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Statues en bronze étrusques exposées lors d’une exposition sur les bijoux étrusques au Rijksmuseum van Oudheden à Leyde

Arringatore étrusque : une patine noire volontaire, selon une nouvelle étude

Photo : mararie from Brookline, United States, CC BY-SA 2.0, Wikimedia Commons

MondePar la rédaction d’Archéo-Logis4 min de lecture

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Une nouvelle étude consacrée à l’Arringatore, rare statue étrusque en bronze grandeur nature conservée au Musée archéologique national de Florence, établit que sa couleur sombre n’est pas le fruit d’un vieillissement naturel. Selon les analyses publiées dans la revue Heritage, cette patine noire a été produite intentionnellement dans l’Antiquité. Le résultat éclaire les méthodes encore mal connues de la fonderie étrusque, et invite à reconsidérer l’aspect original de nombreux bronzes antiques.

Une statue découverte au XVIe siècle

La statue, dite l’Arringatore ou « Orateur », a été mise au jour en 1567. Coulée creuse, elle représente un personnage vêtu de la toge, chaussé de calcei senatorii, le bras droit levé dans un geste oratoire. Une inscription en langue étrusque, placée sur la toge, identifie le donateur de cette sculpture votive : Aule Metli.

Ce personnage est présenté comme un sénateur de la République romaine, vivant à la fin du IIe siècle ou au début du Ier siècle avant notre ère. Son identité et sa fonction en font un témoin précieux des élites étrusques intégrées à Rome, à une époque où la civilisation étrusque, longtemps autonome, est progressivement absorbée par la puissance romaine.

Une patine obtenue par chauffage

Pour comprendre la couleur du bronze, les chercheurs ont analysé la composition du métal, les couches minérales et organiques stratifiées, ainsi que de minuscules fragments prélevés sur l’œuvre. Ils ont employé la diffraction des rayons X et la microscopie en lumière polarisée afin d’étudier la fabrication et l’assemblage.

Les tests ont mis en évidence une couche sombre de ténorite, oxyde de cuivre noir, située au-dessus d’une couche rouge de cuprite, autre oxyde de cuivre. Cette disposition, répétée sur plusieurs zones conservées et non sur une simple tache isolée, indique un chauffage. Les alliages de cuivre forment en général d’abord la couche rougeâtre, tandis que le minéral sombre se développe dans des conditions plus fortement oxydantes. Les auteurs parlent d’une « patine noirâtre intentionnelle » et jugent peu probable qu’un simple enfouissement ait produit ce double feuilletage.

Une construction en huit éléments

Les radiographies révèlent que le bronze a été assemblé à partir de huit sections coulées séparément. La plupart des parois creuses ne dépassent pas quelques millimètres d’épaisseur, ce qui témoigne d’une maîtrise technique remarquable pour une figure de cette taille. Couler une statue de grandes dimensions en plusieurs pièces, puis les assembler, demandait une grande précision dans la préparation des moules.

Ces informations enrichissent la connaissance des ateliers de fonte étrusques, dont les procédés restent peu documentés. Chaque découverte sur un objet de cette importance permet de confronter les hypothèses formulées à partir d’un nombre limité de pièces conservées, et d’affiner la compréhension des techniques de la fonte à la cire perdue employées dans l’Antiquité.

Une lecture de l’inscription encore discutée

Un commentateur du blog The History Blog propose une lecture de l’inscription de la toge. Selon cette proposition, la statue serait une offrande faite à Sans, peut-être divinité associée aux serments, et l’approbation d’un conseil y serait mentionnée. Cette traduction reste une hypothèse personnelle, non validée par l’étude publiée, et doit être considérée avec prudence.

Le déchiffrement de l’étrusque, langue dont le lexique n’est qu’en partie connu, demeure difficile. Chaque nouvelle lecture doit être confrontée aux données archéologiques et aux comparaisons avec d’autres inscriptions, afin de distinguer ce qui relève de l’hypothèse de ce qui est établi.

Voir l’Arringatore et les sites étrusques

L’Arringatore est présenté au Musée archéologique national de Florence, où il peut être observé de près. Pour approfondir la civilisation étrusque, il est utile de consulter les collections étrusques de ce musée ainsi que les sites funéraires et urbains de l’Étrurie, en Toscane et dans le Latium, qui éclairent le contexte de production de ces bronzes.

La patine noire, rare sur les bronzes antiques, invite à relire l’aspect original de nombreuses statues aujourd’hui perçues uniquement à travers leur couleur verte ou brune, due à leur long séjour dans le sol ou à l’exposition.

Questions fréquentes

Qui est l’Arringatore ?

L’Arringatore est une statue étrusque en bronze creux, découverte en 1567 et conservée à Florence. Elle représente un personnage en toge, nommé Aule Metli par une inscription étrusque, qui en est le donateur. Il est présenté comme un sénateur de la République romaine.

Pourquoi la statue est-elle noire ?

Selon l’étude publiée dans la revue Heritage, cette couleur est une patine créée volontairement dans l’Antiquité. Les analyses montrent une couche de ténorite posée sur une couche de cuprite, disposition qui suggère un chauffage.

Comment la statue a-t-elle été fabriquée ?

Les radiographies indiquent que le bronze a été assemblé à partir de huit sections coulées séparément. Ses parois creuses ne dépassent souvent que quelques millimètres d’épaisseur.

Où voir l’Arringatore ?

La statue est exposée au Musée archéologique national de Florence. Ce musée permet aussi d’approfondir la connaissance de la civilisation étrusque.

Sources

Synthèse originale rédigée avec l’aide d’une intelligence artificielle à partir des sources citées, puis contrôlée automatiquement (longueur, reprises, sources). Les informations et citations appartiennent à leurs auteurs.

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