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Westminster Abbey à Londres, Angleterre, photographiée en 2022

Westminster Abbey : un sarcophage romain abritait un moine médiéval

Photo : Diego Delso, CC BY-SA 4.0, Wikimedia Commons

MondePar la rédaction d’Archéo-Logis4 min de lecture

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Un sarcophage romain conservé à Westminster Abbey, à Londres, n’aurait pas accueilli un riche Breton de l’Antiquité mais les restes d’un religieux médiéval. C’est la piste avancée par Warwick Rodwell, consultant archéologue de l’abbaye, dans une étude publiée à l’automne 2026 par Taylor & Francis. Les ossements, retrouvés en 1820, ont été datés entre 987 et 1052, à l’époque saxonne tardive.

Un sarcophage inscrit au nom d’un notable romain

Le sarcophage porte l’inscription de Valerius Amandinus, un Breton aisé ayant vécu, selon les estimations, entre environ 300 et 400 de notre ère. Taillé dans la tradition funéraire romaine, ce type de cuve en pierre servait à déposer le corps d’un défunt de rang élevé, et ce genre d’objet est précieux pour les historiens qui étudient les élites de la Britannia romaine.

Mais le couvercle présente aussi une croix latine, datée des Xe ou XIe siècles. Cette gravure indique que le monument a été réutilisé pendant le Moyen Âge. Le réemploi de sarcophages antiques pour de nouvelles sépultures était une pratique fréquente, les cuves de pierre étant appréciées pour leur solidité et leur prestige, si bien que l’inscription romaine ne renseigne pas à elle seule sur le défunt médiéval.

Une datation radiocarbone qui change l’attribution

L’analyse des ossements, conduite par James Young Langthorne de Pre-Construct Archaeology, a permis de dater les restes par la méthode du radiocarbone. Le défunt serait mort pendant la période saxonne tardive, entre 987 et 1052, soit plusieurs siècles après le personnage inscrit sur la pierre. La datation scientifique a donc rendu caduque l’idée d’une sépulture romaine.

Les anthropologues décrivent un homme d’environ 1,75 mètre, âgé de 35 à 49 ans au moment de sa mort. Ces éléments physiques, combinés à la date obtenue, orientent l’enquête vers le milieu monastique de Westminster, où l’abbaye bénédictine était alors en pleine activité.

Deux abbés en lice pour l’identification

Warwick Rodwell propose deux candidats : Aelfwig, qui serait mort vers 1020 après avoir dirigé le monastère bénédictin de Westminster, et Wulnoth, qui lui succéda comme abbé et mourut en 1049. Selon lui, ces deux religieux correspondent aux dates et au statut attendus pour un occupant d’un tel monument. « Nous avons deux candidats crédibles pour l’occupant du sarcophage », a-t-il déclaré.

Pour l’instant, aucune preuve génétique ou épigraphique ne permet de trancher entre les deux abbés. Les chercheurs disposent d’un faisceau d’indices, mais l’identification reste une hypothèse que de futures analyses pourraient confirmer ou écarter.

Une sépulture soigneusement préparée

L’étude a examiné une trace blanche dessinant un rectangle à l’intérieur de la cuve. Rodwell estime qu’elle ne peut correspondre qu’à un cercueil en bois, aujourd’hui totalement disparu après sept siècles passés dans la cour de la sacristie. Ce type de vestige, invisible à l’œil nu, ne survit qu’à travers les traces laissées dans le sédiment.

La substance blanche a été identifiée comme de la chaux, répandue sur le corps au moment de l’inhumation. Cette pratique, connue dans plusieurs contextes médiévaux, témoigne d’un soin particulier apporté à la sépulture, et renforce l’idée d’un personnage important de la communauté religieuse.

Une étude à lire et un site à découvrir

Les résultats ont été publiés dans le Journal of the British Archaeological Association, dont l’article scientifique détaille la méthode et les datations. Pour replacer ce sarcophage dans les quelques siècles d’histoire du lieu, le magazine Archaeology renvoie à sa présentation de l’histoire cachée de Westminster Abbey.

Les visiteurs de Londres peuvent ainsi relier cette découverte à l’abbaye, lieu de couronnement et de sépulture des souverains anglais, où le sarcophage reste associé à la sacristie. Cette découverte montre que les archives visibles d’un monument peuvent cacher plusieurs vies successives, de l’Antiquité au Moyen Âge.

Questions fréquentes

Quel est le sarcophage romain de Westminster Abbey ?

C’est une cuve en pierre portant le nom de Valerius Amandinus, un Breton aisé de l’Antiquité tardive. Elle a été découverte en 1820 dans l’abbaye londonienne. Son couvercle porte aussi une croix médiévale, signe d’une réutilisation.

Qui reposait dans le sarcophage de Westminster ?

Selon Warwick Rodwell, il pourrait s’agir de l’abbé Aelfwig, mort vers 1020, ou de son successeur Wulnoth, mort en 1049. Aucune identification définitive n’a encore été établie.

Comment les ossements ont-ils été datés ?

Les restes ont été analysés par datation radiocarbone, qui les situe entre 987 et 1052. Cette méthode a révélé un écart de plusieurs siècles avec l’inscription romaine.

Pourquoi un sarcophage romain contenait-il un moine médiéval ?

Le couvercle porte une croix datée des Xe ou XIe siècles, signe d’une réutilisation médiévale. Les sarcophages antiques étaient souvent réemployés pour de nouvelles sépultures.

Sources

Synthèse originale rédigée avec l’aide d’une intelligence artificielle à partir des sources citées, puis contrôlée automatiquement (longueur, reprises, sources). Les informations et citations appartiennent à leurs auteurs.

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