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Coupe géologique de Wadi al-Hitan, redessinée d’après Zalmout et Gingerich (2012), montrant les couches rocheuses d’un site fossilifère du désert Occidental égyptien

Un fossile de singe vieux de 18 millions d’années découvert en Égypte

Photo : DagdaMor, CC BY-SA 4.0, Wikimedia Commons

MondePar la rédaction d’Archéo-Logis4 min de lecture

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Un fossile de singe découvert en Égypte pourrait réécrire l’histoire des origines humaines. Baptisé Masripithecus moghraensis, cet animal vivait il y a 17 à 18 millions d’années au Miocène inférieur, et ses restes ont été mis au jour à Wadi Moghra, dans le nord du pays. Décrit dans la revue Science, il s’agit du premier grand singe fossile certain jamais trouvé en Afrique du Nord.

Une découverte qui comble une lacune

Pendant des décennies, les chercheurs ont pensé que les premiers singes et leurs proches parents se concentraient surtout dans le sud de l’Afrique. Les sites nord-africains avaient livré des restes de singes anciens du Miocène inférieur, mais jamais de grands singes de la même période. Cette absence influençait fortement les théories sur l’évolution de ce groupe.

Selon l’étude publiée le 26 mars 2026 dans la revue Science, l’équipe internationale, réunissant le Mansoura University Vertebrate Paleontology Center en Égypte et l’University of Southern California aux États-Unis, suggère que le nord de l’Afrique et le Moyen-Orient ont pu jouer un rôle central dans l’émergence de la lignée ayant donné naissance à tous les grands singes actuels.

Un animal aux dents singulières

Les fossiles ont été recueillis lors de campagnes menées en 2023 et 2024 par le laboratoire Sallam, à Wadi Moghra. Les restes se limitent à une mâchoire inférieure, mais leur combinaison de caractères est inhabituelle : une mâchoire très robuste, de grandes canines et des prémolaires imposantes, ainsi que des molaires aux surfaces de mastication arrondies et fortement texturées.

Ces traits suggèrent un régime alimentaire principalement composé de fruits, avec la capacité de broyer des aliments plus durs comme des noix ou des graines lorsque la nécessité s’en faisait sentir. Cette souplesse alimentaire a pu constituer un atout précieux à une époque où le climat devenait plus contrasté saisonnièrement.

Une place inattendue dans l’arbre généalogique

L’analyse de la position de Masripithecus dans l’arbre évolutif a réservé une surprise. Selon les chercheurs, l’espèce serait plus proche des grands singes vivants que toute espèce connue du Miocène inférieur d’Afrique de l’Est. Pour parvenir à ce résultat, l’équipe a utilisé des méthodes statistiques bayésiennes, qui permettent de comparer plusieurs scénarios évolutifs et d’évaluer le poids des preuves en faveur de chacun.

Les scientifiques ont combiné des données anatomiques sur des singes vivants et éteints, des informations génétiques sur les espèces actuelles et les âges géologiques des fossiles. Ils ont ainsi reconstitué les liens de parenté et exploré le lieu où leur ancêtre commun a pu vivre.

Le nord de l’Afrique, berceau possible des grands singes

D’autres analyses de la répartition ancienne des animaux désignent le nord de l’Afrique et le Moyen-Orient comme les foyers géographiques les plus probables de l’ancêtre commun de tous les grands singes vivants. Cet ancêtre aurait vécu au Miocène inférieur, une période d’environ 23 à 16 millions d’années marquée par la diversification des lignées de singes et par de profonds changements environnementaux.

La géographie joue ici un rôle clé. L’Afrique et l’Arabie se rapprochaient alors de l’Asie, et les variations du niveau des mers modifiaient périodiquement les liaisons terrestres. Cette région occupait donc une position stratégique pour les échanges entre l’Afrique et l’Eurasie.

Une hypothèse qui fait débat

Erik Seiffert, paléontologue à l’University of Southern California et coauteur de l’étude, reconnaît avoir longtemps considéré comme probable une origine est-africaine de l’ancêtre commun des grands singes. Les nouvelles analyses remettent fortement cette idée en cause, sans dépendre uniquement de Masripithecus.

Les chercheurs ne affirment pas pour autant que cette espèce soit un ancêtre direct des humains ou même des grands singes actuels. Elle apporte surtout des indices sur l’endroit où a pu naître la lignée ancestrale plus large, une nuance importante pour interpréter ces résultats.

Questions fréquentes

Quel est le fossile de singe découvert en Égypte ?

Il s’agit de Masripithecus moghraensis, un grand singe vieux de 17 à 18 millions d’années. Ses restes, une mâchoire inférieure, ont été trouvés à Wadi Moghra, dans le nord de l’Égypte. C’est le premier grand singe fossile certain découvert en Afrique du Nord.

Les humains viennent-ils d’Égypte ?

Ce fossile ne prouve pas que les humains descendent directement d’un singe égyptien. Il suggère que l’ancêtre commun des grands singes, dont les humains font partie, a pu vivre au nord de l’Afrique ou au Moyen-Orient. L’hypothèse reste discutée par la communauté scientifique.

Pourquoi cette découverte remet-elle en cause l’Afrique de l’Est ?

Pendant longtemps, on pensait que les origines des grands singes se situaient en Afrique de l’Est. L’analyse de ce fossile et de la répartition ancienne des animaux oriente désormais vers le nord de l’Afrique et le Moyen-Orient. Cela oblige à revoir le scénario de l’évolution des primates.

Comment les chercheurs ont-ils daté ce fossile ?

Les fossiles ont été attribués au Miocène inférieur, entre 17 et 18 millions d’années. Les scientifiques ont intégré ces âges géologiques à leurs analyses évolutives. Ces données, combinées à l’anatomie et à la génétique, leur ont permis d’estimer quand et où les différentes branches se sont séparées.

Sources

Synthèse originale rédigée avec l’aide d’une intelligence artificielle à partir des sources citées, puis contrôlée automatiquement (longueur, reprises, sources). Les informations et citations appartiennent à leurs auteurs.

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