Aller au contenu

Tombe d’une prêtresse de Déméter découverte à Manduria, dans les Pouilles

MondePar la rédaction d’Archéo-Logis4 min de lecture

Read in English · Auf Deutsch lesen · Leer en español

Des archéologues ont découvert à Manduria, petite ville des Pouilles dans le talon de la botte italienne, la tombe vieille de 2 300 ans d’une possible prêtresse de Déméter. Le monument, baptisé tombe 17, porte deux inscriptions en messapien, une langue préromaine non italique, ainsi que des décors liés au culte de la déesse de l’agriculture.

Une tombe taillée dans la roche

La sépulture a été repérée dans l’ancienne nécropole de Manduria, située dans le parc archéologique des Mura Messapiche. Creusée directement dans le substrat rocheux, elle était fermée à l’origine par trois dalles de pierre massives, qui ont conservé l’essentiel du message gravé et peint.

Ce type de tombe taillée dans la roche est caractéristique des pratiques funéraires messapiennes, peuples installés dans la région bien avant la domination romaine. Le site fait partie des grands ensembles funéraires qui permettent aujourd’hui de mieux comprendre ces communautés.

Deux inscriptions pour une prêtresse

L’inscription gravée court sur les trois dalles de fermeture. Les épigraphistes y ont identifié le nom d’une femme, celui de son père et le mot « thabara », qui désigne ici un titre sacerdotal. Ce vocable indique que la défunte appartenait à une famille en vue et qu’elle exerçait une fonction religieuse importante dans sa communauté.

La seconde inscription, peinte sur la face interne d’une des dalles, comporte quatre lignes. Elle reprend le mot « thabara » associé à un nom interprété comme « Damatrioas », possible référence à Déméter, déesse grecque des moissons et de l’agriculture. C’est cette association du titre et de la divinité qui conduit les chercheurs à penser que la défunte fut prêtresse de Déméter.

Des décors rares et un pillage ancien

La tombe présente un décor pictural exceptionnel : une frise de méandres sur la partie haute des dalles, une clé de temple et un thymiatérion, récipient servant à brûler de l’encens. Ces motifs renvoient directement à la sphère rituelle et religieuse du culte.

Le tombeau avait été pillé dès l’Antiquité, de sorte que peu de mobilier funéraire subsiste. On y a toutefois retrouvé des fibules en bronze, une bague en argent ornée d’un motif de serpent, une monnaie d’argent frappée à Tarente et un objet en fer non identifié. Les restes osseux, rares et fragmentaires, ont été endommagés par les pillards et par l’acidité du sol.

Une langue presque disparue

Le messapien est connu aujourd’hui par environ 600 inscriptions seulement. Cette langue a disparu après la conquête romaine de l’Italie du Sud, à l’issue de la deuxième guerre punique (218-201 av. J.-C.). Chaque nouvelle inscription apporte donc une contribution précieuse à la connaissance de ce corpus limité.

Le rôle des femmes dans la religion messapienne reste une question ouverte. Si les premières interprétations sont confirmées, la tombe 17 renseignera sur la place religieuse des femmes et sur la manière dont les cultes grecs se sont transformés dans le sud de la péninsule.

La suite des recherches

Les archéologues poursuivront l’étude des inscriptions de la tombe 17. Au-delà de l’analyse épigraphique, les décors vont être restaurés et le mobilier funéraire examiné en détail, afin de préciser la datation et le contexte de la sépulture.

Les visiteurs intéressés par ces vestiges peuvent se rendre au parc archéologique des Mura Messapiche à Manduria, où se trouvent les témoignages de l’habitat et de la nécropole messapiens.

Questions fréquentes

Qui était la personne enterrée dans la tombe de Manduria ?

Selon les inscriptions, il s’agit d’une femme issue d’une famille influente, dont le nom et celui de son père figurent sur les dalles. Le titre « thabara » suggère qu’elle occupait une fonction sacerdotale. Les chercheurs restent prudents tant que les interprétations ne sont pas confirmées.

Qu’est-ce que la langue messapienne ?

Le messapien est une langue préromaine parlée dans le sud de l’Italie, non italique, c’est-à-dire étrangère au groupe linguistique des langues latines et ombriennes. Elle n’est connue que par une centaine d’inscriptions de peu de mots chacune. Elle a disparu après la conquête romaine.

Où voir des vestiges messapiens dans les Pouilles ?

Le parc archéologique des Mura Messapiche, à Manduria, présente les vestiges de l’ancienne cité et de sa nécropole. Il permet de découvrir l’architecture et les pratiques funéraires de ce peuple de la région.

Pourquoi cette tombe est-elle importante pour l’archéologie ?

Elle associe un titre religieux, un nom de divinité et des décors rituels, ce qui est rare. Avec seulement environ 600 inscriptions messapiennes connues, chaque découverte éclaire à la fois la langue, la religion et la place des femmes dans la société.

Sources

Synthèse originale rédigée avec l’aide d’une intelligence artificielle à partir des sources citées, puis contrôlée automatiquement (longueur, reprises, sources). Les informations et citations appartiennent à leurs auteurs.

À lire aussi