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Des archéologues ont mis au jour la plus vaste collection d’inscriptions latines jamais découverte dans une grotte de l’Empire romain. À Cova Dones, en Espagne, plus de 120 textes, datant pour la plupart des Ier et IIe siècles de notre ère, attestent le culte d’une déesse et une place inhabituelle accordée aux femmes dans les rituels, selon l’université de Southampton.
Une découverte d’une ampleur inédite
Selon l’université de Southampton, qui relaie les travaux du projet DONARQ, au moins 120 inscriptions latines ont été recensées à Cova Dones. Jusqu’ici, seuls une quinzaine de textes étaient connus dans cette cavité. La plupart sont attribuées aux Ier et IIe siècles de notre ère, période où la présence romaine s’est fortement enracinée dans la péninsule Ibérique.
Le projet est piloté par Aitor Ruiz-Redondo, de l’université de Saragosse et de l’université de Southampton, et par Virginia Barciela, de l’université d’Alicante. Les analyses épigraphiques, c’est-à-dire l’étude systématique des inscriptions, ont été menées pendant les mois de mai et juin.
Une déesse appelée Domina
Un groupe de cinq inscriptions votives permet d’affirmer, selon Silvia Alfayé, professeure d’histoire ancienne à l’université de Saragosse, qu’un culte était rendu à l’intérieur de la grotte à une déesse désignée avec respect sous le nom de Domina, « la Dame ». Cette divinité portait un épithète spécifique, vraisemblablement lié à l’eau, dont la lecture définitive reste à l’étude.
Sergio García-Dils, de l’UNED à Séville, souligne que la concentration de ces textes dans un même secteur de la cavité suggère un culte bien organisé et structuré, et non une simple visite à caractère religieux général.
Des femmes au cœur des rituels
Les premières lectures indiquent qu’au moins certaines femmes ont rédigé elles-mêmes leurs vœux, sans passer par un intermédiaire. Ce point est remarquable : jusqu’ici, la grotte romaine dotée du plus grand corpus épigraphique connu était La Griega, avec 107 inscriptions, dont une seule mentionne un nom féminin. Les dédicantes féminines existent ailleurs, mais restent nettement minoritaires face à une écrasante majorité de dédicants masculins.
Un sanctuaire souterrain préservé
Les inscriptions se concentrent dans une salle nommée par les chercheurs « sanctuaire romain », située à plus de 200 mètres sous la surface et découverte en 2024. Elles sont très difficiles à distinguer à l’œil nu ; l’équipe a donc utilisé une restitution photogrammétrique haute résolution, qui consiste à construire des images en trois dimensions à partir de nombreux clichés, pour repérer des textes inaperçus et en distinguer d’autres jusque-là considérés comme un seul.
Le sol est jalonné de bassins naturels formés par des dépôts minéraux, où l’eau qui traverse la grotte s’accumule. Les fouilles ont documenté in situ des offrandes : deux bagues, un bracelet, des vases en forme de calice, des fusaïoles, c’est-à-dire des pesons de fuseau, des fragments de céramique et des restes fauniques. S’y ajoute une monnaie romaine au nom de l’empereur Claude, trouvée en 2024.
Ce que révèle le nom de la cavité
Le grand nombre de fusaïoles, outils de filage traditionnellement associés aux femmes dans l’Antiquité, renforce l’hypothèse d’une participation féminine active. Barciela invite à reconsidérer le plus ancien nom connu du site, Cova de les Dones, « la grotte des femmes ». Ce toponyme pourrait conserver la mémoire d’un lieu longtemps lié aux femmes, ou à des êtres surnaturels féminins.
La conservation in situ, à la fois des objets et des inscriptions rupestres, est exceptionnellement rare. Une grande partie de la cavité reste à explorer, et un programme de conservation et de valorisation est prévu cette année, incluant des visites virtuelles immersives.
Questions fréquentes
Qu’est-ce que Cova Dones ?
Cova Dones est une grotte d’Espagne déjà connue pour un vaste ensemble d’art rupestre paléolithique. Elle abrite aussi un sanctuaire romain souterrain situé à plus de 200 mètres de profondeur. Le site a attiré l’attention des chercheurs bien avant ces découvertes récentes.
Qui était la déesse Domina ?
Domina, « la Dame », est une divinité vénérée à l’intérieur de la grotte à l’époque romaine, d’après cinq inscriptions votives. Elle portait un épithète probablement lié à l’eau, dont la lecture exacte est encore à l’étude. Les chercheurs la voient comme une divinité au culte bien structuré.
Pourquoi les femmes sont-elles importantes dans ce sanctuaire ?
Des textes semblent avoir été rédigés directement par des femmes, sans intermédiaire, et les fusaïoles retrouvées renvoient à leur activité. Cette présence féminine est rare dans les inscriptions romaines, où les dédicants masculins dominent largement. Elle fait de Cova Dones un cas particulièrement original.
Peut-on visiter Cova Dones ?
Un programme de conservation et de valorisation de la grotte est prévu, avec la possibilité de visites virtuelles immersives. Une grande partie du site reste en cours d’étude. Pour découvrir d’autres sites romains d’Espagne, les musées régionaux et les sites archéologiques ouverts au public offrent un bon point de départ.
Sources
Synthèse originale rédigée avec l’aide d’une intelligence artificielle à partir des sources citées, puis contrôlée automatiquement (longueur, reprises, sources). Les informations et citations appartiennent à leurs auteurs.


