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Éland commun (Taurotragus oryx) photographié à la réserve naturelle de Malolotja, au Eswatini

Protéines animales et ocre vieilles de 60 000 ans identifiées en Afrique du Sud

Photo : Charles J. Sharp, CC BY-SA 4.0, Wikimedia Commons

MondePar la rédaction d’Archéo-Logis4 min de lecture

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Des protéines animales mêlées à de l’ocre ont été identifiées dans des sédiments âgés d’environ 60 000 ans sur le site archéologique de Kilpdrift, situé dans la réserve naturelle de De Hoop, en Afrique du Sud. Selon un communiqué de l’université de Kyushu, une équipe internationale de chercheurs a découvert ce mélange rare, qui pourrait révéler des pratiques techniques ou symboliques des premiers groupes humains de la région. L’étude a été publiée dans la revue Proceedings of the Royal Society B.

Un mélange rare découvert dans des sédiments riches en ocre

Les analyses ont porté sur des échantillons prélevés dans des couches sédimentaires riches en ocre, un pigment minéral à base d’oxyde de fer, déposées il y a environ 60 000 ans sur le site de Kilpdrift. Selon l’université de Kyushu, c’est la présence simultanée de collagène animal et d’ocre qui retient l’attention des chercheurs, car une telle association reste peu fréquente dans les archives archéologiques.

Le site de Kilpdrift se trouve dans la réserve naturelle de De Hoop, sur la côte sud de l’Afrique du Sud. Les falaises qui le bordent ont accueilli des occupations humaines au Paléolithique moyen, période durant laquelle les groupes de Sapiens utilisaient des outils en pierre taillée et développaient des comportements de plus en plus complexes. Les sédiments conservés dans ce contexte offrent ainsi une fenêtre précieuse sur ces sociétés lointaines.

La paléoprotéomique, une méthode qui identifie les espèces

Pour parvenir à ce résultat, les chercheurs ont eu recours à la paléoprotéomique, une discipline qui étudie les protéines conservées dans des vestiges anciens. Le collagène, principale protéine du tissu conjonctif, se conserve souvent mieux que l’ADN dans certaines conditions et possède des séquences propres à chaque espèce animale, ce qui permet de remonter jusqu’à l’animal d’origine.

Grâce à cette approche, l’équipe a pu attribuer le collagène à l’éland commun (Taurotragus oryx), une grande antilope de savane et de milieux ouverts. Cette identification précise permet de relier des sédiments à des restes animaux déterminés, ce qui n’est pas possible avec les seules observations de terrain. Elle ouvre aussi la voie à une meilleure compréhension des ressources que les groupes humains exploitaient dans leur environnement proche.

Deux hypothèses pour expliquer la présence de ces protéines

Les auteurs de l’étude avancent deux pistes. La première suppose que des matériaux issus de ces grandes antilopes, comme des graisses ou des tissus, ont été mélangés à de la poudre d’ocre. La seconde envisage l’utilisation de peaux traitées à l’ocre sur le site en falaise, peut-être pour les assouplir ou les conserver.

Dans les deux cas, les populations de l’époque auraient associé des ressources animales à un pigment rouge, un comportement qui peut relever de la fabrication d’adhésifs, de la préparation de peaux ou de pratiques à portée symbolique. Les données disponibles ne permettent pas encore de trancher entre ces scénarios, et de nouvelles analyses seront nécessaires pour préciser la fonction exacte de ce mélange.

Un intérêt pour l’histoire des pigments en Afrique australe

L’ocre est attestée très tôt en Afrique australe. Le site de Blombos Cave, sur la côte voisine, a livré un atelier de production de pigments, ce qui montre que la maîtrise de cette matière était déjà ancienne et organisée. La nouvelle étude s’inscrit dans ce cadre en documentant les usages possibles de l’ocre bien au-delà de la seule coloration.

Cette recherche enrichit la connaissance des techniques des chasseurs-cueilleurs du Pléistocène moyen et tardif. Elle montre également le potentiel des analyses moléculaires appliquées à des sédiments, là où les objets eux-mêmes ont disparu, une approche qui pourrait être étendue à d’autres sites du continent.

Questions fréquentes

Où se trouve le site de Kilpdrift ?

Le site de Kilpdrift est situé dans la réserve naturelle de De Hoop, sur la côte sud de l’Afrique du Sud. Ses falaises ont été occupées par des groupes humains il y a plusieurs dizaines de milliers d’années.

Qu’est-ce que la paléoprotéomique ?

La paléoprotéomique est une méthode qui analyse les protéines conservées dans des vestiges anciens. Elle permet d’identifier l’espèce animale à laquelle appartient un tissu, même lorsque l’ADN est dégradé.

À quoi servait l’ocre dans la préhistoire ?

L’ocre servait de pigment, mais elle pouvait aussi entrer dans la fabrication d’adhésifs ou dans le traitement des peaux. Ses usages symboliques sont également discutés par les chercheurs.

Peut-on visiter des sites préhistoriques en Afrique du Sud ?

Plusieurs sites de l’âge de pierre sont accessibles au public en Afrique du Sud, notamment dans les réserves naturelles de la côte. Il est conseillé de vérifier auprès des gestionnaires les conditions de visite avant de se déplacer.

Sources

Synthèse originale rédigée avec l’aide d’une intelligence artificielle à partir des sources citées, puis contrôlée automatiquement (longueur, reprises, sources). Les informations et citations appartiennent à leurs auteurs.

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