Aregenua était la capitale d’un peuple gaulois, les Viducasses, dont le territoire couvrait environ 2 300 km². Née au Ier siècle, à l’époque d’Auguste, elle prospère aux IIe et IIIe siècles. Un monument inscrit, le marbre de Thorigny, nous apprend que la cité jouissait d’un statut privilégié, avec dispense d’impôt foncier et droit latin, des faveurs rares en Gaule. Il révèle aussi qu’on a construit ses thermes entre 220 et 238.
Ce qui rend Vieux précieux, c’est que le site n’a jamais été englouti sous une ville moderne. Les premières fouilles, lancées en 1697 sous l’impulsion de l’intendant Nicolas-Joseph Foucault, précèdent de plus de quarante ans celles de Pompéi. Reprises au XIXe siècle par les antiquaires normands, puis de façon scientifique aux XXe et XXIe siècles, elles ont fait d’Aregenua l’une des cités gallo-romaines les mieux connues, un exemple de petite capitale provinciale du nord-ouest de la Gaule.
À partir de la fin du IIIe siècle, la ville décline et perd son rang de capitale : son territoire est rattaché à celui des Bajocasses, et c’est Bayeux qui prend le dessus. Elle n’est pourtant jamais tout à fait abandonnée : on y vit au haut Moyen Âge, parmi les ruines réutilisées comme carrière. Au XIe siècle, c’est un village parmi d’autres dans la plaine, tandis que Caen s’impose comme la grande ville de la région.