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Couvercle de sarcophage en terre cuite avec relief de masque de Silène, nécropole d’Attouda, Turquie

Sarcophage en terre cuite avec un masque de Silène découvert à Attouda, en Turquie

Photo : Shonagon , edited by MenkinAlRire, CC0, Wikimedia Commons

MondePar la rédaction d’Archéo-Logis4 min de lecture

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Un sarcophage cylindrique en terre cuite portant un relief de masque de Silène a été découvert sur le site antique d’Attouda, dans l’ouest de la Turquie. C’est la première fois qu’un tel sarcophage typique de l’Anatolie romaine est retrouvé avec une figure de Silène sur son couvercle. Les résultats ont été publiés dans la revue CEDRUS.

Une découverte fragmentaire dans la nécropole

Le sarcophage a été repéré lors d’une prospection au sol menée en 2023 au lieu-dit Musalla, juste au sud de la cité antique, dans la nécropole d’Attouda. Endommagé par des travaux agricoles postérieurs, il s’était brisé en six fragments, déplacés en bordure des champs cultivés.

Les morceaux recueillis ont été transférés au musée de Denizli, où ils ont été restaurés et étudiés. Une fois complet, l’objet mesurait environ 55 à 60 centimètres de diamètre, avec un couvercle bombé d’une trentaine de centimètres de large.

Un masque de Silène au centre du couvercle

Au centre du couvercle figure un petit visage humain au crâne chauve et bulbeux, aux grands yeux, au nez large et plat, et aux lèvres épaisses et profondément incisées qui remontent en un sourire. Une courte barbe complète ce relief grotesque.

Ces traits caractéristiques rappellent les masques de Silène connus dans la région à l’époque romaine. Un exemplaire intact provenant de la nécropole de Tralleis porte trois trous de suspension, ce qui suggère qu’il était accroché à l’intérieur d’une tombe. À Attouda même, un grand fragment de tête très proche a été retrouvé dans une sépulture.

Silène, compagnon de Dionysos et protecteur des morts

Silène était le vieux satyre, précepteur du dieu du vin Dionysos, réputé pour sa sagesse et son ivresse. Il figure souvent dans les cortèges dionysiaques de l’art funéraire romain, où il évoque les croyances du culte à mystères sur le renouvellement éternel et la vie après la mort.

Ses traits exagérés lui conféraient aussi un rôle protecteur. Les archéologues estiment que le masque du sarcophage avait une fonction apotropaïque, c’est-à-dire qu’il devait écarter les mauvais esprits et veiller sur le défunt.

Une marque d’atelier et une datation délicate

Sur le couvercle, à côté du relief, une lettre grecque bêta est gravée dans l’argile. Haute de sept centimètres, elle dépasse même la hauteur du visage de Silène. Des inscriptions de ce type ont déjà été relevées sur d’autres contenants funéraires en terre cuite de la région. Les chercheurs y voient probablement la marque de l’atelier ou de l’artisan qui a fabriqué l’objet.

Comme le sarcophage n’a pas été trouvé dans son contexte d’origine, sa datation repose sur des comparaisons stylistiques. Elles orientent vers les Ier ou IIe siècle de notre ère.

Un lien entre culte dionysiaque et rites funéraires

Pour les auteurs de l’étude, la présence de Silène dans la nécropole ne relève pas du hasard. Le fragment de tête retrouvé dans une autre tombe, associé à ce nouveau couvercle, montre que ces figures protectrices faisaient partie intégrante de l’architecture funéraire et de la décoration des sépultures à Attouda.

Cette interprétation s’appuie aussi sur la monnaie et les inscriptions de la cité, qui attestent la présence du culte dionysiaque. Le couvercle doit donc être lu comme un témoignage concret des liens entre croyances dionysiaques et rituels funéraires, et non comme un simple élément décoratif isolé.

Questions fréquentes

Qu’est-ce qu’un sarcophage en terre cuite de l’Anatolie romaine ?

Il s’agit d’un récipient funéraire cylindrique fabriqué dans une argile rouge locale. Son poids et sa fragilité rendaient le transport difficile, si bien qu’il était probablement produit dans des ateliers régionaux. Ce type de sépulture était répandu dans la cité d’Attouda et ailleurs en Anatolie.

Qui était Silène dans la mythologie grecque et romaine ?

Silène était un vieux satyre, précepteur et compagnon du dieu Dionysos, réputé pour sa sagesse et son goût du vin. Il apparaît souvent dans les scènes de cortèges dionysiaques de l’art funéraire romain.

À quoi servait un masque de Silène sur une tombe ?

Ses traits grotesques, yeux saillants, grande bouche et nez épaté, lui donnaient un rôle de protecteur. Les archéologues pensent qu’il jouait une fonction apotropaïque, destinée à écarter les mauvais esprits du défunt.

Où se trouve le site antique d’Attouda ?

Attouda se situe dans l’ouest de la Turquie, sur l’actuel village de Hisar, dans la province de Denizli. Installée sur une colline bordée de falaises, la cité était facile à défendre et occupée depuis le VIIe ou VIe siècle avant notre ère.

Sources

Synthèse originale rédigée avec l’aide d’une intelligence artificielle à partir des sources citées, puis contrôlée automatiquement (longueur, reprises, sources). Les informations et citations appartiennent à leurs auteurs.

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