Aller au contenu
Conjunt de la Font Major (l'Espluga de Francolí) - gravures pariétales dans la grotte

Art rupestre glaciaire : 280 gravures paléolithiques découvertes en Catalogne

Photo : Angela Llop, CC BY-SA 2.0, Wikimedia Commons

MondePar la rédaction d’Archéo-Logis4 min de lecture

Read in English · Auf Deutsch lesen · Leer en español

Des archéologues ont identifié 280 motifs gravés datant du Paléolithique supérieur dans la grotte Cova de la Font Major, en Catalogne. Publiée dans la revue Antiquity, cette découverte fait de la cavité le troisième plus grand ensemble d’art rupestre glaciaire connu sur la façade méditerranéenne de la péninsule Ibérique, une région jusqu’ici jugée pauvre en art pariétal.

Une cavité fréquentée depuis des siècles sans être reconnue

La Cova de la Font Major est fréquentée depuis le XIIe siècle, ce qui en fait un lieu de passage ancien. À partir de 1957, elle attire visiteurs, spéléologues et chercheurs de trésors, avant d’être aménagée en site touristique en 1993.

Malgré cette longue fréquentation, aucune trace d’art glaciaire n’y avait été repérée. On pensait même que les parois de la grotte ne se prêtaient pas à la gravure paléolithique, ce qui explique que les motifs soient restés invisibles pendant des décennies. Certains visiteurs ont pourtant gravé leur nom et une date sur les surfaces mêmes où se trouvaient les figures anciennes, sans soupçonner leur origine.

Un déséquilibre géographique dans l’art rupestre ibérique

La péninsule Ibérique concentre plus de la moitié de l’art rupestre documenté dans l’Europe du Paléolithique supérieur. Cette richesse est pourtant très inégale : la région franco-cantabrique, à cheval sur la France et l’Espagne, en regroupe la plus grande part, alors que la Catalogne ne comptait que deux représentations connues.

Selon Josep Maria Vergès, de l’Institut catalan de paléoécologie humaine et d’évolution sociale (IPHES-CERCA), l’art paléolithique identifié dans le nord-est de l’Ibérie restait très rare comparé à l’abondance du voisin franco-cantabrique. La découverte de la Cova de la Font Major change nettement ce constat et ouvre une nouvelle page de la recherche régionale.

Une découverte réalisée sous les yeux de tous

Les chercheurs ont recensé 280 motifs paléolithiques, soit la plus forte concentration de représentations pariétales connue à ce jour en Catalogne. Pendant plus de soixante ans, des milliers de visiteurs ont longé ces surfaces gravées sans en reconnaître l’origine glaciaire, ce que souligne Vergès en rappelant que leur ancienneté n’avait jamais été identifiée.

Cette quantité est exceptionnelle si l’on compare la zone à la façade méditerranéenne de l’Ibérie, où près de 75 % des ensembles connus ne comptent pas plus de cinq figures zoomorphes et plus de 90 % pas plus de vingt. Selon Míriam Salas-Altès, également de l’IPHES-CERCA, la richesse de ce site y est donc particulièrement remarquable.

Une tradition artistique propre à la Méditerranée

L’analyse des motifs montre qu’ils diffèrent de ceux de la région franco-cantabrique. Les auteurs en concluent qu’il s’agit d’une tradition artistique paléolithique distincte, et non d’une simple extension de l’art du nord de l’Espagne ou du sud de la France.

Cette observation suggère aussi que le nord-est de l’Ibérie, longtemps considéré comme une zone marginale, a pu être densément occupé pendant le Paléolithique. Pour les chercheurs, cela modifie la compréhension de cette période dans l’ouest du bassin méditerranéen, où l’art pariétal était jusqu’ici surtout connu par des ensembles plus modestes.

Ce que la découverte change pour la recherche

Les auteurs soulignent que la région n’avait jamais livré de preuves aussi nettes d’un art propre, ce qui impose de réexaminer d’autres parois et grottes de la côte méditerranéenne. Des relevés plus fins, s’appuyant sur des méthodes d’imagerie, pourraient affiner l’inventaire des motifs et leur chronologie relative.

Pour le public, les grottes ornées de la région restent accessibles à travers des musées et des sites de visite, où l’on peut comparer l’art glaciaire ibérique à celui de l’arc franco-cantabrique et mieux saisir la diversité des traditions de cette période.

Questions fréquentes

Où se trouve la grotte Cova de la Font Major ?

La grotte se situe en Catalogne, dans le nord-est de la péninsule Ibérique. Elle est fréquentée depuis le XIIe siècle et transformée en site touristique en 1993. Ce long usage explique en partie pourquoi ses gravures préhistoriques ont été si longtemps ignorées.

Combien de motifs ont été découverts dans cette grotte ?

Les archéologues ont identifié 280 motifs paléolithiques. Il s’agit de la plus forte concentration de représentations pariétales connue en Catalogne à ce jour. Cette densité place la cavité au troisième rang des ensembles de la façade méditerranéenne ibérique.

En quoi cet art diffère-t-il de celui de la région franco-cantabrique ?

Les motifs présentent des caractéristiques différentes de celles de l’art franco-cantabrique voisin. Les chercheurs y voient une tradition artistique distincte, propre à la Méditerranée ibérique, et non une simple prolongation des styles connus au nord.

Où consulter les résultats de cette étude ?

Les résultats ont été publiés dans la revue Antiquity en 2026, sous le titre « Filling gaps », par Josep Maria Vergès Bosch et ses collègues. L’information a notamment été relayée par Phys.org, qui en présente le contenu au public.

Sources

Synthèse originale rédigée avec l’aide d’une intelligence artificielle à partir des sources citées, puis contrôlée automatiquement (longueur, reprises, sources). Les informations et citations appartiennent à leurs auteurs.

À lire aussi