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Vue de l’intérieur de la coupe de Lycurgus montrant ses figures creuses, exposée en salle 41 du British Museum

Le verre romain de la coupe de Lycurgus recréé à Sheffield

Photo : Vassil, CC0, Wikimedia Commons

MondePar la rédaction d’Archéo-Logis4 min de lecture

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À Sheffield, en Angleterre, la technicienne Lisa Hollands de l’Université de Sheffield est parvenue à reproduire l’effet de changement de couleur observé dans la coupe de Lycurgus, un verre romain vieux d’environ 1 600 ans. Selon l’université, le procédé repose sur un verre dichroïque, capable d’apparaître vert jade en lumière réfléchie et rouge rubis par transparence. Une œuvre née de cette recette sera présentée le mois prochain.

Une coupe romaine aux deux couleurs

La coupe de Lycurgus est une coupe romaine à cage, un type de vaisselle en verre dont la paroi extérieure forme un réseau sculpté presque détaché du corps du récipient. Selon l’Université de Sheffield, elle affiche une teinte vert jade lorsqu’elle est éclairée par-devant, et un rouge rubis lorsque la lumière la traverse.

Ce phénomène, appelé dichroïsme, rend l’objet singulier parmi les verres antiques parvenus jusqu’à nous. Le décor représente le roi thrace Lycurgus, personnage de la mythologie grecque qui s’opposa à Dionysos et fut pris au piège dans une vigne, une scène qui a longtemps intrigué les spécialistes. Le verre, taillé et meulé, a été travaillé pour faire apparaître cette image avec netteté.

Le secret des nanoparticules d’or et d’argent

Selon l’explication donnée par l’université, les Romains auraient introduit de minuscules fragments d’or et d’argent dans la masse du verre. La taille et la forme des couches de nanoparticules ainsi formées permettent au verre d’absorber certaines longueurs d’onde de la lumière et d’afficher des couleurs différentes selon l’angle d’observation.

Autrement dit, il ne suffit pas de mélanger ces métaux au verre fondu : la répartition des particules, très fine, conditionne l’effet final. Cette exigence technique explique la rareté de ces objets et la difficulté de les reproduire aujourd’hui, car chaque paramètre de cuisson peut modifier le résultat.

Une recette obtenue par essais successifs

Lisa Hollands a d’abord cherché à comprendre le procédé, consciente que la tâche serait complexe. Elle a consulté Caroline Jackson, spécialiste du verre romain, avant de multiplier les expériences dans un travail patient de mise au point.

Elle a testé différents types de fours, plusieurs matériaux, des niveaux d’oxygène variés et d’autres ingrédients jusqu’à obtenir une formule qui fonctionne. Cette démarche, qui combine archéologie expérimentale et chimie des matériaux, permet de mieux comprendre les savoir-faire des verriers antiques, dont on ne conserve pas de traités détaillés.

De l’expérience à l’œuvre d’art

Une fois la matière au point, le verrier Elliot Walker a été chargé de réaliser une œuvre avec ce nouveau matériau. Selon l’université, il a choisi de conserver une forme assez classique et de reprendre le récit de Lycurgus représenté sur la coupe originale.

Il a toutefois jugé nécessaire d’intégrer un élément soufflé pour mettre pleinement en valeur le verre dichroïque, la technique du soufflage permettant des volumes que la taille seule ne donne pas. Cette pièce doit être dévoilée le mois prochain, avant d’entrer dans la collection de l’université, qui conserve ainsi une trace concrète de cette recherche.

Pourquoi ce travail compte pour l’archéologie

Reproduire un objet antique n’est pas seulement un exercice de style. Quand une recette fonctionne, elle valide des hypothèses sur les matières et les températures employées il y a près de deux millénaires, et elle précise ce qui reste incertain dans les reconstitutions.

Ce type d’expérimentation complète l’étude des originaux conservés dans les musées, dont la coupe de Lycurgus, attribuée à l’époque romaine tardive. Il ouvre aussi la voie à de nouvelles recherches sur les autres verres à cage connus, dont certains font l’objet d’études comparatives publiées par la revue Archaeology.

Questions fréquentes

Qu’est-ce que la coupe de Lycurgus ?

La coupe de Lycurgus est une coupe romaine à cage, vieille d’environ 1 600 ans, dont le verre change de couleur selon la lumière. Elle représente le roi thrace Lycurgus pris dans une vigne. Elle se distingue par ce phénomène dichroïque exceptionnel.

Pourquoi le verre de la coupe change-t-il de couleur ?

Selon l’Université de Sheffield, les Romains auraient ajouté de petits fragments d’or et d’argent au verre. La taille et la forme des nanoparticules obtenues permettent d’absorber la lumière et d’afficher des couleurs différentes.

Comment a-t-on recréé ce verre dichroïque ?

La technicienne Lisa Hollands a consulté la spécialiste Caroline Jackson, puis testé plusieurs fours, matériaux et niveaux d’oxygène. Elle a fini par trouver une recette qui produit l’effet recherché.

Où voir des verres romains de ce type ?

Les verres romains à cage sont conservés dans de grands musées européens et britanniques. Consultez le site de chaque établissement pour connaître les expositions en cours et les prêts éventuels.

Sources

Synthèse originale rédigée avec l’aide d’une intelligence artificielle à partir des sources citées, puis contrôlée automatiquement (longueur, reprises, sources). Les informations et citations appartiennent à leurs auteurs.

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