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Coupe de Lycurgue vue de l’intérieur, montrant que les figures sont creuses, British Museum, salle 41

Coupe de Lycurgue : le verre romain qui change de couleur grâce aux nanoparticules

Photo : Vassil, CC0, Wikimedia Commons

MondePar la rédaction d’Archéo-Logis4 min de lecture

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La coupe de Lycurgue, gobelet en verre de l’Empire romain conservé au British Museum à Londres, fascine les chercheurs par sa capacité à changer de couleur. Selon Live Science, le récipient passe du vert jade au rouge rubis selon que la lumière l’éclaire par l’avant ou par l’arrière. Malgré plusieurs études depuis plus d’un demi-siècle, les spécialistes ignorent encore si les artisans romains recherchaient délibérément cet effet.

Une pièce majeure acquise par le British Museum

La coupe de Lycurgue mesure environ 15,9 centimètres de haut et pèse près de 700 grammes. Selon Live Science, le British Museum l’a acquise en 1958 auprès de la famille de banquiers Rothschild, qui la possédait depuis le milieu du XIXe siècle. Elle doit son nom à la scène qu’elle représente : le roi Lycurgue, qui s’était opposé au culte du dieu Dionysos.

Ce personnage est, dans le mythe, le roi des Édoniens, une tribu thrace. Il chassa le dieu dans la mer, mais l’une des prêtresses de Dionysos, Ambrosia, le combattit en se transformant en vigne qui l’enserra, tandis que d’autres prêtresses le tourmentaient. Pour un objet destiné à un dieu du vin, ce châtiment prenait une résonance particulière.

Un gobelet de type « cage-cup »

Selon une étude de 1959 des archéologues D. B. Harden et Jocelyn Toynbee, la coupe appartient à la famille des « cage-cups », ou gobelets en cage, dont il ne subsiste qu’une poignée d’exemplaires. Le décor était obtenu en taillant et en meulant un verre épais, en laissant de petits ponts de matière pour maintenir les motifs, d’où l’aspect de cage.

Les deux chercheurs ont daté sa fabrication du IVe siècle, vraisemblablement en Italie. Ils ont aussi noté que la monture en bronze qui forme le pied et le bord est probablement un ajout du XIXe siècle, ce qui rappelle que l’objet a été modifié au fil de son histoire moderne.

Le verre dichroïque, un mystère antique

Les coupes dichroïques, qui changent de teinte selon l’éclairage, sont mentionnées dans les sources romaines. Une lettre du IIe siècle, possiblement rédigée par l’empereur Hadrien à son beau-frère, évoque le don de deux de ces coupes destinées aux banquets. Une étude de 2007 souligne pourtant que très peu de fragments de ce verre mystérieux ont survécu.

Le mécanisme a été élucidé progressivement. Une étude de 1963 a mis en évidence le rôle de nanoparticules microscopiques d’or et d’argent, plus petites que les grains de sable, présentes dans le verre. Éclairé par devant, le matériau apparaît vert laiteux ; éclairé par derrière, il devient presque translucide et rouge. C’est l’interaction de la lumière avec ces particules métalliques qui crée la perception du changement de couleur.

Reproductions et nouvelles expérimentations

Les tentatives de reproduction se sont multipliées. Selon l’étude de 2007 citée par Live Science, une réplique fabriquée par Corning Glassworks dans les années 1960 passait du vert à l’améthyste. En 2020, des chercheurs ont intégré des nanoparticules d’argent et d’or à une impression 3D afin de reproduire les propriétés de ce verre.

Plus récemment, des experts de l’université de Sheffield, au Royaume-Uni, ont reproduit le verre dichroïque en reconstituant la « recette » à partir de l’original. Ils ont ensuite confié à un artiste verrier la création d’un objet d’inspiration lycurguienne, montrant qu’un savoir-faire perdu peut être retrouvé par l’expérimentation.

Une question toujours ouverte

Les experts ne savent toujours pas si les artisans romains maîtrisaient consciemment cet effet. Une hypothèse veut que des traces d’or, disponibles dans un atelier antique, se soient glissées par accident dans le verre en fusion, donnant naissance à un matériau rare que les verriers eux-mêmes n’auraient pas compris.

Cette incertitude fait de la coupe de Lycurgue l’une des pièces les plus commentées de l’art verrier romain. Elle illustre aussi la sophistication technique de l’Antiquité, capable de manipuler, sans forcément le comprendre, des phénomènes optiques que la science moderne n’a décrits qu’au XXe siècle.

Questions fréquentes

Pourquoi la coupe de Lycurgue change-t-elle de couleur ?

Le verre contient des nanoparticules microscopiques d’or et d’argent, ajoutées pendant le soufflage. Selon la direction de la lumière, elles modifient la manière dont le verre diffuse et laisse passer les rayons, ce qui le fait apparaître vert ou rouge.

Où peut-on voir la coupe de Lycurgue ?

La coupe de Lycurgue est conservée au British Museum, à Londres, où elle a été acquise en 1958. Elle est présentée parmi les collections romaines du musée.

Qui était le roi Lycurgue ?

Selon le mythe, Lycurgue était le roi des Édoniens, une tribu thrace. Il s’opposa au culte de Dionysos et fut puni par une prêtresse transformée en vigne qui l’enserra.

Sources

Synthèse originale rédigée avec l’aide d’une intelligence artificielle à partir des sources citées, puis contrôlée automatiquement (longueur, reprises, sources). Les informations et citations appartiennent à leurs auteurs.

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