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Statère en argent de l’âge du fer britannique, type sud-ouest sans inscription (Durotriges), avec couronne stylisée au droit et cheval stylisé au revers

Verica, roi des Atrébates : une reine de l’âge du fer britannique ?

Photo : Somerset County Council, Ciorstaidh Hayward Trevarthen, 2014, CC BY-SA 4.0, Wikimedia Commons

MondePar la rédaction d’Archéo-Logis4 min de lecture

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Une reine de l’âge du fer britannique ? Selon des travaux de l’université de Bournemouth, Verica, souverain des Atrébates au cœur de l’invasion romaine de l’an 43 de notre ère, serait en réalité une femme. Ce réexamen, présenté dans l’ouvrage « Caratacus : Great king of Britain » et discuté dans la revue Current Archaeology, bouleverse la lecture des origines de la Bretagne romaine et de la relation entre Rome et l’île.

Qui était Verica ?

Verica dirigeait les Atrébates, un peuple dont le territoire couvrait une grande partie de l’actuel Hampshire et du West Sussex, dans le sud de l’Angleterre. Vers l’an 40 de notre ère, il fut chassé du pouvoir et s’enfuit à Rome auprès de l’empereur Claude.

Cet épisode est décisif dans les sources antiques. L’historien romain Cassius Dio affirme que l’expédition de conquête n’eut lieu que parce que Verica persuada Claude de traverser la Manche. Le récit fait donc de ce réfugié le déclencheur direct d’une opération militaire majeure.

Un indice dans le nom et dans les monnaies

Selon Miles Russell, directeur des fouilles archéologiques à l’université de Bournemouth et responsable de ces recherches, le nom Verica se terminant par un « a » était courant pour les femmes de l’époque. Il le rapproche de Cartimandua, reine des Brigantes dans le Yorkshire, et de Boudica, cheffe de la révolte des Icéniens contre Rome en 60.

Le titre latin rex, gravé sur les monnaies, ne préjuge pas du genre : Rome reconnaissait aussi des souveraines, à l’image de Cléopâtre en Égypte. Surtout, l’iconographie compte. Là où d’autres souverains bretons de l’âge du fer figurent des guerriers, Verica apparaît sous les traits d’une silhouette élancée, féminine et seins nus, chevauchant un cheval.

Un rôle central dans l’expédition romaine

Pour Russell, le récit de Dio reprend le cliché d’un empereur soumis à son entourage féminin, un personnage présenté comme faible et dominé par des femmes et des affranchis. Réduire la décision de Claude aux « chuchotements » d’une figure féminine étrangère minimise, selon lui, le rôle réel de Verica.

Le chercheur avance que la présence de l’exilé à bord de l’expédition aurait assuré son succès : Verica aurait fourni des informations tactiques et un appui sur le terrain. L’invasion offrait à Claude l’occasion de prouver qu’il était un chef militaire capable, et le départ forcé de Verica lui fournit le prétexte d’un changement de régime.

Une relecture dictée par les préjugés anciens

Selon Miles Russell, le genre masculin attribué à Verica tient au regard patriarcal des historiens classiques du XIXe siècle. Le chercheur plaide pour que l’on prenne « les preuves archéologiques au pied de la lettre » et que l’on reconnaisse Verica comme l’une des premières et plus importantes dirigeantes bretonnes.

Cette étude s’inscrit dans une série de travaux de l’université de Bournemouth sur la place des femmes en Bretagne à l’âge du fer. L’an dernier, des recherches impliquant Russell et ses collègues ont mis en évidence une société de type matriarcal, où les maris venaient vivre dans la communauté de leurs épouses.

Ce que l’on peut retenir et voir

Cette hypothèse, appuyée sur la numismatique et la linguistique, reste à discuter parmi les spécialistes. Elle montre néanmoins combien les textes romains ont façonné la mémoire des dirigeants celtes de Bretagne, et combien les monnaies peuvent corriger ces récits.

Pour approfondir la période, les visiteurs peuvent consulter les collections de monnaies gauloises et bretonnes des grands musées britanniques, dont le British Museum à Londres, et explorer les sites de l’âge du fer du sud de l’Angleterre, où vécurent les Atrébates.

Questions fréquentes

Qui était Verica, roi des Atrébates ?

Verica était un dirigeant de l’âge du fer britannique, à la tête des Atrébates, dont le territoire recouvrait une partie du Hampshire et du West Sussex. Renversé vers l’an 40, il se réfugia à Rome auprès de l’empereur Claude. Son appel fut présenté par les sources antiques comme le déclencheur de l’invasion de l’an 43.

Pourquoi Verica serait-elle une femme ?

Selon Miles Russell, la terminaison du nom en « a » était typique des noms féminins de l’époque. Les monnaies, qui figurent une silhouette féminine à cheval, renforcent cette lecture. Le titre latin rex, neutre sur le plan du genre, ne s’y oppose pas.

Pourquoi les historiens ont-ils supposé que Verica était un homme ?

D’après les travaux présentés, cette supposition découlerait du regard patriarcal des historiens classiques du XIXe siècle. Les archéologues proposent désormais de s’appuyer davantage sur les preuves matérielles.

Où voir des monnaies de l’âge du fer britannique ?

Les collections de monnaies gauloises et bretonnes sont présentées dans plusieurs musées britanniques, notamment le British Museum à Londres. Les visiteurs peuvent aussi explorer les sites de l’âge du fer du sud de l’Angleterre.

Sources

Synthèse originale rédigée avec l’aide d’une intelligence artificielle à partir des sources citées, puis contrôlée automatiquement (longueur, reprises, sources). Les informations et citations appartiennent à leurs auteurs.

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