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Photographie ancienne du site de l’école Flevum à Velsen, Pays-Bas, issue des archives du Noord-Holland

Un soldat romain assassiné à Velsen : l’enquête archéologique d’un cold case

Photo : Poppe de Boer, CC0, Wikimedia Commons

MondePar la rédaction d’Archéo-Logis4 min de lecture

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Un squelette presque complet, découvert en 1977 au fond d’un puits du fort romain de Velsen, aux Pays-Bas, fait l’objet d’une nouvelle enquête. Selon l’Université de Leyde, des chercheurs ont multiplié les analyses et reconstitué un meurtre d’une grande violence, commis il y a environ deux mille ans. Leur étude, rassemblée dans un ouvrage intitulé « Victims of Violence from the Early Roman Fort Velsen », propose plusieurs scénarios sans trancher définitivement.

Une découverte ancienne au fond d’un puits

En 1977, des archéologues amateurs ont mis au jour, à l’emplacement du fort romain de Velsen, un puits dans lequel reposait un homme presque entier. Le défunt portait un ceinturon militaire, un poignard, une bague, une fibule et une sandale de soldat.

Très tôt, la découverte a été rapprochée d’un récit antique. Dans ses Annales, l’historien romain Tacite décrit la révolte des Frisons en l’an 28, déclenchée par la hausse des impôts exigée par Rome. Un lien avec ce meurtre semblait possible, mais restait à vérifier.

Une enquête scientifique multidisciplinaire

Face aux questions soulevées par ce squelette, l’équipe a choisi de rouvrir le dossier. Pendant plusieurs années, archéologues, spécialistes et étudiants ont examiné les restes avec des techniques de pointe : analyses isotopiques, expertise médico-légale, analyse ostéoarchéologique et modélisation 3D.

Les chercheurs ont ainsi relevé de nombreuses traces de coups de poignard sur la cage thoracique et plusieurs perforations du bassin. Grâce aux modèles tridimensionnels, ils ont pu reconstituer la manière dont ces blessures avaient été infligées, probablement avec un poignard militaire romain, peut-être celui retrouvé près du corps.

Un meurtre brutal et ciblé

Le nombre de blessures surprend les spécialistes. Selon les experts médico-légaux cités par l’équipe, il s’agit d’un homicide particulièrement brutal, qui traduit une colère intense envers la victime. Les chercheurs y voient un acte de vengeance délibéré plutôt qu’un combat défensif dans l’enceinte du fort.

Ce constat conduit à écarter l’hypothèse d’une attaque ordinaire. Il indique qu’un ou plusieurs auteurs ont visé cet homme précisément, avec une violence qui dépasse ce qu’un affrontement militaire laisse habituellement.

Qui était la victime ?

Les chercheurs pensent qu’il s’agissait plutôt d’un simple soldat que d’un officier. Son poignard était usé et son ceinturon composé de pièces disparates, alors que le fourreau était d’un style romain plus soigné. Haut d’environ 1,90 mètre, l’homme était remarquablement grand et musclé pour l’époque.

Les archéologues des années 1980 avaient avancé qu’il pouvait être frison. Les analyses isotopiques de l’émail dentaire ont toutefois révélé une enfance passée en Europe du Sud, l’émail gardant la trace de l’alimentation et de l’eau consommées pendant la jeunesse.

Plusieurs scénarios pour un même crime

Comme dans toute enquête de type cold case, la question du coupable reste ouverte. « Nous essayons de résoudre un meurtre ancien avec des méthodes modernes et ne choisissons aucune théorie », explique Mark Driessen, l’un des auteurs. Le livre examine donc plusieurs hypothèses : un assaut des Frisons motivé par l’impôt, comme le rapporte Tacite, l’exécution d’un déserteur par le commandement militaire, ou une vengeance de membres de la population locale.

Driessen et Carol van Driel-Murray estiment toutefois plus probable un meurtre commis par des compagnons d’armes, en représailles à une faute. Ils invitent les lecteurs à forger leur propre conclusion et souhaitent même confier l’histoire à un auteur de fiction historique. Le squelette, conservé au Musée national des antiquités de Leyde, pourrait figurer dans la future exposition consacrée aux Pays-Bas sous l’Empire romain.

Questions fréquentes

Qui était l’homme retrouvé dans le puits de Velsen ?

Il s’agissait probablement d’un simple soldat romain, d’une grande taille et très musclé. Les analyses de l’émail dentaire indiquent qu’il avait passé son enfance en Europe du Sud. Son identité exacte reste inconnue.

Comment le meurtre a-t-il été reconstitué ?

Les chercheurs ont combiné analyses isotopiques, expertise médico-légale et modélisation 3D. Ces outils ont permis de localiser et de reconstituer de nombreux coups de poignard. Les blessures semblent avoir été causées par un poignard militaire romain.

Le meurtre est-il lié à la révolte des Frisons ?

Un lien a été envisagé à partir du récit de Tacite sur la révolte de l’an 28. Les auteurs ne l’acceptent pas sans preuves, car les sources écrites et les vestiges archéologiques ne racontent pas toujours la même histoire. Ils présentent cette piste comme un scénario parmi d’autres.

Où peut-on voir les restes de ce squelette romain ?

Le squelette est conservé au Musée national des antiquités de Leyde, aux Pays-Bas. Le musée envisage d’inclure cette histoire dans son futur parcours permanent sur les Pays-Bas à l’époque romaine.

Sources

Synthèse originale rédigée avec l’aide d’une intelligence artificielle à partir des sources citées, puis contrôlée automatiquement (longueur, reprises, sources). Les informations et citations appartiennent à leurs auteurs.

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