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Temple du roi Taharqa à Sanam, Soudan, vu du sud-est

Atelier de faïence du temple de Sanam : la Nubie antique et le pouvoir royal

Photo : Bertramz, CC BY-SA 3.0, Wikimedia Commons

MondePar la rédaction d’Archéo-Logis4 min de lecture

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Des archéologues ont mis au jour un atelier de faïence dans le grand complexe religieux de Sanam, près de Napata, capitale de la Nubie antique. Cette découverte, publiée dans la revue Antiquity, montre comment les souverains du royaume de Kouch utilisaient la fabrication d’objets de prestige pour renforcer leur autorité.

Une Nubie longtemps méconnue

Longtemps éclipsée par l’Égypte pharaonique, la Nubie, située dans l’actuel Soudan, fut pourtant une puissance majeure. Au VIIIe siècle avant notre ère, le royaume de Kouch alla jusqu’à contrôler l’Égypte. Pendant longtemps, les historiens ont considéré Kouch comme une simple copie de son puissant voisin du Nord.

Selon Rennan Lemos, de l’université de Durham, les travaux récents remettent en cause cette vision. Restent cependant des questions sur la manière dont l’État kouchite contrôlait les ressources, la main-d’œuvre et la circulation des biens de prestige.

Un atelier de faïence au cœur du temple

Les fouilles conduites à Sanam, grand temple bâti par le roi kouchite Taharqo au VIIe siècle avant notre ère, ont livré les vestiges d’un atelier de faïence. Les chercheurs y ont trouvé des centaines de perles ainsi qu’une figurine funéraire, un chaouabti, du type de ceux placés dans les tombes royales d’Égypte comme de Nubie.

La faïence est une matière vitreuse fabriquée à partir de silice mêlée à des alcalis et à de la chaux, puis cuite à basse température. Appréciée pour son éclat, elle prend le plus souvent des teintes bleues, vertes ou blanches. Sa fabrication dégageait fumées et odeurs, ce qui rend la proximité d’un temple surprenante.

Pourquoi installer l’atelier près d’un temple

En Égypte, les ateliers de faïence étaient généralement repoussés à la périphérie des agglomérations. À Sanam, en revanche, le temple occupait une place centrale dans l’économie de l’État nubien. Selon les auteurs de l’étude, l’intérêt d’associer cette production à l’autorité royale l’emportait sur les désagréments de la cuisson.

Lemos résume ainsi la portée du site : le temple de Sanam n’était pas seulement un monument religieux, mais aussi un centre de production contrôlé par l’État. Les objets produits, notamment les chaouabtis destinés à la nécropole royale de Nouri, étaient liés au pouvoir royal.

Une technique adaptée au terrain

L’inspiration venait d’Égypte, mais les méthodes diffèrent nettement. Là où les artisans égyptiens employaient du calcaire comme source de chaux, les Kouchites semblent avoir utilisé des coquillages broyés, le calcaire étant rare dans une grande partie du Soudan. Cette adaptation traduit, selon Lemos, une innovation technique plutôt qu’une simple imitation.

Selon l’étude, le contrôle de la production de ces objets s’étendait aux matières premières, à la main-d’œuvre et aux savoir-faire spécialisés. En Égypte, le pouvoir reposait surtout sur la maîtrise de la terre et de l’agriculture ; à Kouch, il semble avoir reposé sur la maîtrise des objets de prestige.

Ce que la découverte change

Ce travail, signé par Rennan Lemos et ses collègues, offre une preuve directe et rare de la manière dont Kouch exerçait son pouvoir. Il invite à considérer les sociétés nubiennes comme des acteurs créatifs, capables de sélectionner et d’adapter des technologies étrangères à leurs propres besoins et à leurs propres symboles politiques.

Pour approfondir ce sujet, les visiteurs peuvent se tourner vers les sites nubiens du Soudan, dont la ville de Napata et les nécropoles royales, ainsi que vers les collections égyptiennes et nubiennes des musées européens.

Questions fréquentes

Où se trouve le temple de Sanam ?

Le temple de Sanam se situe en Nubie, dans l’actuel Soudan, à proximité de Napata, ancienne capitale du royaume de Kouch. Il a été bâti par le roi Taharqo au VIIe siècle avant notre ère. Les fouilles récentes y ont mis au jour un atelier de faïence.

Qu’est-ce que la faïence dans l’Antiquité ?

La faïence est une matière vitreuse fabriquée à partir de silice, d’alcalis et de chaux, cuite à basse température. Elle était appréciée pour son aspect brillant, souvent bleu, vert ou blanc. Les Égyptiens la nommaient « celle qui est brillante ».

Pourquoi l’atelier de faïence était-il installé près d’un temple ?

Selon l’étude publiée dans la revue Antiquity, les temples étaient au cœur de l’économie de l’État kouchite. Associer la production de faïence au pouvoir royal semble avoir compensé les nuisances de la cuisson. Le site révèle ainsi un centre de production contrôlé par l’État.

Quelle est la différence avec la production égyptienne ?

Les Kouchites se sont inspirés des techniques égyptiennes mais ont utilisé des coquillages broyés comme source de chaux, faute de calcaire suffisant. Les chercheurs y voient une innovation technique propre à la Nubie. Le pouvoir kouchite semble aussi reposer davantage sur le contrôle des objets de prestige que sur celui des terres.

Sources

Synthèse originale rédigée avec l’aide d’une intelligence artificielle à partir des sources citées, puis contrôlée automatiquement (longueur, reprises, sources). Les informations et citations appartiennent à leurs auteurs.

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