

Dans ce cas précis, les inhumations s’accompagnaient de sacrifices de chevaux et, selon toute vraisemblance, de sacrifices humains. Une publication antérieure de l’équipe avait déjà mis au jour les restes de 18 chevaux disposés sur le tumulus, et plusieurs dizaines d’autres sacrifices ainsi que des ossements humains épars ont été découverts depuis.

Des graines datées au VIIIe siècle avant notre ère

Environ 1 000 graines de cannabis ont été récupérées dans la tombe. Six d’entre elles ont été datées directement par la méthode du radiocarbone. Associées à d’autres résultats de datation, elles indiquent qu’elles ont été déposées dans la sépulture au début du VIIIe siècle avant notre ère.

Selon Gino Caspari, archéologue à l’université de Berne et premier auteur de l’étude, ces graines montrent que la plante jouait un rôle dans les rituels entourant l’inhumation. Elles proviennent vraisemblablement de plantes sauvages et ne permettent pas, à elles seules, de prouver un usage psychoactif.

Les traces moléculaires dans les cheveux

C’est l’analyse de cheveux humains conservés dans la chambre funéraire centrale qui a apporté la preuve d’un usage intoxicant. Dans plusieurs échantillons, les chercheurs ont repéré des signaux nets correspondant au cannabinol (CBN), un composé produit notamment par l’oxydation du tétrahydrocannabinol (THC), principal composé psychoactif du cannabis. De faibles signaux compatibles avec le THC lui-même ont également été détectés.

La spectrométrie de masse à haute résolution a notamment été utilisée pour ces analyses. Les auteurs soulignent toutefois qu’elles ne permettent pas de déterminer les quantités consommées, ni le mode d’administration, par inhalation ou par ingestion.

Ce que l’on sait des modes de consommation

Les sites archéologiques d’Asie centrale plus récents ont livré des résidus chimiques de cannabinoïdes dans des récipients et sur des pierres chauffées, ce qui suggère clairement une inhalation. La tombe de Tyva n’apporte pas de réponse aussi directe sur ce point.

Les chercheurs ne peuvent pas non plus établir si les plantes étaient sélectionnées ou cultivées pour leur teneur en principes actifs, ni quel était leur taux de THC à l’époque. Ces questions restent ouvertes.

Vers une histoire génétique du cannabis

L’équipe poursuit ses recherches et a déjà commencé le séquençage de certains échantillons végétaux. La conservation de l’ADN y est excellente, selon Gino Caspari, ce qui devrait permettre de mieux comprendre l’histoire de la domestication et de la diffusion de cette plante.

Cette étude s’inscrit dans un domaine de recherche plus large, qui cherche à retracer les usages anciens de plantes psychoactives à partir de restes que la matière organique ne conserve que rarement, comme les fleurs, les feuilles ou les résines.

Questions fréquentes

Depuis quand le cannabis est-il utilisé comme intoxicant ?

Selon cette étude publiée dans la revue Science, le cannabis était utilisé pour ses effets psychoactifs il y a environ 2 800 ans. Il s’agit des plus anciennes preuves datées directement de cet usage.

Où a-t-on découvert ces traces de cannabis ?

Les graines et les cheveux analysés proviennent d’une tombe princière de la république de Tyva, dans le sud de la Sibérie. Elle appartenait à des membres de haut rang de la culture scythe.

Comment les chercheurs ont-ils prouvé la consommation ?

Des traces de cannabinol et de faibles signaux de THC ont été détectés dans des échantillons de cheveux humains. La spectrométrie de masse à haute résolution a permis cette identification, mais elle ne précise ni les quantités ni le mode de consommation.

Les graines suffisent-elles à prouver un usage psychoactif ?

Non. La présence de graines dans une tombe ne prouve pas à elle seule un usage psychoactif, car la plante servait à d’autres fins, comme la fibre ou l’huile. C’est l’analyse des cheveux qui a permis de conclure à une consommation.

Sources

Synthèse originale rédigée avec l’aide d’une intelligence artificielle à partir des sources citées, puis contrôlée automatiquement (longueur, reprises, sources). Les informations et citations appartiennent à leurs auteurs.

À lire aussi