À Juliobona, le monument est à la fois théâtre et amphithéâtre : une scène pour les comédies et les tragédies, une arène pour les chasses d’animaux ou les combats de gladiateurs. Cette association rare fait son caractère. Les gradins s’appuient sur une colline au sud, de sorte que le public tournait le dos au soleil et n’était pas ébloui. Le grand axe atteint 106,50 mètres, l’arène mesure 47,30 mètres sur 35,50, et plus de cinq mille personnes pouvaient s’y installer.
Les chercheurs distinguent quatre phases de construction entre le Ier et le IIIe siècle. Un premier édifice, petit et de type romain, est vite remplacé par un monument plus vaste. La cavea est ensuite reconstruite sur des murs concentriques et rayonnants, l’arène prend une forme ovale, puis une galerie périphérique supporte des rangs de gradins supplémentaires. Les maçonneries associent petit appareil de travertin et assises de briques, ce qui rythme les murs de bandes rouges.
Vers la fin du IIIe siècle, au temps des invasions germaniques, l’édifice cesse d’accueillir des spectacles et sert de retranchement : presque tous les accès sont murés, et des bains s’installent dans l’arène. Longtemps absent des descriptions du lieu, il est reconnu en 1764 par le comte de Caylus. Les fouilles débutent en 1812 et il est classé dès 1840. Seule la scène, sous une route, n’a jamais pu être étudiée.